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jeudi 15 décembre 2016

Burkina 2016: grèves, incivisme, intolérance...le président Kaboré n'a pas bénéficié d'état de grâce

Roch Marc Christian Kaboré.
Grèves dans la quasi-totalité des secteurs publics et privés, revendications des acteurs de la société civile, et actes d'incivisme, ont marqué la gestion d'une année de pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré, arrivé à la tête du Burkina Faso en fin 2015, après la chute de Blaise Compaoré, par une insurrection populaire, et une transition pertubée par un coup d'Eta manqué.
Depuis le début de l'année, les autorités ont fait face à de nombreux mouvements sociaux à travers des grèves et des sit-in, tous revendiquent de meilleures conditions de vie et de travail.
De la grève des magistrats en passant par celle des boulangers, des médecins, des journalistes, des agents des impôts, de l'action sociale et des transporteurs..., l'année 2016 a été marquée par une montée sans précédent de la fronde sociale.
Pour Bertand Ilboudo, syndicaliste, ces revendications sociales sont liées à une soif de la justice et de l'égalité dans le partage des richesses, après plus de 25 années de pouvoir dominé par la corruption et l'injustice.
En outre, il a précisé que les autorités actuelles n'arrivent pas à gérer les problèmes des travailleurs qui réclament un traitement commun, faisant allusion aux avantages accordés aux magistrats, exacerbant les revendications sociales dans les autres secteurs.
Les députés de la majorité présidentielle accusent d'ailleurs le régime de la Transition d'avoir instauré un climat de revendications sociales au Burkina Faso en faisant preuve d'une grande "générosité".
Pas d'état de grâce
Dans une déclaration publiée à l'occasion du premier anniversaire des élections qui ont porté Roch Marc Christian Kaboré au pouvoir, trente formations politiques dont le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) ont expliqué que les revendications sociales ont pour origine "le marasme économique et la situation sociale délétère".
Pour la majorité présidentielle, le nouveau pouvoir n'a pas bénéficié du moindre état de grâce, alors que "la Transition a fait preuve d'une grande générosité pour des revendications dont la mise en œuvre est coûteuse, sans avoir pris les dispositions budgétaires appropriées".
La déclaration souligne que malgré les efforts et la bonne volonté du gouvernement, la situation sociale a continué de se dégrader comme on peut le constater à travers les grèves et les autres formes de protestation.
"Notre conviction reste que le dialogue social doit être chaque fois privilégié, car il doit être la règle, et la grève l'exception. Toutes les parties prenantes doivent engager des dialogues de bonne foi, rechercher et accepter des solutions équilibrées".
Renouvelant leur soutien au président Roch Marc Christian Kaboré, les partis de la majorité présidentielle ont exprimé également leur solidarité avec le gouvernement.
Pour sa part, M. Kaboré a dénoncé "les violences inutiles perpétrées çà et là et le manque de tolérance" de certains Burkinabè.
"C'est le lieu pour moi de dénoncer et de condamner les violences inutiles perpétrées çà et là, la défiance vis-à-vis de la loi, ainsi que le manque de tolérance", a-t-il dit lors de la célébration du 56è anniversaire de l'indépendance de son pays.
Il a ajouté que "toutes ces pratiques sont aux antipodes des exigences de la démocratie et seront désormais combattues comme telles, et leurs auteurs punis conformément à la rigueur de la loi".
"Il est également à déplorer le fait que nombre de nos compatriotes ne reconnaissent que des droits dont ils doivent jouir et n'entendent pas se plier aux devoirs qui sont les leurs dans le cadre de l'Etat de droit", a regretté Roch Kaboré pour qui "ces comportements attentatoires à la loi et aux règlements, ainsi qu'aux droits et libertés des autres annihilent les efforts de consolidation de la paix et de la démocratie, afin de prendre à-bras-le-corps les tâches de développement économique, social et culturel du pays".
Appel à la consolidation de "l'unité nationale"
Le président Kaboré a rassuré que le gouvernement mettra tout en œuvre pour être à la hauteur de ses responsabilités, en recherchant les solutions appropriées aux préoccupations des Burkinabè.
M. Kaboré a réaffirmé sa "disponibilité et celle du gouvernement au dialogue et à la concertation avec tous les partenaires sociaux, sans démagogie, sans excès, ni faiblesse et dans le respect mutuel", les invitant "à s'inscrire dans cette dynamique pour préserver la paix qui reste un des biens les plus précieux".
"Chaque jour, nous devons nous battre, chacun à son poste de travail, pour mériter de la nation et offrir constamment à nos populations des raisons d'espérer à l'amélioration de leurs conditions", a-t-il dit.
C'est pourquoi, a-t-il poursuivi, il apparaît impérieux de "nous comporter de façon à consolider l'unité nationale".

mercredi 14 décembre 2016

Assassinat de Norbert Zongo au Burkina: une manifestation pour demander justice

Au Burkina Faso, les journalistes et les organisations de défense de la liberté de la presse ont manifesté mardi 13 décembre pour exiger la lumière sur le dossier Norbert Zongo, 18 ans après son assassinat du journaliste. L'année dernière, au cours de la transition, le dossier avait été rouvert et trois ex-soldats appartenant à l'ancienne garde de Blaise Compaoré avaient été inculpés. Pour les manifestants, cela n'est pas suffisant.
Marche dans les rues de Ouagadougou, meeting sur la place de la Nation, le collectif de lutte contre l'impunité dénonce la lenteur dans le traitement judiciaire du dossier Norbert Zongo, 18 ans après son assassinat. « On ne pensait pas qu’en ce jour, la justice ne serait pas faite pour Norbert Zongo. Ceux qui sont à la tête de l’Etat aujourd’hui étaient au pouvoir lorsqu’on a assassiné Norbert Zongo, et peut-être que ceci explique cela », affirme Chrysogone Zougmoré, président du collectif en lutte contre l'impunité.
Plusieurs radios et télévisions privées ont observé 13 minutes de silence à l'heure où Norbert Zongo a été assassiné. Un sit-in silencieux s'est tenu devant le palais de justice de Ouagadougou avec la remise d'un mémorandum au procureur du Burkina Faso. « Pourquoi n’y a-t-il toujours pas le moindre début de procès dans ce dossier ? Dix-huit ans à commémorer le triste anniversaire de l’assassinat de Norbert Zongo et ses compagnons, sans la moindre lumière et sans la moindre justice nous révolte », s’indigne Boureima Ouedraogo, porte-parole des manifestants.

mardi 13 décembre 2016

Début du jugement le 20 décembre du dossier de déstabilisation impliquant l'ex RSP

Le jugement du dossier de déstabilisation impliquant l’ex Régiment de sécurité présidentielle(RSP) s’ouvrira le 20 décembre prochain, a appris APA auprès des autorités judiciaires.
Une quarantaine de personnes sont impliqués dans cette affaire qui ouvrira la voie au jugement d’autres dossiers très attendus par la population.
Ce sont surtout ceux concernant le putsch de septembre 2015 impliquant les Généraux Gilbert Diendéré et Djibril Bassolé (avec 90 inculpés) et les morts de l’insurrection d’octobre 2014.
Devant l’impatience des populations, le tribunal militaire de Ouagadougou par la voix du Commandant Alioune Zanré, a tenu a rassuré sur l’évolution desdits dossiers.
Dans l’affaire Thomas Sankara, la justice militaire a indiqué que les résultats des tests d’ADN effectués par un laboratoire espagnol sont toujours attendus.
Dans ce dossier, l’ancien président Blaise Compaoré et quatorze personnes sont inculpées pour attentat, assassinat, recel de cadavre, complicité de ces infractions ou de faux en écriture publique ou authentique dans ce dossier.

lundi 5 décembre 2016

Deux milliards de F CFA de l'OIM pour freiner l'émigration au Burkina

L’Organisation internationale pour la migration (OIM) vient d’octroyer un financement de 2 milliards de F CFA en vue de lutter contre l’émigration au Burkina, a appris APA samedi, auprès du ministère des affaires étrangères.
Cet appui obtenu par le biais de l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS), vise à financer le Projet de renforcement de l’employabilité et de l’entreprenariat des jeunes pour réduire les risques de migration irrégulière dans la région du Centre-Est : Burkina Faso (JEM-Centre-Est)».
L’objectif de l’OIM, est de réduire le taux de migration irrégulière au Burkina Faso.
Ledit projet va concerner 750 jeunes dont 40 % de femmes sur une période de trois ans.
Le choix de la région du Centre-Est pour abriter le projet s’explique par le fait qu’elle a un taux élevé d’émigration, selon les statistiques.
79 % des migrants de retour volontaire de la Libye, en fin décembre 2015, sont originaires de cette région.
Aussi, le projet devrait favoriser la formation professionnelle, la création d’emploi et l’accompagnement des jeunes de la région du Centre-Est, y compris les couches vulnérables comme les femmes et les personnes vivant avec un handicap.

jeudi 1 décembre 2016

Burkina: un plan de 23,5 milliards d'euros, "insurrection contre la pauvreté" (Premier ministre)

Le Premier ministre,Paul Kaba Thiéba.
Le Burkina Faso, un des pays les moins développés de la planète, veut mener une "insurrection contre la pauvreté" grâce à un plan de développement de 23,5 milliards d'euros sur cinq ans, explique le Premier ministre de ce petit État sahélien.
"Nous sommes à une période charnière de notre histoire. C'est un programme de vérité, de rupture", affirme dans un entretien à l'AFP Paul Kaba Thiéba à propos de ce "Plan national de développement économique et social" (PNDES).
"Nous avons réussi l'insurrection populaire (qui a mis fin en 2014 à 27 ans de règne du président Blaise Compaoré). Nous avons résisté victorieusement à la tentative de coup d’État (menée par l'ex-garde prétorienne du président Compaoré en septembre 2015). Il reste une insurrection à gagner, c'est l'insurrection contre la pauvreté", poursuit-il.
Le PNDES, élaboré pour la période 2016-2020, soit la durée du mandat du président Roch Marc Christian Kaboré, élu en novembre 2015, vise à changer de façon "structurelle l'économie du pays pour asseoir son développement".
"L'ambition est de faire reculer la pauvreté, qui est de 40% aujourd'hui, à moins de 35% d'ici à l'horizon 2020 et de créer 50.000 emplois par an", dit M. Thiéba, dont le pays est classé 183e sur 188 à l'Indice de développement humain du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
- 'Enormes potentialités'
Sur les 15.400 milliards de francs CFA espérés, "64% soit environ 9.800 milliards de FCFA (15 milliards d'euros) du PNDES seront financés par des ressources propres", explique le Premier ministre, alors que le budget annuel du pays en 2016 était de 1.900 milliards (2,8 milliard d'euros).
A la tête d'une umportante délégation, le président burkinabè Roch March Christian Kaboré doit se rendre à une conférence sur le financement du PNDES réunissant les bailleurs de fonds les 7 et 8 décembre à Paris pour tenter de réunir les 5.600 milliards de FCFA (8,6 milliards) restants.
"Nous n'allons pas à Paris pour demander des chèques mais pour nouer un partenariat avec les amis du Burkina Faso. Nous allons à Paris avec une liste de projets structurants. Le gouvernement va aussi faire des réformes structurelles sur tous les secteurs de l'économie: élevage, agriculture, transports, énergie, éducation... Si vous prenez des chèques (...) et les réformes structurelles ne sont pas faites pour permettre de fructifier ces investissements, ça ne sert à rien".
Selon M. Thiéba, "ce n'est pas que ce pays n'a pas de potentialités mais il y a un déficit de productivité et de compétitivité".
"Nous avons d'énormes potentialités dans l'agriculture et l'élevage", même si "ces deux secteurs qui occupent 80% de la population active ne participent qu'à 30% dans la formation du Produit intérieur brut. Il y a des terres riches partout au Burkina Faso qui ne sont pas ou sont sous-exploitées... Les techniques de production que nous utilisons donnent de faibles rendements".
Il cite plusieurs exemples dont la production céréalière, qui tourne autour de 1,5 tonne à 2 tonnes à l'hectare, contre 10 à 12 tonnes dans d'autres pays.
- Ralentir la croissance démographique -
Autres axes de travail: le déficit énergétique, les transports, la formation et la démographie.
"Le taux de croissance démographique au Burkina est d'environ 3,1% par an. Avec une croissance économique moyenne de 6%, on peut difficilement réduire la pauvreté", relève M. Thieba. Le plan a donc aussi pour "ambition de ramener" la croissance démographique à 2,7%, grâce à l'éducation des jeunes filles et femmes et à la planification familiale.
M. Thiéba souligne aussi que le pays compte "157.000 fonctionnaires" pour 19 millions d'habitants, mais "qui absorbent près de 50% des ressources fiscales".
Pour M. Thiéba, le PNDES est une "rupture" avec le passé, car il "n'est pas un catalogue de projets où on construit des pôles de croissance par-ci et par-là en pensant qu'on fera le développement", mais un plan qui "s'attache aux racines des problèmes".
"Il faut que tous les Burkinabè comprennent que le financement du PNDES est une oeuvre patriotique", lance-t-il en appelant au civisme fiscal. "L'enjeu est d'avoir la maîtrise de notre destin. C'est nous qui devons faire l'effort pour relever notre pays".

mercredi 30 novembre 2016

Burkina: Le président Kaboré exhorte ses concitoyens au respect des lois du pays

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré.
Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a invité ses compatriotes à respecter les lois du pays.
«Si le citoyen a le droit de manifester et de revendiquer, il ne doit perdre de vue l’obligation qui lui est faite de respecter la loi et de contribuer à la préservation de la paix sociale», a relevé le chef de l’Etat burkinabè mardi, dans son discours de lancement de la 13e édition de la Semaine nationale de la citoyenneté (SENAC).
Pour le président Kaboré, la commémoration de la SENAC est un moment idéal pour les Burkinabè de sceller les liens qui les unissent.
Il a confié qu’au regard des urgences auxquelles le Burkina Faso doit faire face, la problématique de l’appropriation de la citoyenneté, dans son approche la plus complexe, a une place de de choix.
A entendre Roch Marc Christian Kaboré, la citoyenneté s’apparente davantage comme un mode de comportement qui exige du citoyen l’exercice de ses droits et l’observance de ses devoirs vis-à-vis de ses concitoyen et vis-à-vis de la nation à laquelle il appartient.
Et d’ajouter que «nous devons donc interpeller notre conscience et prendre la juste mesure de notre responsabilité à la promotion de la citoyenneté responsable en nous appropriant les valeurs fondamentales du civisme qu’inculque au sein de la cellule familiale, à l’école, dans les milieux professionnels et l’on emporte tout au long de la vie».
L’édition 2016 de la Semaine nationale de la citoyenneté (SENAC) se déroule du 28 novembre au 3 décembre prochain autour du thème: «Civisme et cohésion sociale au Burkina Faso, enjeux, défis et perspectives pour une meilleure préservation de la paix sociale».
Elle a pour objectif de sensibiliser les populations sur leurs droits et leurs devoirs. Toute chose qui devrait susciter auprès d'elles une prise de conscience de leurs rôles dans la promotion d'une citoyenneté responsable pour un développement économique et social.
De plus en plus, des actes d’incivisme sont constatés au Burkina Faso. Cela se manifeste par, entre autres, le non-respect des feux tricolore par les usagers de la circulation, le comportement irrespectueux des élèves dans les établissements scolaires.
Cet état de délabrement de la société a amené les autorités du pays à inviter les personnes ressources, les communautés coutumières et religieuses, les éducateurs et les parents à s'investir ensemble pour inverser la tendance. L’organisation de la SENAC s’inscrit dans cette dynamique.

mardi 29 novembre 2016

Burkina : liberté provisoire pour Luc Adolphe Tiao

Luc Adolphe Tiao, le dernier Premier ministre de l'ex-président burkinabè Blaise Compaoré.
Luc Adolphe Tiao, le dernier Premier ministre de l'ex-président burkinabè Blaise Compaoré, a bénéficie d'une liberté provisoire après plus de deux mois d'incarcération.
Luc Tiao a été particulièrement visé pour avoir signé une "réquisition spéciale complémentaire"
Luc Adolphe Tiao, 62 ans, avait été inculpé et incarcéré le 16 septembre quelques jours seulement après son retour volontaire d'un an et demi d'exil en Côte d'Ivoire.
Ce journaliste de formation devenu ambassadeur en France puis Premier ministre du gouvernement de Blaise Compaoré d'avril 2011 jusqu'à sa chute le 30 octobre 2014 a été inculpé d'"assassinat, de coups et blessures volontaires et de complicité de tous ces actes" par la Haute Cour de justice.
M. Tiao et l'ensemble des 33 membres de son gouvernement y compris le président Blaise Compaoré - qui occupait en plus de la présidence les fonctions de ministre de la Défense - ont tous été mis en accusation en juillet 2015 devant la Haute cour par le Conseil national de la transition (CNT), l'assemblée intérimaire mise en place après la chute du régime de Blaise Compaoré, au pouvoir pendant 27 ans.

lundi 31 octobre 2016

Burkina Faso: un boulevard rebaptisé en souvenir de l’insurrection populaire

Il y a deux ans, le 31 octobre 2014, le président Blaise Compaoré était chassé du pouvoir à la suite d'une insurrection populaire. Dans la cadre de la commémoration de ce deuxième anniversaire, les autorités burkinabè ont rebaptisé le boulevard France-Afrique menant au quartier huppé de Ouaga 2000, en boulevard de l'Insurrection populaire. La cérémonie a eu lieu ce dimanche 30 octobre. Reportage.
Avec notre envoyée spéciale à Ouagadougou, Carine Frenk
« Il est affecté à la voirie urbaine précédemment identifié sous le nom boulevard France-Afrique le nom boulevard de l’Insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014. » Puis le ministre la Sécurité intérieure Simon Compaoré, dévoile la plaque du boulevard. « C’est un boulevard sur lequel des événements extrêmement importants pour la ville et la nation se sont déroulés », déclare le ministre, ajoutant : « Sur ce boulevard, des jeunes, des femmes ont défoncé les barrières et ont fait reculer ceux qui pensaient que la citadelle était leur Jéricho. Les murs de Jéricho sont tombés. »
Juste à côté, une petite place publique devient la place de la Résistance populaire au putsch du 16 septembre. « Le palais présidentiel est là, indique Honoré Savadogo, président de l'association des blessés du coup d'Etat de 2015. Tous ceux qui ont participé activement à la lutte sont passés ici. Quatre de nos camarades sont tombés quelque part ici. On a tiré sur moi ici. On espère que le sacrifice suprême pour lequel ces gens sont tombés pour la nation ne sera pas vain. »

mardi 25 octobre 2016

La question sécuritaire monopolise la Une des quotidiens burkinabè

Les quotidiens burkinabè ont largement commenté, ce lundi, la question sécuritaire, marquée par l’abattage d’un présumé terroristes, dans la nuit de samedi à dimanche à Ouagadougou.
«Kilwin (quartier au Nord-ouest de Ouagadougou): 1 présumé terroriste abattu, 3 autres en fuite, des suspects arrêtés», arbore L’Observateur Paalga, le doyen des quotidiens privés burkinabè.
Selon ce journal, dans la nuit du 22 au 23 octobre 2016, des coups de feu réveillent des habitants de Kilwin, dans le secteur 15 de Ouagadougou.
«Après cette nuit agitée, ils (les habitants) découvrent aux premières heures du matin, le corps sans vie d’un homme allongé dans une ruelle et surtout un quartier fortement quadrillé par les forces de l’ordre», relate L’Observateur Paalga.
Le quotidien précise que de l’avis du ministre en charge de la Sécurité intérieure, Simon Compaoré, il s’agit du corps d’un présumé recruteur de djihadistes resté sur le carreau après une traque menée par la police.
Pour sa part, le quotidien national Sidwaya affiche: «Lutte contre le terrorisme: Un recruteur de djihadistes abattu, des complices recherchés».
Pendant ce temps, le journal Le Quotidien mentionne que l’individu abattu portait des explosifs.
De son côté, Aujourd’hui au Faso, un autre journal privé, évoque le sujet dans son éditorial du jour en posant cette question: «Présumés recruteurs de terroristes à Ouaga: Qui en veut tant au Burkina ?».
En effet, selon le confrère, après Intangom et Nazinon, les évènements de Kilwin viennent en rajouter à la psychose qui gagne les Burkinabè.
«Paranoïaque ou pas, contextualisation ou pas, ce nouveau pathos du week-end, vient rallonger la liste des répétitives tentatives de déstabilisation du Burkina Faso», souligne le commentateur. Et d’écrire que «le Burkina Faso est en guerre contre l’érosion de sa crédibilité».
Dans la même logique, L’Express du Faso, quotidien imprimé à Bobo-Dioulasso (2e ville) présente cette Une: «Les terroristes sont dans la cité».

vendredi 21 octobre 2016

Burkina Faso: qui a mis sur écoute Djibril Bassolé?

L’ancien ministre Djibril Bassolé.
Le juge d’instruction militaire burkinabé, François Yaméogo, chargé de l’enquête sur la tentative de coup d’État de septembre 2015, a adopté le 23 septembre une ordonnance demandant à Hermann Künzel, expert allemand en investigations acoustiques, officiant notamment auprès de la CPI, d’analyser les enregistrements téléphoniques mettant en cause l’ancien ministre Djibril Bassolé. Sont-ils authentiques ? Une étape primordiale dans l'affaire des écoutes qui mêlent Djibril Bassolé et l'actuel président de l'Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro. Mais d'où proviennent ces écoutes? Qui les a réalisées ? Deux pistes semblent définitivement à écarter: les Burkinabés eux-mêmes et l'ambassade de France à Ouagadougou.
Plusieurs éléments forcent à s'interroger sur une implication de l'ambassadeur américain au Burkina, Tulibano Mushingi. Le juge Yaméogo du tribunal militaire a délivré une ordonnance aux fins d’authentification des conversations téléphoniques et l'expert allemand Hermann Künzel a 21 jours pour rendre son rapport, donc d'ici fin octobre, et qui peut-être confirmera le travail effectué par l'expert français mandaté par la défense de Djibril Bassolé.

mercredi 19 octobre 2016

Un fonds d’appui de 700 millions F CFA pour la presse privée

Le ministre en charge de la communication, Rémis Fulgance Dandjinou.
Le ministre en charge de la communication, Rémis Fulgance Dandjinou, a procédé, le mardi 18 octobre 2016 à Ouagadougou, au lancement officiel du Fonds d’appui à la presse privée et à l’installation de son directeur général.
La presse privée a désormais un mécanisme de financement dénommé Fonds d’appui à la presse privée (FAPP) dont le montant s’élève à 700 millions FCFA. La cérémonie de lancement officiel dudit fonds est intervenue, le mardi 18 octobre 2016 à Ouagadougou. Elle a été présidée par le ministre en charge de la communication, Rémis Fulgance Dandjinou. Selon lui, la création de cet appui à la presse privée est l’aboutissement d’un long processus de plaidoyer et de concertations entre le département en charge de la communication et les organisations professionnelles des médias. « Cet outil de développement de la presse privée, permet de mieux structurer l’appui de l’Etat au développement des entreprises de presse privée et de leur assurer des conditions favorables à leur mission de service public », a-t-il souligné. Pour le directeur général du FAPP, Palm Bê, sa structure va bénéficier de cette aide jusqu’à ce qu’elle arrive à mettre un mécanisme de financement propre en place. Ce fonds, a-t-il renchéri, devra consolider cet appui de l’Etat. Le premier responsable du FAPP a promis de rencontrer les jours à venir les acteurs du monde des médias « l’information est un bien économique et non de rivalité. Il convient donc de chercher des financements auprès de certains de ces acteurs qui soutiennent la démocratie et la liberté de presse », a-t-il justifié. Le président de la Société des éditeurs de presse privée (SEP), Boureima Ouédraogo a, quant à lui, indiqué. « Le fonds d’appui doit permettre d’avoir des ressources plus substantielles pour financer les projets de développement des médias sérieux ».

mardi 18 octobre 2016

Le nord du Burkina Faso de nouveau frappé par une attaque contre un poste militaire

La scène a un air de déjà-vu. Le 31 mai, trois policiers avaient été tués dans l’attaque, non revendiquée, du poste de police d’Intangom. Mercredi 12 octobre, ce village sahélien situé à 5 km du Mali et à 20 km du Niger a de nouveau été frappé. Vers 5 heures du matin, un groupe composé d’au moins six individus « non identifiés et lourdement armés » a pris d’assaut le détachement militaire d’Intangom. Quatre militaires et deux civils ont été tués. Depuis l’attaque du 31 mai, un renfort de l’armée composé d’une vingtaine d’hommes avait été dépêché à Intangom. Mais l’envoi de cette force supplémentaire n’a rien empêché.
Si, lors des cinq autres attaques menées dans le nord du Burkina Faso en un an, les assaillants avaient tiré avant de prendre la fuite, l’affrontement a cette fois-ci été plus long. Plusieurs sources locales ont déclaré que des tirs résonnaient encore vers 8 heures du matin. Selon nos informations, les attaquants auraient commencé par lancer une roquette sur le poste pour contraindre les hommes au repos à sortir précipitamment. A découvert et non vêtus de leur tenue complète de combat, les militaires auraient alors essuyé des tirs, entraînant la mort de trois d’entre eux.
Dans la débandade, plusieurs hommes prennent alors la fuite. L’un d’entre eux est officiellement porté disparu. Son corps sera retrouvé « en état de putréfaction dans les environs d’Intangom » trois jours plus tard, précise une source militaire.

lundi 17 octobre 2016

Burkina inaugure sa première usine de lampes solaires

Différents modèles de lampes solaires qui se présentent comme des lampes tempête à pétrole, à l’usine de Dedougou le 13 octobre 2016
Le Burkina Faso a inauguré cette semaine une usine de lampes solaires avec l'ambition de transformer une ressource naturelle dont il jouit en abondance, les rayons du soleil, en électricité, une énergie qui lui fait cruellement défaut.
Présentées par ses promoteurs comme "la toute première de fabrication de lampes solaires à l'échelle industrielle à s'installer sur le continent africain", l'usine a ouvert jeudi à Dédougou, à quelques 265 kilomètres à l'ouest de la capitale Ouagadougou.
"Aujourd'hui c'est le début d'une grande aventure qui est celle de mettre à la disposition des millions d'habitants du Burkina Faso qui n'ont que le soleil comme éclairage des lampes solaires efficaces, abordables et durables", s'est réjoui un des initiateurs du projet, le Français Arnaud Chabanne, lors de la cérémonie d'ouverture.
Pays pauvre enclavé d'Afrique de l'Ouest, le Burkina Faso a le coût de kilowatt/heure le plus cher d'Afrique. L'électricité est une denrée rare, accessible à seulement 19% des 19 millions d'habitants.
En zone rurale, seule 3% de la population a le courant contre 59% en milieu urbain où les coupures sont toutefois fréquentes. Le pays produit 60% d'énergie thermique et 8% d'hydroélectricité, le reste étant importé de la Côte d'Ivoire et du Ghana voisins.
Les autorités burkinabè ont fait le pari du développement des énergies renouvelables et surtout du solaire pour sortir de cette carence énergétique. Le pays a lancé mi-juin la construction d’une centrale solaire de 33 mégawatts, "la plus grande du Sahel", selon Ouagadougou.
Le marché des lampes solaires est donc porteur dans un pays où le soleil brille, voire brûle, 365 jours par an. L'usine Lagazel, qui emploie une vingtaine de cadres et d'ouvriers burkinabè, va produire chaque semaine 1.500 lampes solaires et compte en sortir d'ici à 2020 un million.
- Remplacer les lampes à pétrole -
Installée sur une dizaine d'hectares, la start-up lancée par deux jeunes français Arnaud et Maxence Chabanne est adossée à une entreprise familiale spécialisée dans la transformation de métaux basée à Saint-Galmier, près de Saint-Etienne, dans le centre de la France.
L'entreprise fournit les matières premières (carte électronique, pièces métalliques, caoutchouc) à Lagazel pour la fabrication à Dédougou des lampes solaires certifiées dans le cadre du programme "Lighting Africa" (Eclairer l'Afrique) de la Banque mondiale.
Les lampes solaires sont appelées à remplacer les lampes à pétrole, utilisées par des millions de Burkinabè privés de courant.
"Outre la pollution, les lampes à pétrole ont souvent des conséquences sur les capacités visuelles de certains enfants et j'avais à coeur de développer un moyen d'éclairage écologique et surtout accessible à tous", estime Arnaud Chabanne, principal gérant de l'entreprise.
"Ce genre de projet constitue pour la France le meilleur moyen d'être aux côtés des pays africains pour construire le développement", s'est félicité le nouvel ambassadeur de France au Burkina Faso, Xavier Lapayre de Cabannes, qui effectuait sa première sortie à l'intérieur du pays.
"Ces lampes solaires permettent de faire en sorte que la lune ne soit plus seulement le seul moyen d'éclairage", a-t-il ajouté.
"Pour le moment, nous fabriquons des lampes solaires de petite taille. Mais on est en train de développer au sein de notre bureau d'études d'autres modèles plus gros qui permettront d'éclairer deux ou trois pièces d'une maison en même temps, de recharger plusieurs mobiles ou des ordinateurs", explique Maxence Chabanne.
"Ces nouveautés vont sortir en 2017 et 2018", ajoute-t-il.
Les six milliers de lampes solaires sortant de Lagazel chaque mois sont vendues entre 13 et 22.000 francs CFA (20 et 33 euros).
L'Onu a déjà passé commande de 7.500 lampes pour les réfugiés maliens installés dans le Nord du Burkina Faso.
Lagazel assure ne pas avoir peur de la concurrence des produits solaires venant d'Asie notamment de Chine qu'on trouve par milliers sur les marchés africains.
"On n'est pas concurrent direct. Les petites chinoiseries ne sont pas suffisamment performantes et ne sont pas durables et de moindre qualité. On a un produit qui est compétitif en terme de prix", promet Maxence Chabanne.
"Nos lampes sont certifiées par la Banque mondiale, donc ce sont des lampes de haute qualité qui répondent à des standards de fabrication très élevés", assure-t-il.
Le projet intéresse déjà d'autres pays africains confrontés aux mêmes problèmes d'électrification. Le Bénin, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, le Niger, le Sénégal ou le Mali sont des pays partenaires où Lagazel envisage ouvrir de nouvelles usines dans les prochaines années.

vendredi 14 octobre 2016

Burkina Faso: les parlementaires épinglent la gestion des terres sous Compaoré

Après trois mois d'enquête, les députés de la commission parlementaire sur le foncier publient un rapport sur les pratiques de gestion des terres sous le régime de Blaise Compaoré. Il révèle que des sociétés immobilières avaient occupé illégalement des terrains et les revendaient à prix d'or à des particuliers, sans reverser de taxes à l'Etat.
Le rapport de la commission d'enquête parlementaire sur le foncier urbain ne fait aucune concession. Les députés dénoncent une gestion « scandaleuse » de la terre sous le régime de Blaise Compaoré. « Comment un maire peut-il posséder 500 parcelles », s'exclame un député.
Ainsi, des promoteurs immobiliers ont occupé « des sites appartenant à l'Etat de manière irrégulière ». C'est le cas de trois sociétés immobilières appartenant à Alizeta Ouedraogo, la belle mère du petit frère du président Compaoré. Au total, environ 10 000 parcelles ont ainsi été occupées illégalement dans le quartier chic de Ouaga 2 000 et revendues prix d'or à des particuliers.

jeudi 13 octobre 2016

Affaire Thomas Sankara : seize personnes poursuivies et une centaine d’auditions réalisées

Me Bénéwendé Sankara, avocat principal de la famille dans le dossier de l’assassinat de Thomas Sankara en 1985.
Me Bénéwendé Sankara, avocat principal de la famille dans le dossier de l’assassinat de Thomas Sankara en 1985, a délivré une conférence de presse à Ouagadougou mercredi. Selon lui, le juge d'instruction en charge de l’affaire, ouverte en janvier 2015, a inculpé seize personnes et auditionné une centaine de témoins en 22 mois dont des acteurs politiques.
Selon Me Bénéwendé Sankara, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse, mercredi 12 octobre, le dossier judiciaire relatif à l’assassinat de Thomas Sankara « avance lentement mais sûrement. (…) Le monde entier et particulièrement par la jeunesse africaine », attend le procès, ajoute l’avocat, qui estime cependant que le temps importe peu. « L’essentiel, c’est la manifestation de la vérité, tôt ou tard », dit-il.
À ce jour, selon lui, seize personnes sont visées par des poursuites dans le dossier. Le juge d’instruction a notamment inculpé le général Gilbert Diendéré, Gabriel Tamini (journaliste et conseiller spécial de l’ancien président Blaise Compaoré), Christophe Diébré (colonel, signataire de l’acte de décès de Thomas Sankara avec la mention « mort naturelle »).

lundi 10 octobre 2016

Burkina Faso : Que l’on ne se trompe pas de combat !

On croirait d’entrée de jeu, que se plaindre d’un pouvoir qui n’a même pas un an d’exercice, c’est tomber dans le piège de « l’oppositionisme ». Nous sommes de ceux qui se sont toujours refusés de juger l’action d’un gouvernement à peine installé. Mais nous croyons que si l’inertie manifeste dont fait preuve cette équipe gouvernementale n’aurait pu nous émouvoir outre mesure, son agitation à l’étranger, signe d’un amateurisme notoire, oblige une sortie du citoyen que nous sommes.
Comme si parce que l’on est journaliste, il faut communiquer à tout bout de champ, même avec le faux et le ridicule. La diplomatie burkinabé fait écrire sciemment à « Jeune Afrique » ceci : « Kaboré invité par le Pape François pour parler de son pays, exemple de tolérance religieuse ». On sait que selon les principes de la diplomatie vaticane, le Pape n’invite jamais. Et tous les chefs d’État qui vont et viennent au Vatican introduisent d’eux-mêmes la demande, mais pas de l’initiative du Saint-Siège. Mais là n’est même pas le problème.
Que veut-on nous faire croire, monsieur le Premier Ministre ? Que le Président Kaboré n’est pas sensible aux plaintes persistantes et parfois justifiées de ses compatriotes quant à l’inertie du gouvernement, ou qu’il n’en est même pas au courant ? Que la recherche de solutions idoines à toutes ces récriminations ne l’empêche pas de dormir pour qu’il fasse du dialogue religieux la marque déposée du Burkina ? La coexistence religieuse pacifique est-elle en passe d’être l’image de marque que nous voulons vendre à l’international ? Nous voudrions savoir ce que cela rapporterait à un pays dont le véritable problème repose sur la précarité de son tissu économique. Peut-être attirer les investisseurs ; mais qu’a-t-on vu depuis lors ?
Au demeurant, nous pensons que le gouvernement Thiéba devait avoir une double lecture de ce rapport de « International crisis group » sur le Burkina de l’ère Kaboré, du point de vue de son mobile et de ses conclusions. Cela vaut également pour l’action de ces groupes dits ONG internationales de défense des droits de l’homme. De mémoire d’homme, nous n’avons jamais entendu ou enregistré une plainte fondée sur la religion au sujet d’une quelconque exclusion. Cette ONG a servi de tribune à une telle fin. Attendons de voir si elle ne va pas entretenir et attiser une haine sur cette fibre. Si l’autocratie de Blaise, la gabegie des dirigeants de la transition, l’idiotie du coup d’État maté (et non manqué), n’ont pas pu mettre à terre le Burkina, nous craignons fort que le débat religieux n’y parvienne. Ne banalisons pas ce fait car, ailleurs c’est ainsi que l’on a entretenu les mobiles de guerre.
Si c’est dans ce sens que le gouvernement agit à l’international, il devra fournir plus d’efforts pour convaincre que la solution se trouve à l’international et pire au Vatican, si l’on en croit les conclusions dudit rapport. Mais puisque les écritures saintes nous enseignent que « Dieu écrit droit sur des lignes courbes » espérons que le Vatican saura en faire autant : parler de la grogne sociale au lieu d’une quelconque exemplarité supposée.
S’il y a encore un chef de gouvernement, nous pensons qu’il lui faut écouter les populations. Ces plaintes ne sont pas des jérémiades, prêtez y attention et vous verrez que l’on peut bel et bien structurer une action gouvernementale autour de celles-ci. Nous vous paraitrons sévère, loin s’en faut, le réalisme nous y oblige. Dans la situation actuelle du pays, toute action gouvernementale devrait comporter une puissance de soulagement des peines des populations, mais il nous semble que ce n’est pas le cas. Nous en voulons pour preuve les multiples tournées du ministre de l’agriculture dans les champs choisis de quelques rarissimes entrepreneurs agricoles, celles du premier ministre pour expliquer le Plan national de développement économique et social (PNDES) dans toutes les régions alors qu’il existe des Directeurs régionaux de l’économie et de la planification (DREP) qui ont été associés sur toute la ligne, au processus d’élaboration du PNDES.
Au rang de ces sorties de prestige, souffrez que l’on classe le voyage du Chef de l’État au Vatican, quoique pouvant être justifiée au regard des réalisations de l’Église Catholique au Burkina. Mais ce déplacement pourrait être vidé de son sens par le tapage médiatique maladroit du chef de la diplomatie. Blaise et son équipe n’en faisaient-ils pas autant !
Monsieur le Premier ministre, n’allez pas méprendre les plaintes des populations ; elles sont simples et têtues. Ce sont les cris de ces travailleurs qui demandent à juste titre de meilleures conditions de vie et de travail. Ce sont ceux des populations périurbaines et rurales qui manquent cruellement de service d’hygiène, d’assainissement et d’eau potable. Ce sont ces mères dont les nouveau-nés meurent du paludisme, de ces femmes enceintes incertaines de s’en sortir la vie sauve, de ces élèves qui en cette rentrée scolaire devront se contenter de paillottes comme salles de classes. Ce sont des burkinabé de l’étranger qui ne bénéficient d’aucune mesure d’accompagnement pour assurer leur part de combat en étant dehors ; bref, ne sont-ce pas des causes légitimes ?
Voulez-vous un exemple de sortie bénéfique pour les burkinabè, voyez la dernière sortie de la première dame à Addis Abeba, elle a ramené un pactole de 4 milliards pour lutter contre les mutilations génitales féminines. « C’est du concret » (comme on le dit chez nous).
Ceux qui verraient en cet article de « l’oppositionisme » rétorqueraient que tous ces cris sont bien antérieurs au pouvoir en place. Il nous semble que c’est vrai ; mais il est vrai également que c’est pour mettre fin à cela que le peuple (entendre par « peuple » ceux sur qui s’est exercé le pouvoir pendant ces décennies (Michel Onfray)) s’est insurgé. C’est dans l’espoir d’un jour nouveau qu’il est parti aux urnes et en attendant de s’aviser à la prochaine présidentielle, ce peuple a espéré voir en vous, celui qui lui fera voir les signes du changement. Oui le peuple mesure le prix à payer pour qu’advienne ce changement, il voudrait juste d’un guide, d’un maitre d’orchestre.
Le premier ministre est en principe le maitre d’orchestre ; qu’il le soit pleinement. Ainsi on éviterait la persistance de fausses notes ou la cacophonie quelquefois indiscrète au sommet de l’État et surtout la quasi absence de l’effet de l’action gouvernementale.
Célestin Badolo, activiste de la démocratie et des droits de l’homme
 

vendredi 7 octobre 2016

Burkina : Onatel à nouveau épinglé

Perturbée ces dernières semaines par un mouvement social, la filiale de Maroc Télécom doit à nouveau subir les foudres du régulateur. C’est un nouveau coup dur pour l’Office national des télécommunications (Onatel), la filiale burkinabè de Maroc Télécom dirigée depuis 2013 par Sidi Mohamed Naimi.
Dans une décision du mercredi 05 octobre, signée par son président Tontama Charles Millogo, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes du Burkina (Arcep) a infligé à Onatel une amende record de 5 milliards de F CFA (7,62 millions d’euros), en raison de « manquements au cahier de charges ».
Cette lourde sanction représente environ 20 % du bénéfice réalisé l’an dernier par Onatel et près de 45 % de l’impôt sur le revenu acquitté l’an dernier.

jeudi 25 août 2016

Promesse du Président Kaboré aux sinistrés de Polesgo : Les vivres sont là, mais la distribution pose problème

Lors de sa visite sur le site d’accueil des sinistrés de Polesgo, le dimanche 15 août 2016, le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, avait promis des vivres et des points d’eaux. Dans la soirée du 23 août, nous y avons fait un tour pour constater l’effectivité ou non de cette promesse d’aide.


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Promesse du Président Kaboré aux sinistrés de Polesgo : Les vivres sont là, mais la distribution pose problème Quelques jours après sa visite aux 596 sinistrés logés à l’école satellite de Polesgo, la promesse du président a connu un début d’exécution. Cela au grand bonheur de ces rescapés des pluies diluviennes du mois de juillet 2016.
Les vivres en attendant l’eau
Constat fait sur le terrain, les choses bougent selon les sinistrés. En effet, trois jours après la visite du Président Roch, le génie militaire est venu sonder le sol pour déterminer les zones propices à l’implantation des points d’eaux. Même si à ce jour aucun point d’eau n’est implanté, les sinistrés ont foi en la réalisation de ces ouvrages. Ce qui réduirait les distances à parcourir pour se ravitailler. Surtout que la pompe d’eau de l’école de leur site d’accueil n’est pas fonctionnelle.
Chose promise, chose due. Une semaine à peine, après la visite présidentielle, le ministre d’Etat, ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité intérieure, Simon Compaoré, est venu les mains chargées de vivres. Ce dimanche 21 août, les sinistrés de Polesgo ont reçu 4 tonnes de riz, 6 tonnes de maïs, 10 sacs de farine de maïs de 25 kg chacun et 5 bidons d’huile de 20 litres chacun. Ce don du Président du Faso constitue un soulagement pour plus d’un.
Des vivres qui créent plus de problème qu’il n’en faut
Ce sont des vivres bien stockés et bien gardés, dans une des salles de classe par les bénéficiaires eux-mêmes, que nous avons trouvés à notre arrivée sur les lieux. Pourquoi ces vivres ne sont pas encore distribués alors que, semble-t-il, le besoin était pressant ? À cette question, les gardiens des lieux nous expliquent qu’il y a un problème crucial. Donc pas de distribution avant la résolution de cette crise.
Longuement, ils nous expliquent qu’une certaine frange de la population de Polesgo, incitée par un fils de la localité dont nous préférons taire le nom, demande une reprise du recensement des sinistrés. Pour les frondeurs, le recensement n’aurait pas été bien fait car des non sinistrés ont été enregistrés alors qu’eux, les vrais sinistrés, non pas été pris en compte. Ils accusent certains d’avoir toujours leur habitat en état et de se déclarer sinistrés tout de même.
Les locataires des lieux réfutent ces accusations. Selon les sinistrés, gardiens des vivres, ces velléités des frondeurs ont débuté la veille de la visite du Président du Faso. Ceux- ci expliquent que deux fois de suite, l’action sociale a procédé à la distribution des vivres mais il n’y a jamais eu de problème. Mais comme le Président est venu et que la quantité de vivres est importante, certains veulent en profiter, alors qu’ils ne sont pas sinistrés. Pire encore, le recensement a été fait devant tout le monde sans qu’aucune de ces personnes qui jouent les troubles fêtes ne se soit inscrite.
Joint au téléphone, le Président de la délégation spéciale (PDS) de l’arrondissement 4, Pierre Zoubga, affirme qu’il rencontre effectivement des difficultés pour la distribution de ces vivres. Pour le PDS, certains disent que des non sinistrés ont été recensés tandis que les vrais sinistrés pas.
Une rencontre pour trouver une solution est prévue le mercredi 24 août 2016, à 9 heures sur le site d’accueil des sinistrés.
Marcus Kouaman
Lefaso.net

mardi 23 août 2016

Crise au PAREN : Carlos Toé maintient le silence, en

 ; car il aurait été prévu qu’à mi-parcours, Bado cède son fauteuil de député à son suppléant.
Si Laurent Bado que nous avons contacté dans l’après-midi de ce 22 août 2016 dément catégoriquement l’existence d’une telle disposition, Carlos Toé refuse de se prononcer également sur cette question avant la session annoncée du bureau politique du PAREN.
Qui est ce fameux « Carlos » ?
Depuis l’éclatement de ce qu’il faut bien appeler crise au sein du PAREN, les internautes n’ont pas cessé de s’interroger sur l’identité de ce « Carlos » dont Bado semble ne même pas connaître le nom de famille.
Dans son CV que nous avons obtenu après moult négociations, on relève ainsi que Carlos Toé a été militant de base de la cellule estudiantine du PAREN dès 2001 ; cellule qu’il présidera de 2004 à 2007, en étant au cours de la même période, membre du Bureau Politique National, du Secrétariat Exécutif National et du Comité Central du Parti, et aussi membre de la commission de réflexion pour les présidentielles de 2005.
Depuis 2001, Carlos Toé a ainsi régulièrement occupé plusieurs postes dans les instances du PAREN. En octobre 2005, il a été le Représentant du Candidat Laurent Bado aux négociations sur le protocole d’accord du Code de bonne conduite des Candidats aux présidentielles 2005. En juillet 2010, il a participé au 1er Congrès Extraordinaire du PAREN, en tant que président de l’atelier du thème sur le « fonctionnement interne, relecture des textes fondamentaux » ; il sera élu Secrétaire chargé des affaires politiques, porte-parole du parti à la sortie de ce congrès. En août 2012, il a été président du IIème Congrès Ordinaire du Parti, réélu Secrétaire chargé des affaires politiques, porte-parole du parti. Entre novembre 2013 et janvier 2014, il sera président de la Commission Nationale d’organisation du IIème Congrès Ordinaire, réélu Secrétaire chargé des affaires politiques, porte-parole du parti.
En mars 2014, il a été désigné directeur National de la Campagne du Candidat Tahirou BARRY pour la présidentielle de 2015. Et sous la Transition, Carlos Toé avait activement participés aux négociations sur la charte, au titre du PAREN.
Actuellement doctorant en science politique à l’université Ouaga II où il est titulaire d’un DEA dans la même spécialité, Carlos Toé avait soutenu auparavant une maîtrise de sociologie à l’université Ouaga I. Son thème de mémoire de maîtrise portait sur ...« les conflits internes aux partis politiques sous la 4ème République burkinabè ». Voilà qui devrait lui donner de la matière les jours à venir !
Oumar L. OUEDRAOGO et Cyriaque PARE
Lefaso.net

lundi 22 août 2016

Projet de passage à la Vème République : Juridiquement correct mais inopportun

Depuis l’arrêt de la Cour suprême des Etats Unis dans l’affaire Marbury Vs Madison, l’on sait que « la Constitution est la Loi suprême du pays » . Au sens matériel, la constitution est l’ensemble des règles relatives à l’organisation, au fonctionnement des institutions, à la dévolution du pouvoir politique ainsi qu’aux libertés des citoyens ; et Francis DELPERE de dire qu’elle « est la règle juridique originaire qu’une ou plusieurs sociétés politiques qui entendent fonder un Etat se sont données en vue d e permettre la réalisation efficace du bien public »


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Projet de passage à la Vème République : Juridiquement correct mais inopportunEn 1991, alors que certains pays hésitaient encore à se lancer dans cette entreprise de construction démocratique, « le Burkina Faso a pris le parti du réalisme » en entamant un processus constitutionnel qui dotera le pays d’une nouvelle Constitution le 02 juin de la même année. Cette Constitution a connu neuf modifications à la date d’aujourd’hui . Malgré ses insuffisances, elle est la norme suprême de notre pays depuis plus d’un quart de siècle.
Cette Constitution longtemps considérée comme la « constitution de Blaise Compaoré » est aujourd’hui remise en cause. L’idée d’un passage à une Vème République exprimée peu avant les évènements des 30 et 31 octobre 2014 s’est développée sous la transition et a surtout été une promesse de campagne du Président nouvellement élu du Burkina Faso à la faveur des élections du 29 novembre 2015. Cette idée a pris forme depuis la mise en place de la commission constitutionnelle devant proposer un avant-projet de constitution aux burkinabè dans un délai de deux mois.
Alors que la commission constitutionnelle peine à se réunir, des voix s’élèvent pour s’ériger contre ce projet de passage à une Vème République. Dans une interview accordée au journal le pays, l’éminent Professeur Augustin Loada soutient que ce projet est anticonstitutionnel, la Constitution actuelle n’ayant pas prévu un mécanisme pour son propre changement . Sans aucune intention de contrarier notre Maître en droit, pour qui nous avons de la déférence, nous aimerions par cette réflexion livrer notre humble avis sur la question. Il s’agira pour nous de nous interroger sur la légalité de ce projet de passage à une Vème République.
De notre point de vue, si l’opportunité d’un tel projet est discutable (II), passer à une Vème République n’est pas contraire à la Constitution (I).
I. La légalité du passage à une Vème République
Aux termes de l’article 28 de la déclaration des droits de 1793, « un peuple a toujours le droit revoir, de réformer et de changer sa Constitution. Une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures » . Cette disposition, même si elle ne figure pas dans la Constitution burkinabè de 1991, met en évidence le principe sacro-saint de la souveraineté du peuple. Le préambule de la constitution commence par l’emblématique formule, « Nous, peuple souverain du Burkina Faso,… », ceci pour affirmer que le peuple est l’alpha et l’oméga de la Constitution qui a été adoptée. La souveraineté du peuple est le fondement de tout l’ordre juridique burkinabè, la Constitution y compris. La Constitution existe parce que le peuple l’a voulue et par la volonté de ce même peuple elle peut être changée. N’est-ce pas d’ailleurs sur la base de cette considération que la Charte de la transition a été adoptée, en complément de la Constitution du 02 juin 1991, sans qu’il ne soit posé un problème de constitutionnalité alors qu’elle n’a aucun fondement légal ou constitutionnel ? Passer à une Vème République ne pose donc pas de problème de légalité.
Il est vrai que la Constitution ne consacre pas une disposition expresse à son propre changement mais cela relève d’une logique qui se résume dans ces propos de Jean-François AUBERT : « est-il normal qu’une Constitution indique les règles de sa propre suppression ? Ceux qui font une Constitution la trouvent probablement bonne ; ils peuvent sans doute penser qu’elle est perfectible, mais il est peu naturel qu’ils la déclarent d’emblée destructible » . Le peuple souverain jugera par la suite de la nécessité ou non de changer cette constitution pour l’adapter à ses convictions.
Habituellement, l’on adopte une nouvelle constitution dans le cas d’un vide constitutionnel. Mais comme le précise les Professeurs Loada et Ibriga, « l’élaboration d’une nouvelle Constitution peut se justifier aussi par la volonté de rupture totale avec un passé marqué par un régime constitutionnel jugé illégitime » . Le régime de Blaise Compaoré ayant été désavoué les 30 et 31 octobre 2014, ce projet de passage à une Vème République peut se justifier, la Constitution du 02 juin 1991 étant considérée comme un instrument du régime de Compaoré.
D’ailleurs, et cela est subsidiaire, nous ne pensons pas que la Constitution du 02 juin 1991 interdit formellement son changement. Le titre XV de la Constitution n’interdit pas une révision intégrale de la Constitution. Il impose juste que toute révision ne remette pas en cause la nature et la forme républicaine de l’Etat, le système multipartiste, l’intégrité du territoire nationale, le principe de la limitation à deux des mandats présidentiels et qu’elle ne porte pas atteinte à l’intégrité du territoire. Il faudrait aussi suivre la procédure qu’il indique. Il serait arbitraire de penser que la révision dont il s’agit dans le titre XV de la Constitution actuelle ne concerne que les révisions partielles.
Dans tous les cas, le peuple souverain qui a fait adopter une charte de transition sans aucune règle juridique préalablement établie peut décider de passer à une Vème République en l’absence de toute règle permettant cela. Il suffira juste de lui poser la question ! Cela dit, le passage à une Vème République en l’état est de notre avis inopportun.
II. L’inopportunité de passage à une Vème République
Cela est un secret de polichinelle que la Constitution du 02 juin 1991 comporte des insuffisances qu’il convient de corriger. Beaucoup d’acteurs de la société burkinabè s’étaient prononcés en faveur d’un passage à une Vème République avant et sous la transition. Cette période était considérée comme une situation de neutralité et d’indéterminisme institutionnel, aucun parti politique ne pouvant parier sur sa victoire aux prochaines élections. La résignation de beaucoup de gens quant à ce projet peut se justifier par plusieurs raisons mais nous en retiendrons deux.
La première raison est qu’un processus d’adoption d’une Constitution à cette étape où un nouveau pouvoir est installé ne sera qu’une mise en scène pour plébisciter la volonté des nouvelles autorités. Le référendum qui sera organisé ne sera qu’un embarquement du peuple dans une aventure où il sera mis en filigrane d’un processus constitutionnel où il fera de la figuration en lieu et place d’en être l’acteur principal comme le voudrait la pure logique démocratique . Cela avait été reproché au régime du Front populaire que l’on a accusé d’avoir taillé la Constitution du 02 juin 1991 comme « un pantalon à la taille de Blaise Compaoré ». Il faudrait éviter à la nouvelle Constitution, les tares de son prédécesseur. Les contestations de l’opposition par rapport à la mise en place de la commission constitutionnelle témoignent de la difficulté d’adopter une Constitution consensuelle. « On n’écrit pas une Constitution pour soi (…) elle doit être impersonnelle » , or tout porte à croire que la nouvelle Constitution a des risques d’être taillée à la mesure des autorités actuelles. L’on peut douter de la neutralité de la commission constitutionnelle dont les membres sont nommés par le Président du Faso .
La deuxième raison est que l’élaboration d’une nouvelle Constitution est loin d’être l’urgence dans ce Burkina Faso post-insurrectionnelle. D’une part, la situation socio-économique du pays est stagnante depuis l’insurrection. Il serait complètement incongru d’injecter des milliards à organiser un référendum qui somme toute sera une mise en scène alors que des inondations font des sinistrés chaque jours, que des bébés meurent à l’hôpital par manque de couveuses, que des milliers d’enfants burkinabè n’ont pour salle de classe qu’une paillote, etc. Un référendum constitutionnel sous la transition aurait permis de réduire les coûts liés à l’organisation d’un référendum par son couplage aux élections présidentielles, législatives ou municipales. D’autre part, les insuffisances de la Constitution ont été en grande partie corrigées par la dernière révision constitutionnelle opérée par le Conseil National de Transition. Le problème de nos pays est d’ailleurs moins l’insuffisance des normes que la bonne foi dans leur application. Les récentes déclarations des deux personnalités politiques au sommet de l’Etat font craindre une remise en cause des acquis de cette réforme constitutionnelle opérée sous la transition, notamment les acquis engrangés par le pouvoir judiciaire.