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jeudi 15 décembre 2016

Gambie: la communauté internationale maintient la pression sur Jammeh

Mohammed Ibn Chambas, le représentant des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest (g) avec des membres de la délégation de la Cédéao, le 13 décembre à Banjul. © REUTERS
La communauté internationale espère encore convaincre Yahya Jammeh de quitter le pouvoir en Gambie. Après avoir reconnu sa défaite à l'élection du 1er décembre, le président a finalement dénoncé les résultats. Il a saisi hier la Cour suprême pour demander l'annulation du scrutin, alors même qu'une délégation de la Cédéao était en visite à Banjul.
La diplomatie n'a pas donné grand-chose pour l'instant, mais la Cédéao va poursuivre ses efforts. « Cela ne peut pas aboutir en un seul jour, explique la présidente du Liberia Ellen Johnson Sirleaf, qui conduit la délégation ouest-africaine arrivée mardi à Banjul, il faut y travailler. » La question sera samedi au cœur d'un sommet de l'organisation ouest-africaine. En attendant, ce sont les Nations unies qui prennent le relais.
Le représentant de l'ONU en Afrique de l'Ouest a été très clair ce mercredi. « Yahya Jammeh doit être prêt à céder le pouvoir à la date prévue », c'est-à-dire le 18 janvier prochain, a insisté Mohamed Ibn Chambas, prévenant que le président sortant sera « sévèrement sanctionné » s'il ne respecte pas ce délai.
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a insisté quelques heures plus tard en appelant à une transition dans les temps et dans les formes prévus par la loi. Il a également condamné l'intervention de la police mardi à Banjul. Au moment où les quatre chefs d'Etat d'Afrique de l'Ouest arrivaient à Banjul pour une visite officielle, Yahya Jammeh a fait boucler le siège de la Commission électorale.
Le casse-tête de la Cour suprême
Comme le président sortant l’avait annoncé, son parti a également saisi la Cour suprême pour demander l’annulation des résultats de la présidentielle, arguant que la Commission électorale n’avait « pas correctement compilé les résultats ». Mais la Cour n’est pas au complet, et la question de la nomination de ses membres fait débat. Car si la procédure embarrasse les diplomates, tous reconnaissent qu'elle est parfaitement légale : il revient bien au chef de l'Etat de désigner les membres de la Cour suprême.
Yahya Jammeh va donc choisir les juges chargés de décider de son avenir. Dès aujourd’hui, les avocats et l'opposition ont évoqué des risques concernant l'indépendance de la Cour et la transparence de la décision à venir. Mais une source aux Nations unies estime qu'il ne sera pas si facile pour le président sortant de trouver ces fameux juges, et encore moins de les amener à annuler l'élection présidentielle.
D'autant plus que le temps presse, car le mandat de Yahya Jammeh prend fin le 18 janvier. A partir de là, plusieurs solutions. Premier cas de figure, la Cour suprême demande de nouvelles élections. Auquel cas un nouveau scrutin pourrait être organisé sous supervision internationale, rien n'est établi pour l'instant. Deuxième option, la Cour confirme la victoire d'Adama Barrow. Troisième possibilité, elle n'a pas encore rendu sa décision et Yahya Jammeh sera quand même obligé de quitter le pouvoir.
Recours ou pas, tant que les résultats de la Commission électorale ne sont pas officiellement invalidés, Adama Barrow est élu président et est censé entrer en fonction le 18 janvier.

mercredi 14 décembre 2016

GAMBIE : JAMMEH REFUSE DE CEDER LE POUVOIR

La présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf et Yaya Jammeh.
Les dirigeants ouest-africains dépêchés à Banjul pour tenter de convaincre Yahya Jammeh de reconnaître sa défaite à l'élection présidentielle et céder le pouvoir ne sont pas encore parvenus à un accord en ce sens, a déclaré mardi soir la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf.
"Nous ne sommes pas venus pour un accord, nous venons aider les Gambiens à organiser la transition. Ce n'est pas quelque chose qui peut aboutir en un seul jour, il faut y travailler", a déclaré à la presse Mme Sirleaf, présidente en exercice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et chef de la délégation.
Les dirigeants ouest-africains, comprenant le Nigérian Muhammadu Buhari, le Ghanéen John Dramani Mahama et le Sierra-Léonais Ernest Bai Koroma, ont rencontré Yahya Jammeh qui, selon Mme Sirleaf, leur a "exprimé certaines préoccupations", qui n'ont pas été précisées.
"La mission de la Cédéao est venue ici le rencontrer pour mieux comprendre la situation actuelle", a-t-elle ajouté.
"Nous avons rencontré toutes les parties concernées et maintenant, nous allons rendre compte à nos pairs à une rencontre de la Cédéao prévue samedi à Abuja", capitale fédérale du Nigeria où l'organisation ouest-africaine a son siège, a ajouté Mme Sirleaf.
Elle a assuré ne pas être déçue "puisque je pense que la démarche va fonctionner".
La présidente de la Cédéao a souligné que tous les interlocuteurs de la délégation s'étaient engagés en faveur de la paix et de la stabilité en Gambie.
Dans le même temps, le parti de M. Jammeh, l'Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC), a saisi mardi la Cour suprême pour demander l'annulation des résultats de l'élection du 1er décembre accordant la victoire à l'opposant Adama Barrow par quelque 19.000 voix d'écart, selon des documents dont l'AFP a obtenu copie.
L'APRC estime que la Commission électorale indépendante "n'a pas correctement compilé les résultats", et affirme que dans une région du pays, un nombre significatif de ses sympathisants "ont subi des intimidations qui les ont empêchés de voter".

mardi 13 décembre 2016

GAMBIE :LE CAS YAYA JAMMEY

Le Conseil de sécurité de l'ONU a exhorté lundi le président sortant de la Gambie Yahya Jammeh, qui conteste sa défaite à l'élection présidentielle, à recevoir une mission de chefs d'Etat d'Afrique de l'Ouest attendue à Banjul mardi.
Le Conseil "exhorte le président Jammeh à recevoir la délégation de haut niveau et à coopérer avec elle", a déclaré l'ambassadeur adjoint espagnol Juan Manuel Gonzalez de Linares à l'issue de consultations au Conseil.
L'Espagne préside le Conseil de sécurité pour le mois de décembre.
Le Conseil s'est réuni en consultations à huis clos à la demande du Sénégal, à la suite du refus de M. Jammeh de reconnaitre le résultat de l'élection, remporté par Adama Barrow.
Samedi, le Conseil avait adopté une déclaration unanime de ses quinze membres appelant M. Jammeh à "respecter le choix du peuple souverain de Gambie" et à céder le pouvoir au président élu Adama Barrow.
Il a répété ce message lundi et a demandé "à toutes les parties de faire preuve du maximum de retenue et de s'abstenir de toute violence", selon l'ambassadeur adjoint espagnol. Celui-ci a cependant indiqué que le Conseil n'avait pas discuté de mesures pour forcer M. Jammeh à se soumettre au verdict des urnes.
M. Jammeh avait reconnu le 2 décembre sa défaite avant de changer d'avis une semaine plus tard.
L'ambassadrice américaine auprès des Nations unies, Samantha Power, a souligné l'appel unanime de la communauté internationale pour que M. Jammeh cède le pouvoir.
"Tout le monde a le même message et il est clair, a-t-elle déclaré à la presse. "Vous avez perdu l'élection (...) et vous devez transmettre pacifiquement le pouvoir à votre successeur librement élu".
M. Jammeh, a-t-elle souligné, "a la possibilité de transmettre un héritage très différent pour la Gambie et je suis sûre que c'est le message que la délégation (africaine) s'efforcera de faire passer demain".
La mission sera composée de chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao).
Cette délégation veut rencontrer Yahya Jammeh pour "lui demander de quitter le pouvoir", a précisé une source au ministère sénégalais des Affaires étrangères.
Emmenée par le chef d'Etat libérien Ellen Johnson Sirleaf, présidente en exercice de la Cédéao, elle comprendra ses homologues nigérian Muhammadu Buhari, sierra-léonais Ernest Bai Koroma et ghanéen John Dramani Mahama, selon la même source.
Le représentant spécial de l'ONU en Afrique de l'Ouest, Mohamed Ibn Chambas, doit aussi y participer.

lundi 5 décembre 2016

GAMBIE : JAMMEY SAVAIT QUE C'ETAIT FINI

Adama Barrow, du Parti Democratic Uni (UDP) et candidat élu.
Le nouveau président gambien, Adama Barrow, a reçu « Jeune Afrique » et plusieurs médias francophones (RFI, France 24, TV5) à son domicile de Banjul, samedi 3 décembre, au lendemain de son élection. Interview.
Jeune Afrique : Quelles seront vos premières décisions, une fois que vous serez investi président en janvier ?
Ma première décision sera de mettre en place un cabinet, avec lequel je souhaite commencer à travailler. Celui-ci sera composé de membres des huit partis politiques qui forment la coalition de l’opposition. Nous allons travailler ensemble.
Redoutez-vous des troubles pendant la période de transition qui vous sépare de votre prise de fonctions ?
Je ne suis pas inquiet. Nous avons déjà parcouru un long chemin pour arriver ici. Je dis toujours à mes proches que nous progressons étape par étape. La plus importante d’entre elles a été franchie hier, mais je ne suis pas sous pression. Je suis confiant sur la suite des événements.
Savez-vous où se trouve Yahya Jammeh et savez-vous s’il compte rester en Gambie ?
C’est en tout cas ce qu’il m’a dit : il souhaite rester en Gambie et se retirer dans son village, pour s’occuper de sa ferme. Nous devons lui accorder le bénéfice du doute.
Vous n’y voyez pas d’inconvénient ?
Je n’ai de problème avec ça. Il est Gambien, il peut vivre en Gambie s’il le veut. Il est un citoyen ordinaire et désormais un ancien président, sa place est ici.
Il y a beaucoup de prisonniers politiques en prison. Quand allez-vous les libérer, et comment ?
Je ne peux pas vous dire précisément quand, mais ils seront libérés. Ce sont des personnes qui se sont battues pour leur pays : ils voulaient le changement et c’est pour cela qu’ils ont été mis en prison. Il doivent donc participer au changement que nous sommes en train de vivre.

jeudi 1 décembre 2016

Gambie: ouverture des bureaux de vote pour la présidentielle

Les Gambiens ont commencé à se rendre aux urnes.
Les Gambiens ont commencé à se rendre aux urnes jeudi matin pour choisir leur nouveau président parmi trois candidats en lice, dont le sortant Yahya Jammeh, au pouvoir depuis 22 ans, et un candidat unique d'une large coalition de l'opposition, Adama Barrow.
Quelque 890.000 électeurs - sur près de 2 millions d'habitants - devront départager MM. Jammeh, Barrow et Mama Kandeh, ancien député du parti au pouvoir représentant une nouvelle formation.
Pour la première fois, M. Jammeh se présente à une élection présidentielle qui ne paraît pas totalement jouée d'avance, face au candidat de la coalition d'opposition. Les trois candidats sont âgés de 51 ans, étant nés en 1965, année de l'indépendance de cette ex-colonie britannique en Afrique de l'ouest.
Les opérations de vote, prévues de 08H00 à 17H00 (locales et GMT) dans environ 1.400 bureaux à travers le pays, avaient débuté à l'heure dans plusieurs bureaux à Banjul, selon des journalistes de l'AFP.
Les télécommunications étaient très perturbées: depuis mercredi soir, internet et le réseau téléphonique étaient coupés. Les appels à l'international et envois de SMS n'étaient plus possibles de et vers la Gambie.
Les premiers résultats sont attendus dans la nuit de jeudi à vendredi.
Enclavée dans le territoire du Sénégal, hormis sa façade atlantique, la Gambie n'a connu que deux présidents en un demi-siècle: le "père de la Nation" Dawda Jawara et Yahya Jammeh, porté au pouvoir par un coup d'Etat en 1994.
"Ils ne gagneront pas", a assuré mardi soir au sujet de ses adversaires le chef de l'Etat sortant, élu pour la première fois en 1996 puis réélu trois fois, lors de son ultime meeting de campagne.
Il a assuré qu'aucune fraude n'était possible et prévenu qu'il ne tolérerait aucune contestation électorale par des manifestations, mais exclusivement devant les tribunaux.
Adama Barrow s'est lui aussi dit "sûr à plus de 100% de gagner, et avec un large écart", relevant le "soutien exceptionnel" rencontré lors de ses rassemblements. "Si j'avais un conseil à donner à Jammeh, ce serait d'accepter la volonté du peuple s'il perd", a-t-il déclaré à l'AFP.
- Une bille, un vote -
Le vote s'effectue selon un système unique au monde, au moyen de billes à déposer dans des bidons de couleurs différentes, une par candidat. Il sera supervisé par des experts de l'Union africaine, mais les observateurs européens ou ouest-africains seront absents.
Pour des analystes et l'opposition, c'est la première fois que le pouvoir de Yahya Jammeh, qui a survécu à de nombreuses tentatives de coup d'Etat, est sérieusement menacé par un scrutin, au terme d'une campagne marquée par l'expression d'un pluralisme inhabituel.
"La liberté d'expression ne doit pas s'arrêter avec la proclamation des résultats de la présidentielle", a estimé l'ONG Amnesty International dans un communiqué. "Les milliers de Gambiens qui ont participé aux meetings des différents candidats ces deux dernières semaines sont la preuve vivante de l'importance du droit à la liberté d'expression dans un pays où elle est si rare".
Malgré les risques permanents d'arrestation, la parole se libère depuis des manifestations organisées en avril pour réclamer des réformes politiques, puis pour protester contre la mort en détention d'un opposant.
Le chef du principal parti d'opposition, Ousainou Darboe, adversaire de M. Jammeh aux précédents scrutins présidentiels, et une trentaine de co-accusés ont été condamnés en juillet à trois ans de prison ferme pour participation à un rassemblement illégal.
Cette répression a favorisé un rare mouvement d'unité de l'opposition autour d'un candidat commun.
Adama Barrow, relativement neuf en politique, s'est engagé à respecter scrupuleusement le mémorandum adopté par l'opposition, qui prévoit la mise en place d'un gouvernement de transition pendant trois ans, en rupture avec le pouvoir sans limite de M. Jammeh.
En dépit des critiques qu'il rejette régulièrement - son régime est accusé par des ONG et certaines chancelleries de disparitions forcées et de harcèlement de la presse et des défenseurs des droits de l'Homme -, Yahya Jammeh compte de nombreux partisans.
Beaucoup de Gambiens portent à son crédit la stabilité du pays, dans une région secouée par de fréquents troubles civils et coups d'Etat, et certains progrès, notamment en matière d'éducation et de santé.
Mais bien d'autres fuient la pauvreté et la répression sur les routes de l'émigration clandestine. Les Gambiens sont ainsi la première nationalité, par rapport à la population, parmi les migrants qui traversent la Méditerranée pour atteindre l'Italie.

mercredi 30 novembre 2016

Gambie: Yahya Jammeh, un président aux pleins pouvoirs

Le Président Yahya Jammeh.
Il se dit doté de pouvoirs mystiques et prend sans crier gare des décisions bouleversant la vie de ses compatriotes: Yahya Jammeh, 51 ans dont 22 au pouvoir, candidat à un cinquième mandat, croit dur comme fer être le meilleur président dont la Gambie puisse rêver.
Jammeh a été porté à la tête de la Gambie en 1994 par un putsch sans effusion de sang qui a renversé Dawda Jawara, dirigeant depuis l'indépendance de cette ex-colonie britannique enclavée dans le Sénégal à l'exception de sa façade atlantique.
Issu d'une famille paysanne du village de Kanilai (ouest), il est alors lieutenant et âgé de 29 ans. Depuis, ce militaire de carrière au physique de lutteur, marié et père de deux enfants, a troqué l'uniforme contre de luxueux boubous.
Outre ce changement vestimentaire, il a ajouté à son nom de naissance une série de titres honorifiques. Il se fait appeler "Son Excellence Cheikh Professeur El Hadj Docteur", ainsi que, depuis quelques années, "Babili Mansa", ayant le double sens de "bâtisseur de ponts" et "roi défiant les fleuves" en mandingue, une des langues parlées en Afrique de l'Ouest.
Après des études secondaires à Banjul, la capitale, il s'engage en 1984 dans la gendarmerie. Jusqu'en 1992, il commande la police militaire à deux reprises.
En 1996, il prend sa retraite de l'armée avec le grade de colonel, crée son parti et se présente à sa première présidentielle, qu'il remporte. Il a été constamment réélu depuis.
Yahya Jammeh se dit investi de pouvoirs mystiques et, selon sa biographie officielle, il a comme "disposition particulière" d'avoir "une vaste connaissance dans la médecine traditionnelle, surtout dans le traitement de l'asthme et de l'épilepsie".
Il assure pouvoir "guérir" la stérilité et le sida avec des plantes et des incantations mystiques donnant lieu à des séances collectives filmées et diffusées par les médias publics, au grand dam des acteurs de la lutte contre le VIH.
- Changements déroutants -
Il cultive aussi l'image d'un musulman pieux, apparaissant régulièrement Coran et chapelet en main.
En décembre 2015, à la surprise générale, il proclame la Gambie république islamique, sans conséquence immédiate sur la vie quotidienne des quelque 2 millions d'habitants, dont environ 90% de musulmans et près de 8% de chrétiens.
"Nous serons un Etat islamique qui respecte les droits des citoyens", avait-il dit, assurant que "la pratique religieuse des chrétiens serait respectée".
Yahya Jammeh s'illustre aussi régulièrement par des déclarations fracassantes, notamment contre l'homosexualité, les puissances occidentales, la Cour pénale internationale (CPI) dont il a retiré la Gambie en octobre, bien que la procureure soit son ancienne ministre de la Justice.
Sa présidence est marquée par une répression - parfois sanglante - de contestations par des civils ou des militaires.
Il lui arrive ainsi fréquemment de proférer des menaces de mort contre ceux qu'il considère comme des fauteurs de troubles, pour adopter en d'autres circonstances un ton parfaitement posé.
"Faisons campagne pacifiquement, votons pacifiquement, puis célébrons notre victoire", a-t-il dit le 16 novembre au lancement de la campagne. "Tout le monde peut voter pour le candidat de son choix. Personne ne doit être forcé à voter pour moi", a affirmé Yahya Jammeh.
Il affronte jeudi aux urnes l'homme d'affaires Adama Barrow, candidat d'une large coalition de l'opposition, et un ancien cadre de son parti, Mama Kandeh, dont aucun ne fait le poids à ses yeux.
"Ils ne gagneront pas", a déclaré mardi soir Yahya Jammeh lors de son dernier meeting, prévenant qu'il ne tolérerait aucune contestation électorale par des manifestations, qualifiées de "failles exploitées pour déstabiliser les pays africains", mais exclusivement devant les tribunaux.
Son régime est accusé par des organisations non gouvernementales et certaines chancelleries de disparitions forcées et de harcèlement de la presse et des défenseurs des droits de l'Homme, critiques qu'il balaye systématiquement.
"Peu importe ce que les gens disent de moi, je n'en suis pas touché", a-t-il déclaré en déposant sa candidature il y a deux semaines. "C'est entre moi et Dieu".
Son discours trouve écho auprès de nombreux Gambiens, qui louent son bilan notamment au plan des infrastructures. Durant sa présidence, plusieurs projets ont été réalisés avec des partenaires internationaux: aéroport, routes, université, hôpitaux, écoles...
Ses sympathisants le créditent aussi de la relative stabilité du pays, dont les plages de sable fin attirent chaque année quelque 50.000 touristes, essentiellement britanniques.

mardi 29 novembre 2016

Présidentielle en Gambie: le pouvoir de Yahya Jammeh face à un défi inédit dans les urnes

Le chef de l'Etat gambien Yahya Jammeh.
Le chef de l'Etat gambien Yahya Jammeh, au pouvoir depuis 22 ans, sera confronté pour la première fois à un véritable défi dans les urnes, lors de l'élection présidentielle de jeudi, face à une opposition qui fait bloc autour de son candidat.
Depuis plusieurs mois, les frustrations nées des difficultés économiques et de la répression des voix dissidentes s'expriment de plus en plus ouvertement dans ce pays anglophone d'Afrique de l'Ouest enclavé dans le territoire du Sénégal, hormis sa façade Atlantique.
Les trois candidats en lice - Yahya Jammeh, Adama Barrow, désigné par sept partis d'opposition, et Mama Kandeh, ancien député du parti au pouvoir qui se présente sous les couleurs d'une nouvelle formation, tous âgés de 51 ans - achèvent leur campagne électorale mardi.
Jeudi, environ 890.000 Gambiens - sur quelque 2 millions d'habitants - sont appelés à choisir leur nouveau président pour cinq ans au cours d'un scrutin à un tour.
Yahya Jammeh, porté au pouvoir par un coup d'Etat en 1994, élu pour la première fois en 1996 puis réélu à trois reprises, s'est dans le passé dit prêt à diriger la Gambie pendant un milliard d'années si Dieu le voulait. Et certains Gambiens n'ayant quasiment connu que son régime peinent à imaginer un autre président.
Mais, pour les analystes et ses opposants, c'est la première fois que son pouvoir est sérieusement menacé dans les urnes. Car, malgré les risques permanents d'arrestations, la parole se libère depuis des manifestations en avril pour réclamer des réformes politiques, puis contre la mort en détention de l'opposant Solo Sandeng.
Le chef du principal parti d'opposition, Ousainou Darboe, adversaire de M. Jammeh aux précédents scrutins présidentiels, et une trentaine de co-accusés ont été condamnés en juillet à trois ans de prison ferme pour participation à un rassemblement illégal.
Cette répression a favorisé un rare mouvement d'unité de l'opposition autour d'un candidat commun, l'homme d'affaires Adama Barrow.
- 'Seule chance' d'alternance -
Selon des résidents, la campagne a été marquée par des rassemblements de l'opposition d'une ampleur inédite qui ont galvanisé des catégories sociales auparavant indifférentes ou atones, comme la jeunesse.
"Gambiens, c'est la seule chance que nous ayons de lui (Jammeh) faire quitter le pouvoir. Si nous échouons, nous nous en mordrons les doigts", a prévenu Adama Barrow lors d'un de ses rassemblements.
A Banjul, beaucoup croient en l'étoile de M. Barrow, relativement neuf en politique et qui pourrait gouverner de manière collégiale, en rupture avec l'exercice solitaire du pouvoir reproché à M. Jammeh.
"Ses chances sont bonnes car les Gambiens ont beaucoup souffert au cours des cinq dernières années", affirme à l'AFP Mbembe Kuyateh, 25 ans, étudiant. "Politiquement, vous ne pouvez pas exprimer votre point de vue" et ceux qui fuient la crise économique "meurent sur la route de l'émigration clandestine".
Selon un rapport de l'ONU publié en 2013, 60% de la population vit dans "une pauvreté multiforme", dont le tiers avec moins d'1,25 dollar (moins d'1,2 euro) par jour.
Les Gambiens sont la première nationalité par rapport à la population parmi les migrants qui traversent la Méditerranée pour atteindre l'Italie.
Durant sa campagne, Yahya Jammeh s'est posé en rempart contre cette émigration clandestine. "Ceux qui ne veulent pas voir nos enfants finir dans des camps de réfugiés savent pour qui voter", a-t-il déclaré. "Je ne dis pas que je suis le meilleur, mais je suis meilleur que quiconque pourrait accéder au pouvoir dans ce pays".
En dépit des critiques qu'il rejette régulièrement - son régime est accusé par des ONG et certaines chancelleries de disparitions forcées et de harcèlement de la presse et des défenseurs des droits de l'Homme - Yahya Jammeh compte de nombreux partisans.
Beaucoup de Gambiens lui font crédit de la stabilité du pays, dans une région secouée par de fréquents troubles civils et coups d'Etat, et de certains progrès, notamment en matière d'éducation et de santé.
"Il a apporté l'électricité, de bonnes routes... Auparavant, il était impossible à un véhicule d'accéder à notre village", souligne Lamin Mendy, un menuisier de 47 ans.
Le vote - au moyen de billes à déposer dans des bidons de couleurs différentes, une par candidat - doit débuter jeudi à 08H00 (locales et GMT).
Il sera supervisé par des observateurs de l'Union africaine, mais en l'absence de représentants de l'Union européenne et de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

lundi 31 octobre 2016

Doing Business : la Gambie largue le Sénégal au classement

Le Sénégal a amélioré son classement au Doing Business 2017. Son score a évolué de de 49.85 à 50.68. Mais, notre pays s’est moins bien classé que plusieurs pays de la sous-région. En effet, la petite Gambie, enclave à l’intérieur du Sénégal, semble avoir fait plus d’efforts que le Sénégal, pour construire un environnement des affaires capable d’attirer les investisseurs. Elle s’est classée 145ème devant le Sénégal, avec un score de 51.70 au Db 2017.
Mali, Burkina, Cap-Vert, Côte d’Ivoire devant le Sénégal
En plus de la Gambie, beaucoup d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest se sont montrés plus performants dans l’amélioration de l’environnement des affaires. En effet, la Côte d’Ivoire et le Mali qui ont pourtant récemment été frappés par le terrorisme, le Ghana, le Cap vert et le Burkina sont arrivés devant le Sénégal au classement général.
Globalement, en Afrique, 23 pays ont devancé au classement le Sénégal.

mardi 25 octobre 2016

Les ONG contre le choix de la Gambie pour abriter les célébrations des droits humains

Photo d'archives.
Accompagner de polémique, président Jammeh gouverne la Gambie depuis 22 ans. A l’occasion des célébrations de l'année africaine des droits de l’homme qui ont démarré ce vendredi, les organisations de défense des droits humains ont organisé un contre-événement pour lutter contre ce qu’il appelle le «paradoxe de l’année».
L’organisation pour la liberté d’expression Article19, des organisations tel que Human Right Watch, la Société International des Droits de l’Homme (SIDH), Amnesty international, se sont regroupés pour lutter contre le choix porté sur la Gambie pour célébrer cet événement en mettant l’accent sur le droit des femmes.
«Faire un tel honneur à un tel pays dont les dirigeants ne cessent d’envoyer à la face du monde un visage hideux des droits humains est un paradoxe», explique la directrice du bureau Afrique de l’ouest de l’organisation pour la liberté d’expression, Article 19.
«La célébration de l’année africaine des droits humains met un accent particulier sur le droits des femmes alors que lors des manifestions pacifiques de l’opposition gambienne en avril et mai 2016, plusieurs femmes ont été arrêtées et violées par les forces de l’ordre», ajoute Fatou Jagne Senghor .
Pour les organisations, l’année des droits humains est si importante qu’elle «doit se tenir dans un lieu où la vie et la dignité sont respectées et ou les parties prenantes bénéficient amplement de la liberté d’apporter une contribution significative à cette événement historique sans crainte ni risque de récrimination, encore moins, de persécution de la part des autorités étatique».
«C’est surtout par manque de moyens et des défaillances dans la coordination que la commission de l’Union africaine a organisée l’année africaine des droits humains en Gambie», déplore Ibrahima Kane, chargé de plaidoyer d’Open society for West africa à l’Union africaine. Pour lui, c’est une marque de solidarité avec la société gambienne.
Ce, d'autant plus que la Gambie n'a de cesse de violer des droits humains en Afrique durant ces dernières années et les crimes se suivent avec l’assassinat de l’opposant, le secrétaire national à l’organisation du United Democratic Party (UDP), Ebrima Solo Sanding, l’emprisonnement en julliet 2016 du leader de l’opposition Usainou Darboe à trois (3) ans, ainsi que 29 de ces militants pour cause de manifestations non autorisées.

mercredi 19 octobre 2016

Des ressortissants sierra-leonais expulsés de la Gambie débarquent à Koundara

Escortés par des policiers sénégalais, des citoyens léonais expulsés par les autorités gambiennes sont arrivés depuis le lundi, 10 octobre 2016 à Boundou-Fourdou, préfecture de Koundara dans la région administrative de Boké, a-t-on appris de sources locales.
Aux dires de nos informateurs, les services de sécurité sénégalais n’ont évoqué aucun motif sur cette expulsion.
Les autorités guinéennes seraient en train de trouver les voies et moyens pour aider ces ressortissants sierra-léonais à regagner leur pays.
A en croire nos sources, les autorités préfectorales de Koundara ont félicité la police des frontières guinéennes pour l’attitude qu’elle a adoptée face à cette situation.

mardi 18 octobre 2016

Du foyer de réfugiés aux projecteurs de la Bundesliga pour un jeune footballeur gambien

L'attaquant gambien du Werder Ousman Manneh.
Tout est possible dans le football, même les contes de fées ! A 17 ans, Ousman Manneh est arrivé seul de Gambie, réfugié politique. A 19 ans, il vient de marquer ce week-end son premier but en Bundesliga pour le Werder Brême.
"C'est le plus grand moment de ma vie", a soufflé le jeune homme, les larmes aux yeux après son but contre Leverkusen, qui a donné la victoire (2-1) à son équipe.
"J'ai toujours voulu être footballeur, c'est un rêve qui se réalise", dit-il. "C'est difficile de décrire mes sentiments. J'étais déjà si fier d'être le premier Gambien à avoir joué quatre matches de Bundesliga, et maintenant je suis fier d'être le premier à marquer un but".
L'histoire de ce jeune attaquant, qui semble désormais bien installé comme titulaire à la pointe de l'attaque du Werder, n'a pourtant pas débuté sous les meilleures auspices. Né en Gambie, il décide seul, à 17 ans, de quitter sa famille pour fuir le régime dictatorial de ce petit pays d'Afrique de l'Ouest, enclavé dans le Sénégal.
Il atterrit en Allemagne, où il obtient le statut de réfugié. Logé dans un foyer de migrants, il commence à jouer pour le Blumenthaler SV, un club de 5e division de la banlieue de Brême.
Très vite, ses qualités exceptionnelles attirent l'attention de clubs professionnels. Et c'est avec le Werder qu'il signe, en mars 2015, son tout premier contrat. Il vient d'avoir 18 ans.
Il jouait depuis dans l'équipe des moins de 23 ans, lorsque le destin a frappé à la porte. Mi-septembre, l'entraîneur des professionnels, Viktor Skripnik, est limogé après un début de saison catastrophique. La direction du club le remplace par Alexandre Nouri, qui s'occupait jusque là des... moins de 23 ans.
Une histoire profondément touchante
Et Nouri, qui connaît parfaitement le potentiel de Manneh, l'invite tout simplement à passer avec lui dans le groupe pro.
"La vie ne lui a jamais fait de cadeau", a commenté le coach samedi soir alors que Manneh, héros du jour, posait pour des selfies avec des supporters, "il a travaillé très dur ces dernières années et a progressé continuellement".
Pourquoi, et comment a-t-il quitté son pays natal ? Pour l'instant, le jeune réfugié ne veut pas répondre à la question, et Nouri n'a pas l'intention de trahir sa confiance: "C'est une histoire profondément touchante", se contente de dire l'entraîneur.
Pour Manneh, Nouri est l'homme providentiel, confident et manager: "Je dois vraiment remercier coach Nouri pour avoir cru en moi et m'avoir donné ma chance au plus haut niveau", dit-il.
Et d'ajouter: "Même après un match comme celui-là, mon coach va venir me trouver pour me dire que je ne dois pas être satisfait. Il m'encourage à continuer à travailler".
"Mon rêve maintenant, avoue Manneh, c'est de devenir un vrai buteur comme Robert Lewandowski ou Pierre-Emerick Aubameyang", respectivement avant-centres du Bayern Munich et du Borussia Dortmund.
Pas impossible au vu de son talent, estiment ses coéquipiers: "Ousman est un garçon très travailleur et avide d'apprendre", dit de lui son complice dans l'attaque du Werder Zlatko Junusovic: "Il est terre-à-terre et positif, toujours de bonne humeur."
"Sa progression ces deux dernières années n'est pas une coïncidence", ajoute le capitaine du Werder Clemens Fritz, 22 fois international allemand.

lundi 17 octobre 2016

UN CANDIDAT UNIQUE CONTRE YAHYA JAMMEY

Le chef du principal parti d'opposition en Gambie, Ousainou Darbo
L'opposition gambienne a annoncé qu'elle présenterait un candidat unique à la présidentielle de décembre dans une rare manifestation d'unité contre le chef de l'Etat Yahya Jammeh qui dirige le pays d'une main de fer et brigue un cinquième mandat.
Lors d'une réunion vendredi à Banjul, les partis d'opposition ont décidé de désigner leur représentant lors d'une convention prévue le 30 octobre en vue de la présidentielle du 1er décembre.
Les signataires de l'accord ont dit vouloir "mettre de côté leurs divergences dans l'intérêt suprême de la nation".
Parmi eux figure le Parti démocrate unifié (UDP) -- principale formation de l'opposition -- plusieurs partis plus petits ainsi que la première femme candidate à la présidence de la Gambie, Isatou Touray.
Le dirigeant sortant, Yahya Jammeh, qui à 51 ans dirige ce petit pays d'Afrique occidentale depuis 22 ans, a été investi candidat en février par son parti, l'Alliance pour la réorientation et la construction patriotique (APRC).
Parvenu au pouvoir par un coup d'Etat sans effusion de sang en 1994, il a été élu en 1996, puis constamment réélu depuis, il dirige la Gambie d'une main de fer. Son régime est accusé par des ONG et Washington de disparitions forcées et de harcèlement de la presse et des défenseurs des droits de l'homme, accusations qu'il rejette régulièrement.

Vers un candidat unique de l'opposition à la présidentielle en Gambie

Le chef du principal parti d'opposition en Gambie, Ousainou Darbo
L'opposition gambienne a annoncé qu'elle présenterait un candidat unique à la présidentielle de décembre dans une rare manifestation d'unité contre le chef de l'Etat Yahya Jammeh qui dirige le pays d'une main de fer et brigue un cinquième mandat.
Lors d'une réunion vendredi à Banjul, les partis d'opposition ont décidé de désigner leur représentant lors d'une convention prévue le 30 octobre en vue de la présidentielle du 1er décembre.
Les signataires de l'accord ont dit vouloir "mettre de côté leurs divergences dans l'intérêt suprême de la nation".
Parmi eux figure le Parti démocrate unifié (UDP) -- principale formation de l'opposition -- plusieurs partis plus petits ainsi que la première femme candidate à la présidence de la Gambie, Isatou Touray.
Le dirigeant sortant, Yahya Jammeh, qui à 51 ans dirige ce petit pays d'Afrique occidentale depuis 22 ans, a été investi candidat en février par son parti, l'Alliance pour la réorientation et la construction patriotique (APRC).
Parvenu au pouvoir par un coup d'Etat sans effusion de sang en 1994, il a été élu en 1996, puis constamment réélu depuis, il dirige la Gambie d'une main de fer. Son régime est accusé par des ONG et Washington de disparitions forcées et de harcèlement de la presse et des défenseurs des droits de l'homme, accusations qu'il rejette régulièrement.

vendredi 14 octobre 2016

Gambie : McMenemy va succéder à Savoy

L'Ecossais Simon McMenemy.
A la recherche d’un sélectionneur depuis le départ du Suisse Raoul Savoy en décembre 2015, la Gambie a trouvé son bonheur. Selon nos informations, un accord avec l’Ecossais Simon McMenemy a été conclu et sera officialisé début décembre. Agé de 38 ans, le technicien britannique a surtout bâti sa réputation en Asie, dirigeant notamment l’équipe nationale des Philippines (2010-11), avec qui il est devenu le plus jeune sélectionneur au monde à 32 ans. Il est également passé par des clubs aux Maldives, en Indonésie et au Vietnam.
Préféré au Japonais Kenichi Yatsuhashi (ex-Hearts of Oak) et au Nigérian Paul Aigbogun (Enyimba), le futur coach des Scorpions débutera sa mission dès le mois de novembre en passant en revue les joueurs locaux. Pour rappel, l’intérimaire Sang Ndong dirige actuellement la Gambie, non-qualifiée pour la CAN 2017 et hors-course dans les éliminatoires du Mondial 2018.

jeudi 13 octobre 2016

L'opposition gambienne peine à trouver un candidat unique

Ousainou Darboe, chef du ‘United Democratic Party’ (UDP, principal parti d’opposition en Gambie).
APA- Banjul (Gambie) - Les principaux partis d’opposition gambienne peinent toujours à former une coalition pour la présidentielle du 1er décembre prochain, après six réunions infructueuses, a-t-on appris mercredi de sources concordantes
Les représentants des différents partis politiques d’opposition ont convenu de reprogrammer une autre réunion pour vendredi prochain.
Le représentant du Parti démocratique uni (UDP), Alhagie S. Darboe a expliqué à la presse qu’il était difficile pour eux de trouver un accord puisque les dirigeants de partis sont toujours en tournée à travers le pays.
« Par conséquent, j’ai demandé l’ajournement des pourparlers à une date ultérieure, lorsque tous les chefs de parti seront présents, et de cette façon nous pourront enfin trouver une solution définitive », a-t-il dit.
Omar Jallow du Parti progressiste du peuple (PPP), qui était furieux de cet ajournement, a déclaré: « aujourd'hui, le monde nous observe et si nous ne parvenons pas à un accord aujourd’hui, que dirons-nous à ces gens-là » ?
Et d’ajouter : « Je quitte cette salle très triste, parce que ce que je ne peux pas comprendre c’est qu’on était tombé d’accord dimanche et qu’aujourd’hui le nom d’un candidat serait dévoilé. Que s’est-il passé ? Pourquoi ne pouvons-nous pas parvenir à un accord aujourd'hui »?
Le président sortant Yahya Jammeh en poste depuis 20 ans, va remettre son mandat en jeu lors de ces élections.

lundi 10 octobre 2016

Gambie VS USA: c’est la « guerre » des visas et documents de voyage

Entre Banjul et Washington, ça chauffe ! Et au cœur de cette tension, il y a une histoire de documents de voyage que le gouvernement de Yaya Jammeh refuse de délivrer à des Gambiens en instance d’expulsion aux Etats-Unis. Un refus de Banjul qui bloque le processus de rapatriement et qui a fini de fâcher le pays de l’Oncle Sam qui a pris des mesures de rétorsion contre Yaya Jammeh et ses hommes, via son ambassade à Banjul. Depuis lundi, l’ambassade a décidé de ne plus délivrer de visas aux fonctionnaires du gouvernent gambiens, jusqu’à ce que Banjul délivre les documents de voyages nécessaires pour le rapatriement de ses citoyens.
« A partir du 3 Octobre, 2016, l’ambassade des États-Unis à Banjul, a interrompu la délivrance de visas aux fonctionnaires du gouvernement gambien, et à d’autres associés avec le gouvernement, et leurs familles », lit-on dans le communiqué de l’ambassade, qui précise que des exceptions pourraient être faites, fondées sur les obligations internationales des Etats-Unis ou sur des raisons humanitaires et autres.
Poursuivant, le communiqué signé et publié par Jimmy Clarke, officier des affaires publiques par intérim, explique: « Il y a un certain nombre de Gambiens aux Etats-Unis qui sont sous ordres d’expulsion finale. Certains d’entre eux sont en détention. Ces citoyens gambiens ont eu tous un accès complet au système juridique des Etats-Unis, mais ont épuisé tous les recours juridiques possibles. Nous voulons les rendre à leurs familles en Gambie, mais le gouvernement gambien doit fournir un passeport ou d’autres documents de voyage afin que nous puissions le faire. Jusqu’à ce que les documents de voyage soient délivrés pour les Gambiens en instance d’expulsion des Etats-Unis, nous sommes incapables de délivrer des visas pour les fonctionnaires du gouvernement gambiens… ».
Reste à savoir si Yaya Jammeh et son gouvernement qui semblent avoir une dent contre le monde entier, vont céder.

vendredi 7 octobre 2016

GAMBIE :LES RESPONSABLES PRVES DEVISAS AMERICAINS

Passage en douane dans un aéroport américain.
Déjà tendues, les relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la Gambie ne risquent pas de s’améliorer. Washington a en effet décidé de ne plus délivrer de visas aux responsables du gouvernement à Banjul ainsi qu’à leurs proches.
A l’origine de cette décision de priver de visa les dignitaires gambiens, le refus des autorités de Banjul de délivrer passeports et documents de voyage à leurs ressortissants en instance d’expulsion aux Etats-Unis. La presse américaine évoque 2 000 citoyens gambiens, mais il serait 200 selon les informations de RFI.
C’est la première fois en quinze ans que Washington prend une mesure aussi radicale. Concrètement, tous les responsables du gouvernement gambien et d’entités liées aux autorités, mais aussi leurs familles, conjoints, enfants sont désormais sur une liste noire. Impossible pour eux d’obtenir des visas pour les Etats-Unis tant que cette crise n’est pas résolue.
Le département d’Etat américain justifie cette décision dans un communiqué en expliquant que tous les recours diplomatiques ont été utilisés, mais que les autorités de Banjul n’ont pas réagi.

jeudi 25 août 2016

Gambie: Paris demande une enquête indépendante après la mort de deux opposants

Banjul.
Le ministère français des Affaires étrangères a demandé mardi une enquête indépendante sur les circonstances de la mort en détention de deux opposants gambiens en quelques mois.
Le Parti démocratique uni (UDP), principal parti d'opposition en Gambie, a annoncé lundi qu'un de ses cadres, Solo Krummah, arrêté le 9 mai 2016, était décédé au cours du week-end.
"Nous appelons à une enquête indépendante sur les circonstances de sa mort, ainsi que de celle, peu après son arrestation le 14 avril 2016, de M. Solo Sandeng, (autre) cadre de l'UDP", a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay, Romain Nadal, dans un communiqué.
La France demande aussi la "libération de l'ensemble des prisonniers politiques" en Gambie et qualifie de "particulièrement inquiétantes (..) les allégations de recours à la torture dans ce pays".
Le département d'Etat américain s'est aussi déclaré lundi "profondément inquiet" après la mort de M. Krummah et "troublé par les informations faisant état de mauvais traitements continuels par le gouvernement gambien des personnalités de l'opposition détenues".
La Gambie, petit Etat anglophone d'Afrique de l'Ouest en partie enclavé dans le territoire du Sénégal, est dirigé d'une main de fer par Yahya Jammeh, au pouvoir depuis 1994 et candidat à sa réélection le 1er décembre.
Son régime est accusé par des ONG de disparitions forcées et de harcèlement de la presse et des défenseurs des droits humains, accusations qu'il rejette régulièrement.
Selon les organisations de défense des droits de l'Homme, une trentaine de personnes ont été arrêtées le 9 mai près de la Haute Cour de Banjul. Ils manifestaient contre la comparution devant cette cour de près de 50 opposants, arrêtés puis inculpés en lien avec des manifestations organisées les 14 et 16 avril.
Le chef de l'UDP, Ousainou Darboe, et 17 co-accusés ont été condamnés depuis à trois ans de prison ferme pour plusieurs chefs d'inculpation, dont celui d'avoir manifesté illégalement.

mardi 23 août 2016

Gambie: un membre de l'opposition décédé en détention, les Etats-Unis "inquiets"

Le département d'Etat américain.
Un membre de l'opposition gambienne arrêté en mai est décédé au cours du week-end, a-t-on appris de sources concordantes lundi, un décès qui a suscité la "profonde inquiétude" du département d'Etat américain.
"Nous sommes allés cet après-midi (lundi) à la morgue de l'hôpital Edward Francis Small pour confirmer la mort d'Ibrima Solo Krummah", un cadre du Parti démocratique uni (UDP), "décédé pendant le week-end", a déclaré à l'AFP Dembo Bojang, un dirigeant du parti.
Il a précisé que le parti veut "s'assurer qu'une autopsie sera réalisée" avant l'enterrement.
Dans un communiqué, le parti annonce la mort en détention de Solo Krummah, arrêté le 9 mai 2016.
"Jusqu'à présent ni le parti ni les membres de sa famille n'ont reçu de notification officielle de sa mort", selon l'UDP, qui dit avoir appris par des sources officieuses que le détenu avait été hospitalisé le 8 août avant d'être opéré le 19 et de décéder le 20 au matin.
Selon les organisations de défense des droits de l'Homme, une trentaine de personnes ont été arrêtées le 9 mai près de la Haute Cour de Banjul. Ils manifestaient contre la comparution devant cette cour de près de 50 opposants, arrêtés puis inculpés en lien avec des manifestations organisées les 14 et 16 avril.
Un dirigeant de l'UDP, Solo Sandeng, arrêté le 14 avril, est décédé en détention. Une manifestation le 16 avril dénonçant sa mort a été réprimée et s'est soldée par de nouvelles arrestations, incluant le chef du parti, Ousainou Darboe.
M. Darboe et 17 co-accusés ont été condamnés le 20 juillet à trois ans de prison ferme.
Dans un communiqué, le département d'Etat américain s'est déclaré lundi soir "profondément inquiet par la mort du membre de l'opposition gambienne Ibrima Solo Krummah, qui serait décédé le 20 août en détention".
La diplomatie américaine dit "rester troublée par les informations faisant état de mauvais traitements continuels par le gouvernement gambien des personnalités de l'opposition détenues, comme en attestent les récents décès et allégations de tortures".
Washington appelle à "un traitement humain pour tous les prisonniers" et à la "libération immédiate de tous les prisonniers politiques", y compris ceux condamnés en juillet ou arrêtés lors des manifestations du printemps.
Parvenu au pouvoir par un coup d'Etat sans effusion de sang en 1994, élu en 1996, puis constamment réélu depuis, le président Yahya Jammeh dirige d'une main de fer la Gambie, petit Etat anglophone d'Afrique de l'Ouest enclavé dans le territoire du Sénégal.
Il est candidat à sa réélection en décembre.

lundi 22 août 2016

Gambie : Un autre homme politique meurt en prison

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Prison-Mort

La Gambie est encore sur la sellette. Déjà durement frappé par la mort de Solo Sandeng et l’arrestation d’Ousainou Darboe, un autre membre important du directoire politique national du Parti Démocratique Uni de Gambie (UDP) est décédé dans les premières heures de ce samedi 20 août en prison où il purgeait une peine de trois ans avec 18 de ses camarades de parti, informe “Enquête”.
Selon le bureau de l’UDP, Ebrima (Solo) Kurumah est mort aux premières heures de la matinée du samedi, à l’hôpital Royal Victoria Teaching Hospital de Banjul, des suites de complications d’une opération ratée effectuée en catimini sur ce détenu politique pendant la nuit. Car Ebrima Kurumah est un des responsables de l’UDP arrêtés le 9 mai dernier, alors qu’ils manifestaient leur solidarité à leur leader et leurs camarades arrêtés les 14 et 16 avril 2016.
Des sources du journal établie à la Prison Mile Two confirment la mort du responsable national des coordinations de l’UDP et informent que le défunt était gravement malade dans sa cellule de prison, depuis plusieurs semaines. Or, nous dit-on, malgré son état de santé devenu totalement incompatible avec la vie du milieu carcéral, David Colley, le directeur de l’administration pénitentiaire, lui a refusé des soins et encore moins l’accès à un médecin. Il a fallu que l’état de santé d’Ebrima Kurumah se dégrade complètement pour qu’une évacuation soit autorisée à l’hôpital, sans que ses parents ne soient au courant. L’opposant est décédé après sa sortie du bloc opératoire où les chirurgiens n’ont pas réussi à juguler son mal.