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jeudi 15 décembre 2016

Guinée-Bissau: le gouvernement d'Umaro Sissoco Embalo face à sa première grève générale

La plus grande centrale syndicale de Guinée-Bissau a lancé mercredi une grève générale de 48 heures pour réclamer des arriérés de salaire, au lendemain de l'investiture du gouvernement d'Umaro Sissoco Embalo, mouvement suivi avec un succès mitigé, selon un journaliste de l'AFP et des témoins.
L'Union nationale des travailleurs de Guinée (UNTG), qui a lancé le mot d'ordre de grève pour mercredi et jeudi, réclame le paiement de plusieurs mois de salaire -entre neuf et onze-, non perçus depuis 2003 ainsi que l'harmonisation des grilles salariales avec les standards régionaux, selon un de ses responsables, Alberto Djata.
A Bissau, la capitale, la grève semblait peu suivie, a rapporté le journaliste de l'AFP, qui a vu notamment à leur poste de nombreux enseignants et transporteurs, généralement respectueux des mots d'ordre de leur syndicat.
Interrogés par l'AFP, certains fonctionnaires ont expliqué n'avoir pas observé l'arrêt de travail car le moment était jugé peu propice, le gouvernement n'ayant prêté serment que la veille.
Dans de grandes villes de l'intérieur du pays, la situation était contrastée, selon des témoins qui n'ont pas fait état de fortes perturbations.
Des responsables de l'UNTG - affirmant compter environ 8.000 membres, essentiellement dans la fonction publique - ont cependant assuré que le taux de grévistes était faible à Bissau mais très important à l'intérieur du pays.
De source syndicale, des négociations ont été engagées mercredi après-midi avec les syndicats à la demande d'Umaro Sissoco Embalo.
Nommé Premier ministre le 18 novembre par le président José Mario Maz, M. Sissoco Embalo a formé lundi son gouvernement, qui a prêté serment mardi.
La Guinée-Bissau a été la proie de turbulences politiques depuis la destitution en août 2015 par le président Vaz de son Premier ministre Domingos Simoes Pereira, chef du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC, au pouvoir), auquel tous deux appartiennent.
Le PAIGC a contesté la désignation de tous les Premiers ministres depuis août 2015. Ses députés ont refusé de siéger, empêchant le Parlement de fonctionner. Plusieurs médiations ont été menées pour tenter de lever le blocage.

lundi 5 décembre 2016

Cap-Vert: un concert d'hommage pour les victimes des attentats en France

Une vue de Praia, capitale du Cap Vert
De la musique pour résister, pour avancer. Mercredi soir 16 novembre à Praia, capitale du Cap-Vert, les musiciens de Cesaria Evora donneront un concert pour rendre hommage aux victimes des attentats qui ont frappé la France, de Paris à Nice. Plus de 100 000 Cap-Verdiens vivent en France, «la diva aux pieds nus» a joué à de nombreuses reprises dans la salle parisienne qui a rouvert le weekend dernier. La musique, le «pétrole de l'archipel» est donc la plus belle des réponses pour saluer la mémoire des victimes.

jeudi 1 décembre 2016

La réponse musicale des Cap-Verdiens au terrorisme

En 1995, Cesaria Evora a donné un concert mythique dans la salle du Bataclan, endeuillée par les attentats du 13 novembre 2016. © PHILIPPE LOPEZ / AFP
Un concert en hommage aux victimes des attentats en France a eu lieu mercredi soir 16 novembre au Cap-Vert. Les musiciens de Cesaria Evora, la diva disparue en décembre 2011, sont montés sur scène à la mairie de Praia. Cesaria Evora a donné un concert mythique en 1995 au Bataclan, qui a scellé un peu plus les liens entre l'archipel et l'hexagone. Cent mille Cap-Verdiens vivent en France et les attaques de Paris, mais aussi de Nice ont touché ceux qui vivent au pays.

mardi 29 novembre 2016

Visite au Cap-Vert d'une délégation d'entrepreneurs chinois pour une prospection des opportunités d'affaires

Le Premier ministre du Cap-Vert, Ulisses Correia e Silva (g) et son homologue chinois Li Keqiang (d)
PRAIA, (Xinhua) -- Une délégation d'entrepreneurs chinois du "Forum d'investissement Chine-Afrique" est au Cap-Vert pour effectuer une visite d'une semaine pour prospecter des opportunités d'affaires dans l'archipel, a appris ce mercredi Xinhua de sources officielles.
La mission qui s'effectue à l'invitation de l'Association de l'amitié Cap-Vert-Chine (AMICACHI), vise également à participer à la 20e édition de la Foire internationale du Cap-Vert qui s'est ouverte ce mercredi à Praia avec la participation de 230 exposants.
Selon le président de l'AMICACHI, José Correia, la délégation chinoise est composée de huit hommes d'affaires des secteurs de l'immobilier, du transport et de la logistique, de la brasserie et des industries de création (beaux-arts).
Au cours de son séjour, la délégation commerciale chinoise rencontrera également des responsables du ministère de l'Economie et de l'Emploi, l'ancien président Pedro Pires, les dirigeants des chambres de commerce, industrie et services, de l'agence Cap-Vert Trade & Invest et de l'Université du Cap-Vert.
Elle visitera à São Vicente un complexe frigorifique de froid et se rendra à Sal pour découvrir le développement du tourisme sur cette île.
M. Correia a rappelé que cette activité s'inscrit dans le programme de "l'Année d'amitié et d'échange Cap-Vert/Chine", qui est une initiative de l'AMICACHI, en partenariat avec le gouvernement du Cap-Vert et l'ambassade de Chine au Cap-Vert.

lundi 31 octobre 2016

A la rencontre de l’homme qui a changé structurellement le Cap-Vert

L'ancien Premier ministre du Cap Vert (2001 à 2016), José Maria Neves
Premier ministre du Cap Vert de 2001 à 2016, José Maria Neves a changé structurellement le pays. Né en 1960, celui qui a décidé de ne plus se recandidater malgré une popularité incontestable pour «faire place aux nouvelles générations», est un «cabraliste» membre du parti du PAICV dont il a présidé les destinées ces 15 dernières années. Sous ses trois mandats, l’archipel, situé à 650 km au large de Dakar, a accédé au rang de pays à revenu intermédiaire. Comment cet ensemble de 10 îles, sans ressources naturelles, a réussi ce dont aucun pays d’Afrique de l’Ouest ne peut se prévaloir ? Financial Afrik l’a rencontré.
-Monsieur le premier ministre, vous avez décidé de ne pas vous porter candidat au début de l’année 2016 pour favoriser l’alternance. Les élections présidentielles qui viennent de s’achever consacrent la défaite de votre parti. Sur le plan de la politique nationale du Cap Vert, cette décision avait-elle été mûrement réfléchie ?
Oui, il s’est agi d’une décision mûrement réfléchie. Déjà en 2011 j’avais exprimé mon désir de ne pas prétendre à un troisième mandat, mais les camarades du Parti m’avaient convaincu que je devrais rester à la tête du Gouvernement pour continuer les réformes structurelles qui étaient en cours. Cette fois ci je suis resté inébranlable car je considère qu’un leader doit savoir partir pour laisser la place à de nouvelles élites. La rénovation des élites politiques est une nécessité pour la consolidation de la démocratie et pour donner une nouvelle vigueur au processus de développement. D’ailleurs, l’une des explications de ce que d’aucuns ont appelé le miracle capverdien a été la capacité du système politique de renouveler son élite politique. Moi-même, je représente la troisième génération d l’élite politique qui a accédé au pouvoir il y a 40 ans. Ma substitution comme Président du PAICV s’est fait dans le cadre d’un processus démocratique avec plusieurs candidats et c’est une jeune femme, Janira Almada, de la quatrième génération, qui est sortie vainqueur face à d’autres candidats de ma génération dans un processus où je me suis fait un point d’honneur de ne pas intervenir. La défaite du PAICV dans les élections législatives qui s’en est suivie n’est pas un drame puisque en démocratie on peut gagner comme on peut perdre. Une chose est sûre, pour une jeune génération : on apprend plus rapidement quand on est dans l’opposition que quand on est au pouvoir.
Votre pays est cité régulièrement pour l’exemplarité de l’alternance à la tête des institutions politiques. Est-ce à dire que le régime semi-parlementaire est la panacée ?
Je ne pense pas que ce régime soit la panacée. De mon expérience, un système politique dépend des Institutions mais aussi des hommes. La culture politique et démocratique des Hommes d’État est très importante pour la stabilité des Institutions. Le Président doit savoir qu’il n’a pas de pouvoir exécutif qui est assuré par le Premier Ministre et son Gouvernement. Dans notre système, le Président est le garant de la stabilité du système en plus d’être l’arbitre en cas de conflit entre les différents pouvoirs. Il faut que chaque élément du système agisse dans le cadre des pouvoirs qui lui sont conférés par la Constitution.
Votre bilan économique à la tête du Cap-Vert est éloquent. Qu’est-ce qui a été déterminant dans votre réussite ? La vision, le choix des hommes, une conjoncture internationale favorable ?
Quand nous avons assumé le Pouvoir en 2001, notre première préoccupation a été de mettre en place un processus participatif qui nous a permis de formuler une vision partagée par tous les capverdiens et une stratégie que nous avons appelé l’Agenda de Transformation du Cap Vert. L’inclusion de tous dans le processus de définition des priorités nationales a été notre priorité. On ne peut prétendre diriger un pays si on est pas à l’écoute des populations et si on est pas convaincu que nous avons été élu pour résoudre leurs problèmes. Il faut aussi de bonnes politiques et donc un bon processus de formulation des politiques. Dans ce processus, nous avons identifié les principaux facteurs de succès pour transformer notre économie à savoir : les ressources humaines, la bonne gouvernance, la construction des infrastructures, le renforcement du secteur privé national et la consolidation de ce que nous avons appelé la Nation Globale. Toute notre action durant ces 15 ans a été de renforcer ces facteurs de succès et de mettre en oeuvre une stratégie de transformation qui utilise les avantages comparatifs du Cap Vert, à savoir sa localisation géostratégique, l’Océan et son Climat pour produire des avantages compétitives et construire les moteurs de croissance de l’économie.
Avant votre arrivée au pouvoir, le Cap Vert vivait de l’aide et des transferts de sa diaspora. Peut-on dire qu’il y a eu transformation structurelle après vos quinze ans de primature ? Etes-vous parvenu à réduire la pauvreté et le chômage et à créer des richesses ?
Dès le début, nous savions que l’aide publique au développement et les transferts de notre diaspora n’étaient pas soutenables sur le long terme comme d’ailleurs cela a fini par se produire. La croissance basée sur ces deux facteurs qui ont été importants dans notre première phase de développement allait continuer notre dépendance externe et précipiter notre déclin socio-économique. En réponse à cela, nous avons préféré parler de transformation structurelle de notre économie et de notre société. Aujourd’hui, notre économie qui était basée sur le recyclage de l’aide internationale et de l’envoi des émigrés dépend d’activités de prestations de services comme le tourisme, les technologies de l’information, de l’agriculture, de l’économie maritime et des économies créatives.
En conséquence de cette transformation structurelle, en quinze ans, le PIB nominal a été multiplié par deux, le PIB per capita est un des plus élevé de la sous-région, les actifs liquides sur l’extérieur ont été multiplié par 3, la population vivant sous le seuil de la pauvreté a baissé de moitié pour se situer sous la barre des 25%, le nombre de personnes en chômage est passé de 12.000 à 34.000 alors que la population active a augmenté de 67.000 personnes. En outre, 40% de la population bénéficie d’une protection sociale, l’indice du développement humain est l’un des plus élevés de la sous-région, le taux de couverture d´électricité est de 95% etc.. Comme vous le voyez, la transformation n’est pas seulement économique mais elle est aussi humaine. Nous avons changé les conditions de vie de nos concitoyens et c’est ce qui importe le plus.
Votre stratégie comprenait aussi l’augmentation des énergies renouvelables dans le mix énergétique du Cap-Vert. Quel bilan peut-on en faire ?
Nous sommes passés de 3% à 30% d’énergies renouvelables. Notre objectif était de passer à 100% d’énergies renouvelables à l’horizon 2030. Je pense que c’est l’un des secteurs où la volonté politique est essentielle et où le Cap Vert peut servir d’exemple. Notre objectif n’était pas seulement d’augmenter l’utilisation des énergies renouvelables mais de faire du Cap Vert un Centre de prestations de services pour le Continent. Dans ce cadre, nous abritons le Centre Régional de la CEDEAO pour les énergies renouvelables et nous avons créé un Centre de formation très moderne.
Vos adversaires rappellent que sous votre gouvernance, l’endettement du Cap Vert a dépassé 100%. C’est là le point faible de votre bilan ?
L’endettement du Cap Vert est une politique consciente de mon Gouvernement et malgré les critiques, je pense que nous avons eu raison de le faire . En effet après sa graduation au statut de pays à revenu intermédiaire, le Cap Vert a vu l’aide en dons se réduire sensiblement mais en même temps a bénéficié l’accès aux prêts en conditions concessionnelles avec des montants beaucoup plus élevés que l’aide en dons. Nous avons vu là une opportunité pour construire des infrastructures dont nous avions besoin pour augmenter la compétitivité de notre économie et préparer le pays à recevoir les investissements directs étrangers.
Malgré le fait que le taux d’endettement par rapport au PIB paraisse très élevé, toutes les projections montrent la soutenabilité de notre service de la dette et notre capacité de payer cette dette qui, rappelons-le, est une dette concessionnelle contractée auprès de nos partenaires bilatéraux et multilatéraux et non pas auprès du marché financier avec un taux d’intérêt moyen de 1,5% et une maturité de 30 ans . Donc, une structure de la dette qui n’a rien à voir avec celle des pays comme la Grèce et le Portugal. D’ailleurs le Cap Vert n’a jamais bénéficié d’un programme de restructuration de la dette et a toujours honoré ses obligations. Aujourd’hui, le pays a de meilleures conditions pour soutenir la croissance du PIB et réduire le poids de la dette et notre économie doit passer à une nouvelle phase où la croissance est plus portée par l’investissement privé que par l’investissement public comme cela a été le cas sous ma direction.
Quel rôle est appelé à jouer le Cap-Vert dans la future CEDEAO unie et appelée à devenir une union monétaire ?
Pour que l’Union Monétaire ait des résultats, il faudrait une grande convergence de politiques et des normes de la Communauté. C’est une oeuvre de grande haleine où l’effort doit se faire dans tous les Pays membres. Le Cap Vert qui pratique des politiques en accord avec les standards internationaux, particulièrement dans des politiques de bonne gouvernance, n’aura pas de problèmes pour répondre aux bonnes pratiques qui doivent être la norme dans tous les Pays. Pour être un petit marché, le Cap Vert a tout intérêt à s’intégrer dans sa sous-région pour renforcer sa base économique. Dans beaucoup de secteurs comme la régulation économique, la mise en oeuvre de réformes structurelles, la gouvernance électronique, l’organisation des élections transparentes, nous pouvons être utiles à notre sous- région. Pour cela il faut aussi que la sous-région nous connaisse mieux. De notre côté, il y’a aussi un déficit de connaissances de notre Continent. Il y’a donc des deux cõtés un travail à faire pour mieux se connaitre et renforcer notre intégration.

mardi 25 octobre 2016

A la rencontre de l’homme qui a changé structurellement le Cap-Vert

L'ancien Premier ministre du Cap Vert (2001 à 2016), José Maria Neves
Premier ministre du Cap Vert de 2001 à 2016, José Maria Neves a changé structurellement le pays. Né en 1960, celui qui a décidé de ne plus se recandidater malgré une popularité incontestable pour «faire place aux nouvelles générations», est un «cabraliste» membre du parti du PAICV dont il a présidé les destinées ces 15 dernières années. Sous ses trois mandats, l’archipel, situé à 650 km au large de Dakar, a accédé au rang de pays à revenu intermédiaire. Comment cet ensemble de 10 îles, sans ressources naturelles, a réussi ce dont aucun pays d’Afrique de l’Ouest ne peut se prévaloir ? Financial Afrik l’a rencontré.
-Monsieur le premier ministre, vous avez décidé de ne pas vous porter candidat au début de l’année 2016 pour favoriser l’alternance. Les élections présidentielles qui viennent de s’achever consacrent la défaite de votre parti. Sur le plan de la politique nationale du Cap Vert, cette décision avait-elle été mûrement réfléchie ?
Oui, il s’est agi d’une décision mûrement réfléchie. Déjà en 2011 j’avais exprimé mon désir de ne pas prétendre à un troisième mandat, mais les camarades du Parti m’avaient convaincu que je devrais rester à la tête du Gouvernement pour continuer les réformes structurelles qui étaient en cours. Cette fois ci je suis resté inébranlable car je considère qu’un leader doit savoir partir pour laisser la place à de nouvelles élites. La rénovation des élites politiques est une nécessité pour la consolidation de la démocratie et pour donner une nouvelle vigueur au processus de développement. D’ailleurs, l’une des explications de ce que d’aucuns ont appelé le miracle capverdien a été la capacité du système politique de renouveler son élite politique. Moi-même, je représente la troisième génération d l’élite politique qui a accédé au pouvoir il y a 40 ans. Ma substitution comme Président du PAICV s’est fait dans le cadre d’un processus démocratique avec plusieurs candidats et c’est une jeune femme, Janira Almada, de la quatrième génération, qui est sortie vainqueur face à d’autres candidats de ma génération dans un processus où je me suis fait un point d’honneur de ne pas intervenir. La défaite du PAICV dans les élections législatives qui s’en est suivie n’est pas un drame puisque en démocratie on peut gagner comme on peut perdre. Une chose est sûre, pour une jeune génération : on apprend plus rapidement quand on est dans l’opposition que quand on est au pouvoir.
Votre pays est cité régulièrement pour l’exemplarité de l’alternance à la tête des institutions politiques. Est-ce à dire que le régime semi-parlementaire est la panacée ?
Je ne pense pas que ce régime soit la panacée. De mon expérience, un système politique dépend des Institutions mais aussi des hommes. La culture politique et démocratique des Hommes d’État est très importante pour la stabilité des Institutions. Le Président doit savoir qu’il n’a pas de pouvoir exécutif qui est assuré par le Premier Ministre et son Gouvernement. Dans notre système, le Président est le garant de la stabilité du système en plus d’être l’arbitre en cas de conflit entre les différents pouvoirs. Il faut que chaque élément du système agisse dans le cadre des pouvoirs qui lui sont conférés par la Constitution.
Votre bilan économique à la tête du Cap-Vert est éloquent. Qu’est-ce qui a été déterminant dans votre réussite ? La vision, le choix des hommes, une conjoncture internationale favorable ?
Quand nous avons assumé le Pouvoir en 2001, notre première préoccupation a été de mettre en place un processus participatif qui nous a permis de formuler une vision partagée par tous les capverdiens et une stratégie que nous avons appelé l’Agenda de Transformation du Cap Vert. L’inclusion de tous dans le processus de définition des priorités nationales a été notre priorité. On ne peut prétendre diriger un pays si on est pas à l’écoute des populations et si on est pas convaincu que nous avons été élu pour résoudre leurs problèmes. Il faut aussi de bonnes politiques et donc un bon processus de formulation des politiques. Dans ce processus, nous avons identifié les principaux facteurs de succès pour transformer notre économie à savoir : les ressources humaines, la bonne gouvernance, la construction des infrastructures, le renforcement du secteur privé national et la consolidation de ce que nous avons appelé la Nation Globale. Toute notre action durant ces 15 ans a été de renforcer ces facteurs de succès et de mettre en oeuvre une stratégie de transformation qui utilise les avantages comparatifs du Cap Vert, à savoir sa localisation géostratégique, l’Océan et son Climat pour produire des avantages compétitives et construire les moteurs de croissance de l’économie.
Avant votre arrivée au pouvoir, le Cap Vert vivait de l’aide et des transferts de sa diaspora. Peut-on dire qu’il y a eu transformation structurelle après vos quinze ans de primature ? Etes-vous parvenu à réduire la pauvreté et le chômage et à créer des richesses ?
Dès le début, nous savions que l’aide publique au développement et les transferts de notre diaspora n’étaient pas soutenables sur le long terme comme d’ailleurs cela a fini par se produire. La croissance basée sur ces deux facteurs qui ont été importants dans notre première phase de développement allait continuer notre dépendance externe et précipiter notre déclin socio-économique. En réponse à cela, nous avons préféré parler de transformation structurelle de notre économie et de notre société. Aujourd’hui, notre économie qui était basée sur le recyclage de l’aide internationale et de l’envoi des émigrés dépend d’activités de prestations de services comme le tourisme, les technologies de l’information, de l’agriculture, de l’économie maritime et des économies créatives.
En conséquence de cette transformation structurelle, en quinze ans, le PIB nominal a été multiplié par deux, le PIB per capita est un des plus élevé de la sous-région, les actifs liquides sur l’extérieur ont été multiplié par 3, la population vivant sous le seuil de la pauvreté a baissé de moitié pour se situer sous la barre des 25%, le nombre de personnes en chômage est passé de 12.000 à 34.000 alors que la population active a augmenté de 67.000 personnes. En outre, 40% de la population bénéficie d’une protection sociale, l’indice du développement humain est l’un des plus élevés de la sous-région, le taux de couverture d´électricité est de 95% etc.. Comme vous le voyez, la transformation n’est pas seulement économique mais elle est aussi humaine. Nous avons changé les conditions de vie de nos concitoyens et c’est ce qui importe le plus.
Votre stratégie comprenait aussi l’augmentation des énergies renouvelables dans le mix énergétique du Cap-Vert. Quel bilan peut-on en faire ?
Nous sommes passés de 3% à 30% d’énergies renouvelables. Notre objectif était de passer à 100% d’énergies renouvelables à l’horizon 2030. Je pense que c’est l’un des secteurs où la volonté politique est essentielle et où le Cap Vert peut servir d’exemple. Notre objectif n’était pas seulement d’augmenter l’utilisation des énergies renouvelables mais de faire du Cap Vert un Centre de prestations de services pour le Continent. Dans ce cadre, nous abritons le Centre Régional de la CEDEAO pour les énergies renouvelables et nous avons créé un Centre de formation très moderne.
Vos adversaires rappellent que sous votre gouvernance, l’endettement du Cap Vert a dépassé 100%. C’est là le point faible de votre bilan ?
L’endettement du Cap Vert est une politique consciente de mon Gouvernement et malgré les critiques, je pense que nous avons eu raison de le faire . En effet après sa graduation au statut de pays à revenu intermédiaire, le Cap Vert a vu l’aide en dons se réduire sensiblement mais en même temps a bénéficié l’accès aux prêts en conditions concessionnelles avec des montants beaucoup plus élevés que l’aide en dons. Nous avons vu là une opportunité pour construire des infrastructures dont nous avions besoin pour augmenter la compétitivité de notre économie et préparer le pays à recevoir les investissements directs étrangers.
Malgré le fait que le taux d’endettement par rapport au PIB paraisse très élevé, toutes les projections montrent la soutenabilité de notre service de la dette et notre capacité de payer cette dette qui, rappelons-le, est une dette concessionnelle contractée auprès de nos partenaires bilatéraux et multilatéraux et non pas auprès du marché financier avec un taux d’intérêt moyen de 1,5% et une maturité de 30 ans . Donc, une structure de la dette qui n’a rien à voir avec celle des pays comme la Grèce et le Portugal. D’ailleurs le Cap Vert n’a jamais bénéficié d’un programme de restructuration de la dette et a toujours honoré ses obligations. Aujourd’hui, le pays a de meilleures conditions pour soutenir la croissance du PIB et réduire le poids de la dette et notre économie doit passer à une nouvelle phase où la croissance est plus portée par l’investissement privé que par l’investissement public comme cela a été le cas sous ma direction.
Quel rôle est appelé à jouer le Cap-Vert dans la future CEDEAO unie et appelée à devenir une union monétaire ?
Pour que l’Union Monétaire ait des résultats, il faudrait une grande convergence de politiques et des normes de la Communauté. C’est une oeuvre de grande haleine où l’effort doit se faire dans tous les Pays membres. Le Cap Vert qui pratique des politiques en accord avec les standards internationaux, particulièrement dans des politiques de bonne gouvernance, n’aura pas de problèmes pour répondre aux bonnes pratiques qui doivent être la norme dans tous les Pays. Pour être un petit marché, le Cap Vert a tout intérêt à s’intégrer dans sa sous-région pour renforcer sa base économique. Dans beaucoup de secteurs comme la régulation économique, la mise en oeuvre de réformes structurelles, la gouvernance électronique, l’organisation des élections transparentes, nous pouvons être utiles à notre sous- région. Pour cela il faut aussi que la sous-région nous connaisse mieux. De notre côté, il y’a aussi un déficit de connaissances de notre Continent. Il y’a donc des deux cõtés un travail à faire pour mieux se connaitre et renforcer notre intégration.

lundi 24 octobre 2016

Cap-Vert : investiture du président Jorge Carlos Fonseca pour un second mandat

Jorge Carlos Fonseca, réélu président de République du Cap Vert
PRAIA, (Xinhua) -- Jorge Carlos Fonseca, réélu président de République du Cap Vert, a prêté serment jeudi pour un second mandat de cinq ans.
Devant 1.500 invités nationaux et internationaux, Jorge Carlos Fonseca a défendu la nécessité d'investir sérieusement dans la sécurité interne. Il a fait valoir que la lutte contre la criminalité "exige beaucoup plus" d'efforts de l'ensemble du pays.
"Le problème de la sécurité est au cœur de nos priorités, car si son contrôle n'est pas efficace, tous les autres objectifs seront compromis", a déclaré Jorge Carlos Fonseca.
Il a plaidé pour "une réévaluation" de la stratégie, des tactiques et des méthodes d'action, l'introduction de technologies adaptées pour le contrôle de la délinquance, la formation de cadres de haut niveau et le renforcement des moyens de police scientifique, en équipement et en présence dans la rue.
De l'avis de Jorge Carlos Fonseca, l'investissement dans la sécurité interne devrait être considéré comme s'il s'agissait d'un "investissement aussi économique".
Cap-Vert a registré la hausse généralisée de la criminalité ces derniers temps, avec le nombre de plaintes pour homicide involontaire coupable qui a atteint 120 en 12 mois.
Parmi les invités de la cérémonie figuraient les présidents de Guinée-Bissau, José Mario Vaz, du Sénégal, Macky Sall et du Mali, Ibrahim Boubacar Keita.
Jorge Carlos Fonseca, 66 ans, a remporté les élections du 2 octobre avec 74 % des suffrages pour un second mandat de cinq ans.
 
 

mercredi 19 octobre 2016

CAP VERT : THOMAS BONY YAYI REFAIT SURFACE

Le président du parti d'opposition APP, Messaoud Ould Boulkheir
En Mauritanie, le président du parti d'opposition APP, Messaoud Ould Boulkheir, a rencontré ce lundi le chef de l'Etat pour lui annoncer que son parti suspendait sa participation au dialogue national. Un dialogue entamé fin septembre et qui doit aboutir à une réforme constitutionnelle, concernant notamment la suppression du Sénat et la création d'un poste de vice-président. Cette suspension réduit quasiment à néant la participation des partis d'opposition, puisque la principale coalition de l'opposition avait déjà décidé de boycotter les discussions, accusant le pouvoir de chercher à faire sauter la limite du nombre de mandats pour permettre au président Ould Abdel Aziz d'en briguer un troisième.

mardi 18 octobre 2016

Cap-Vert: après ses défaites aux législatives et locales, le PAICV (ancien parti au pouvoir) anticipe son congrès

Filomena Martins, porte-parole du Parti africain de l'indépendance du Cap-Vert (PAICV, ancien parti au pouvoir)
PRAIA, (Xinhua) -- Le Parti africain de l'indépendance du Cap-Vert (PAICV, ancien parti au pouvoir) tiendra des élections directes anticipées le 29 janvier et un congrès extraordinaire en février, a annoncé lundi son porte-parole lors d'une conférence de presse.
Cette décision a été prise par le Conseil National (CN) à l'issue d'une réunion cette fin de semaine pour discuter de l'avenir du parti après ses défaites aux élections législatives et locales de mars et septembre derniers.
Selon la porte-parole, Filomena Martins, le CN du PAICV a adopté à l'unanimité une résolution soutenant la présidente Janira Hopffer Almada et lui accordant tous les pouvoirs pour diriger le parti jusqu'aux élections anticipées.
Janira Hopffer Almada avait mis son poste vacant suite à la défaite du PAIGC aux élections municipales de septembre, mais semble vouloir présenter sa candidature et rechercher une légitimation auprès de la base du parti.
Selon la porte-parole, un membre du CN, Julio Correia, a exprimé son intention de se porter candidat pour la direction du parti, lors de la réunion.
Le Conseil national a également examiné le résultat obtenu par le parti lors des élections municipales, à l'issue desquelles le PAIGC n'a remporté que deux des 22 mairies du Cap-Vert.
Les conseillers ont conclu que la cause principale de la défaite est liée au délai très court entre les locales et les législatives de mars, remportées avec une majorité absolue par le Mouvement pour la Démocratie, qui a également remporté 18 municipalités lors des élections locales en septembre.
"Il y a eu un effet de contagion des législatives", a estimé Filomena Martins, ajoutant que la responsabilité de la défaite doit être partagée entre la présidente, tous les dirigeants et les candidats.
Le PAICV est devenu parti d'opposition depuis mars, après 15 ans au pouvoir avec une majorité absolue.

lundi 17 octobre 2016

La Chine et le Cap-Vert mèneront une coopération tripartite dans l'économie maritime

Le Premier ministre chinois Li Keqiang (à droite) rencontre son homologue capverdien Ulisses Correia e Silva (à gauche)
MACAO, (Xinhua) -- Le Premier ministre chinois Li Keqiang et son homologue du Cap-Vert, Ulisses Correia e Silva, sont parvenus, lundi, à un accord pour faire avancer la coopération tripartite dans des domaines variés, en particulier dans l'économie maritime.
La Chine est prête à faire avancer la coopération avec le Cap-Vert dans les domaines tels que l'économie maritime, la communication d'informations, le tourisme, l'éducation et la sécurité en ville, tout en travaillant ensemble pour coopérer avec des tiers, a indiqué M. Li lors d'une rencontre avec M. Correia e Silva.
Les deux dirigeants sont à Macao pour participer à la cérémonie d'ouverture de la 5e Conférence ministérielle du Forum pour la coopération économique et commerciale entre la Chine et les pays lusophones qui aura lieu mardi.
M. Li a demandé aux deux pays de renforcer leur confiance politique mutuelle, d'élever le niveau de coopération bilatérale et de promouvoir leur coopération mutuelle afin de réaliser de nouveaux progrès, notant que les relations entre la Chine et le Cap-Vert avaient connu un développement remarquable depuis l'établissement des relations diplomatiques il y a 40 ans.
La Chine est prête à partager ses expériences dans la réduction de la pauvreté avec le Cap-Vert et à encourager les entreprises chinoises à investir dans ce pays africain en vue de résultats gagnant-gagnant.
Pour sa part, M. Correia e Silva a déclaré que son pays espérait apprendre des expériences de développement de la Chine, promouvoir la coopération entre les deux pays et mener la coopération tripartite avec la Chine dans les domaines tels que l'économie maritime.

vendredi 14 octobre 2016

Cap-Vert: les opérateurs économiques accueillent avec satisfaction le projet de création par la Chine d'une zone économique spéciale

Le Premier ministre capverdien, Ulisses Correia e Silva
PRAIA, (Xinhua) -- L'engagement de la Chine de réaliser une zone économique spéciale dans l'île de Sao Vicente, a été bien accueilli par les opérateurs dans l'île.
L'annonce de ce projet a été faite par le Premier ministre capverdien, Ulisses Correia e Silva, lundi à Macao où il participe à un forum sur la coopération entre la Chine et les pays lusophones.
Lors d'une conférence de presse à Mindelo (Sao Vicente), le président de la chambre de commerce, Belarmino Lucas, a considéré qu'il s'agit d'une initiative qui apportera de grands avantages à l'île et au pays.
"C'est un projet qui sera sûrement bénéfique pour la dynamisation de l'économie de l'île", a-t-il souligné, compte tenu du nombre de bateaux de pêche chinois qui opèrent dans cette région du monde et qui pourrait faire de Sao Vicente leur base logistique pour la réparation des navires et le changement d'équipage.
Selon le site internet du gouvernement, le projet lié à l'économie de la mer et à la mise en place d'une base logistique pour soutenir l'activité de pêche, a été présenté au Premier ministre chinois par son homologue capverdien, lors d'une réunion bilatérale en marge du forum de Macao, dans le sud de la Chine.

jeudi 13 octobre 2016

Cap-Vert: les opérateurs économiques accueillent avec satisfaction le projet de création par la Chine d'une zone économique spéciale

Le Premier ministre capverdien, Ulisses Correia e Silva
PRAIA, (Xinhua) -- L'engagement de la Chine de réaliser une zone économique spéciale dans l'île de Sao Vicente, a été bien accueilli par les opérateurs dans l'île.
L'annonce de ce projet a été faite par le Premier ministre capverdien, Ulisses Correia e Silva, lundi à Macao où il participe à un forum sur la coopération entre la Chine et les pays lusophones.
Lors d'une conférence de presse à Mindelo (Sao Vicente), le président de la chambre de commerce, Belarmino Lucas, a considéré qu'il s'agit d'une initiative qui apportera de grands avantages à l'île et au pays.
"C'est un projet qui sera sûrement bénéfique pour la dynamisation de l'économie de l'île", a-t-il souligné, compte tenu du nombre de bateaux de pêche chinois qui opèrent dans cette région du monde et qui pourrait faire de Sao Vicente leur base logistique pour la réparation des navires et le changement d'équipage.
Selon le site internet du gouvernement, le projet lié à l'économie de la mer et à la mise en place d'une base logistique pour soutenir l'activité de pêche, a été présenté au Premier ministre chinois par son homologue capverdien, lors d'une réunion bilatérale en marge du forum de Macao, dans le sud de la Chine.

lundi 10 octobre 2016

La réélection de Jorge Carlos Fonseca conforte l’image de la démocratie du Cap-Vert

Praia (Afriquinfos) – De l’élection présidentielle cap-verdienne du dimanche 2 octobre 2016, Jorge Carlos Fonseca, est sorti vainqueur. En effet, il a été réélu dès le premier tour avec près de 73% des voix.
Président sortant, Jorge Carlos Fonseca s’est présenté à cette élection sous la bannière du Mouvement pour la démocratie (MPD, libéral). A 66 ans, il vient d’être ainsi plébiscité par l’électorat cap-verdien.
Ses challengers Albertino Graça et Joaquim Monteiro ont respectivement obtenu 23% et un peu plus de 3%. C’est du moins, ce qui ressort des résultats provisoires partiels publiés le lundi 3 octobre sur un site du gouvernement. Des résultats obtenus à l’issue du dépouillement des urnes dans plus de 1000 bureaux de vote sur un total de 1265, soit plus de 80%.
Ce sont 314.000 résidents de l’archipel et 47.000 Cap-verdiens vivant à l’étranger qui étaient appelés à voter lors de ce scrutin qui a été supervisé par 29 observateurs de l’Union africaine (UA) et par une vingtaine d’autres observateurs mandatés par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
La campagne qui l’a précédé, a pris fin le vendredi 30 septembre sans incidents ni grande effervescence. Mais à l’arrivée, c’est un scrutin qui a enregistré un taux d’abstention de l’ordre de 60%. Un scrutin qui fait suite aux élections législatives en mars et aux municipales en septembre.
Ancienne colonie portugaise, le Cap-Vert est un archipel niché en Afrique de l’Ouest. Il est considéré comme un «modèle de démocratie» sur le continent africain, car réputé pour sa stabilité politique et sa bonne gouvernance. L’Exécutif cap-verdien est piloté par le Premier ministre, dans le cadre d’un régime semi-parlementaire.

vendredi 7 octobre 2016

Cap-Vert: l'élection présidentielle a été libre mais le taux d'abstention élevé, selon des observateurs

Le chef de la mission de la CEDEAO, l'ancien Président du Bénin Thomas Boni Yayi
PRAIA, (Xinhua) -- Les observateurs internationaux ont considéré que l'élection présidentielle dimanche au Cap-Vert, a été "libre et transparente", mais conseillent l'adoption de réformes visant à encourager une plus grande participation des citoyens.
A l'issue de cette élection, qui s'est déroulée sans incident, le président sortant Jorge Carlos Fonseca, a été réélu au premier tour avec 92.055 voix (74%) avec un taux de participation de seulement 35,7% des 361.206 électeurs, selon les données provisoires.
Le suffrage a été supervisé par des missions d'observation de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et de l'Union africaine.
Lors d'une conférence de presse lundi, à Praia, le chef de la mission de la CEDEAO, l'ancien Président du Bénin Thomas Boni Yayi, a souligné que "les conditions pour la liberté et la transparence" ont été réunie pour un scrutin "pacifique" et "sans incident".
"Ce sixième processus d'élection présidentielle représente une étape importante dans la consolidation de l'acquis démocratique du peuple capverdien, démontre la maturité de toutes les parties prenantes et le fonctionnement des institutions", a déclaré Thomas Boni Yayi.
La mission de la CEDEAO, composée de 50 membres, a supervisé 480 bureaux de vote dans neuf des 10 îles du Cap-Vert.
Le chef de la mission a toutefois souligné "la faible mobilisation de participation" et recommandé que des mesures soient prises afin d'encourager une plus grande participation des citoyens.
La CEDEAO a suggéré notamment la participation de la société civile aux campagnes de sensibilisation et l'organisation simultanée des élections (municipales, législatives et présidentielle) pour réduire les coûts et "susciter plus d'intérêt pour les élections".
La mission a également proposé aux autorités capverdiennes d'envisager la possibilité de l'introduction du vote électronique.
Thomas Boni Yayi a fait l'éloge du professionnalisme dans l'organisation du scrutin et a souhaité que l'expérience puisse être partagée avec les autres quatorze pays de la CEDEAO.
Le chef de la Mission d'observation de l'Union africaine (UA), l'ancien président de la République de Guinée-Bissau, Serifo Namadjo, a également considéré que les élections ont été "libres et équitables".
"Le processus s'est déroulé dans la normalité. Nous constatons que les élections ont été bien préparées", a-t-il affirmé.
Serifo Namadjo a aussi cité l'abstention comme le point le plus négatif du scrutin et a recommandé des mesures qui conduisent à une "plus grande" implication des cap-verdiens lors des prochaines élections.

mardi 23 août 2016

Le Cap Vert qualifie d'excellente sa coopération avec l'Angola

Luanda - Les relations de coopération dans le domaine de la Défense entre Praia et Luanda sont excellentes et cela permet aux Forces Armées Caboverdiennes d'enrichir leurs connaissances militaires, a déclaré mardi à Luanda, l'ambassadeur sortant du Cabo Verde en Angola, Francisco Pereira da veiga.
Sortant d'une audience chez le ministre de la Défense angolais, João Lourenço, le diplomate a précisé que les relations dans le domaine de la Défense se limitaient dans la formation de cadre.
Il a fait savoir que sa rencontre avec le ministre de la Défense visait également à lui faire ses adieux, car il était déjà au bout de sa mission à Luanda.
Etat d'Afrique, la République des îles de Cabo Verde est un archipel de l'Atlantique, qui partage une frontière avec le Sénégal à l'ouest.
Ancienne colonie portugaise, le pays a une superficie de 4033 Kms carrés. Le Cavo Verde, dont la majorité de la population est catholique, est parmi les pays les moins avancés.
Son économie repose sur l'Agriculture (Mais, Manioc, Banane et Canne à sucre), la Pêche, l'Exploitation des Salines, mais surtout des Transferts des Fonds des 600 mille immigrés et de l'aide internationale.
Membre des Pays Africains de Langue Portugaise (PALOP) et de la Communauté des Pays d'Expression Portugaise (CPLP), le Caboverde, indépendant depuis 1975, est aussi un pays du tourisme et de musique.

lundi 22 août 2016

Deux institutions capverdiennes veulent promouvoir la coopération entre la Chine et le Cap-Vert

PRAIA, (Xinhua) -- L'Institut Pedro Pires pour le leadership (IPP) et l'Association d'amitié Chine-Cap-Vert (AMICACHI), ont signé vendredi un protocole prévoyant des activités promotionnelles au Cap-Vert et en Chine et des réflexions sur les relations entre le Cap-Vert et la Chine.
Selon un communiqué de presse publié par l'IPP, ces deux institutions envisagent d'organiser des réunions pour une meilleure connaissance de la réalité des deux pays, de promouvoir une relation plus étroite et de "rechercher des partenariats et ressources pour le développement du Cap-Vert".
Pedro Pires, ancien chef de l'Etat capverdien et le président de l'institut, s'est rendu en visite en Chine du 1er au 10 juillet, avec l'objectif d'approfondir les relations bilatérales et de chercher de nouvelles possibilités de partenariats.
L'AMICACHI, créée en octobre 2011, est composée des amis et anciens étudiants du Cap-Vert en Chine et vise à promouvoir et à approfondir les bonnes relations de coopération entre les deux pays. L'association a également pour but de contribuer à une meilleure promotion et connaissance de la culture du peuple chinois au Cap-Vert et de la culture capverdienne en Chine.

jeudi 11 août 2016

Baisse d'intensité des secousses sismiques dans le sud du Cap-Vert

Une vue de Praia, capitale du Cap Vert
Les secousses sismiques enregistrées dans le sud de l'archipel du Cap-Vert ont baissé d'intensité, a annoncé mercredi le gouvernement, précisant cependant maintenir le dispositif déployé par crainte d'une éruption volcanique dans la zone.
Ces secousses, qui se produisent depuis mardi, ont pour épicentre Brava (sud-ouest). Cette île est voisine de celle de Fogo dont le volcan, Pico do Fogo, était entré en éruption en novembre 2014 après 19 ans de sommeil. Ses coulées de laves, pendant près de trois semaines, avaient détruit des villages et causé d'importants dégâts, sans faire de mort.
Craignant une possible éruption, les autorités ont fait évacuer dès mardi environ 300 personnes de la localité de Cova de Joana, sur Brava.
Mercredi, il a été constaté que "les activités sismiques ont diminué significativement", mais les populations évacuées ne sont pas encore autorisées à regagner leurs maisons, a déclaré à la presse le ministre de l'Intérieur, Paulo Rocha.
"Dans la nuit de mardi à mercredi, les techniciens ont enregistré seulement 22 évènements sismiques, contrairement aux mille de la nuit précédente", a précisé M. Rocha.
Quatre volcanologues ont été dépêchés sur le terrain "pour étudier la situation" et des navires de la Garde côtière ont été mis en alerte et sont prêts à intervenir "dans le cas où la situation s'aggraverait", a-t-il affirmé.
Avec environ 7.000 âmes selon les chiffres officiels, Brava est la moins peuplée des neuf îles habitées du Cap-Vert, qui en compte une dixième, non habitée.

lundi 8 août 2016

Cap-Vert: trois candidatures déposées pour la présidentielle d'octobre (Cour constitutionnelle)

João Pinto Semedo, président de la cour constitutionnelle au Cap Vert
Trois prétendants, dont le président sortant Jorge Carlos Fonseca, ont déposé leur candidature à l'élection présidentielle au Cap-Vert du 2 octobre, qui devrait se tenir sans un représentant de l'ex-parti unique, a annoncé jeudi la Cour constitutionnelle.
Les trois candidatures doivent être validées par la Cour constitutionnelle quinze jours après la date limite de dépôt, mercredi soir, a déclaré à la presse le président de cette juridiction, Joao Pinto.
Ces candidatures comprennent celles du président Fonseca, élu en 2011, candidat du Mouvement pour la démocratie (MPD, libéral) et deux candidats indépendants.
M. Fonseca, 66 ans, favori du scrutin d'octobre selon des analystes, avait été élu au second tour de la présidentielle en août 2011 avec plus de 54% des voix face à Manuel Inocencio Sousa, du Parti africain de l'indépendance du Cap-Vert (PAICV, socialiste, ex-parti unique).
Les deux candidats indépendants sont Joaquim Monteiro, 75 ans, qui brigue les suffrages des électeurs pour la deuxième fois, après avoir participé à la présidentielle de 2011, et Albertino Graça, 57 ans, un universitaire qui se présente pour la première fois à un scrutin présidentiel.
L'ex-parti unique, le PAICV, sera absent du scrutin d'octobre pour n'avoir pas réussi à présenter un candidat, selon des sources au sein de ce parti jointes par l'AFP.
Ses responsables sollicités pour endosser la candidature du parti, incluant l'ancien Premier ministre José Maria Neves et l'ancien président de l'Assemblée nationale Aristides Lima, ont décliné la demande, selon l'une de ces sources.
Tous considèrent "inévitable" la réélection de M. Fonseca, a ajouté cette source.
L'actuel président est réputé très populaire auprès de ses compatriotes, selon des observateurs.
Avant la présidentielle, le Cap-Vert organisera le 4 septembre des élections municipales.
Archipel lusophone d'Afrique de l'Ouest et ex-colonie portugaise (son indépendance a été proclamée en 1975), ce pays est réputé pour sa stabilité politique et sa bonne gouvernance.

mardi 2 août 2016

L'ambassadeur capverdien fait ses adieux au vice-Président d'Angola

L'ambassadeur de la République du Cabo-Verde, à Luanda, Francisco Pereira da Veiga et le Vice-président angolais, Manuel Domingos Vicente.
Luanda - L'ambassadeur de la République du Cabo-Verde, à Luanda, Francisco Pereira da Veiga, au terme d'une mission de deux ans et demi en Angola, a fait lundi ses adieux au vice-Président angolais, Manuel Domingos Vicente.
Au sortir de l'audience, le diplomate a déclaré que les relations entre Luanda et Praia allaient de plus en plus mieux, espérant toutefois que le nouveau gouvernement caboverdien, issu des élections législatives tenues em mars 2016, et formé en majorité par le Mouvement pour la Démocratie, puisse continuer également à s'engager dans la consolidation des relations de coopération entre les deux pays.
Il a fait savoir que les deux gouvernements élaboraient plusieurs dossiers dans le but de renforcer la coopération économique et entrepreneuriale, mais que leur désir se heurtait à la crise économique et financière actuelle.
Les projets en commun entre les deux parties portent sur les domaines de Tourisme, de Plateformes logistiques et des Transports, a-t-il précisé.
Selon l'ambassadeur, malgré la crise actuelle, l'Angola continue à connaître un développement irréversible et pourra relever les défis actuels, de même qu'il a pu rétablir la paix sur son sol, et remporter la lutte pour la libération nationale, les agressions externes, notamment de la part du régime sud-africain à l'époque de l'apartheid.

lundi 1 août 2016

Cap-Vert: l'enquête sur le meurtre de 11 personnes par un soldat "presque terminée" (armée)

La police cap-verdienne appréhende le militaire suspect, le 27 avril.
L'enquête sur le meurtre au Cap-Vert de onze personnes par un militaire à Monte Tchota, au nord de Praia, la capitale de l'île, est "presque terminée", a annoncé vendredi l'armée cap-verdienne, dans une rare communication sur ce dossier.
"Le processus est presque terminé. Il nous reste à conclure le rapport psychologique et psychiatrique de l'auteur présumé du massacre", a déclaré devant la presse le général Anildo Morais, nommé le 3 juin chef d'état-major général des forces armées du Cap-Vert.
Un autre "rapport technique" est élaboré "à l'étranger", a ajouté le général Morais, qui présentait un rapport préliminaire de la commission d'enquête militaire sur cette affaire, qui a emporté son prédécesseur, le général Alberto Fernandes. Ce dernier a démissionné le 2 mai.
Les dispositions de la justice militaire prévoient un délai de "120 jours pour conclure l'enquête" sur ce genre d'affaire, a-t-il précisé.
Le 25 avril, un jeune militaire cap-verdien a ouvert le feu sur plusieurs personnes dans un centre de télécommunications gardé par l'armée à Monte Tchota. Il a tué onze personnes: huit militaires et un civil cap-verdien ainsi que deux techniciens espagnols. Il avait ensuite pris la fuite, et avait été arrêté le 27 avril.
Depuis, il est détenu dans une prison militaire, où il fait l'objet d'un suivi psychologique, indique-t-on dans l'armée.
Plusieurs médias ont identifié le suspect, qui aurait entre 22 et 23 ans selon les sources. Il aurait agi par vengeance personnelle, après avoir été humilié à la suite d'une bagarre avec un autre soldat, pour laquelle il avait été le seul à être puni. Il aurait ensuite menacé de tuer tout le monde, des propos qui n'avaient pas été pris au sérieux par sa hiérarchie, d'après les informations de la presse locale.
Le rapport préliminaire de la commission d'enquête présenté vendredi, censé déterminer d'éventuelles irrégularités dans le déploiement militaire à Monte Tchota, ne fait pas de révélations sur la fusillade.
Il affirme que certaines procédures - non précisées - n'ont pas été respectées le jour du massacre, et recommande de combler des lacunes en matière de ressources humaines et de renforcer les moyens de transport et de communication.
Le général Morais a indiqué que certains militaires présents à Monte Tchota le jour de la fusillade n'avaient pas respecté certaines procédures de discipline militaire et de contrôle, et seront sanctionnés, sans plus de détails.