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lundi 4 juillet 2016

La gestion des ordures , un casse-tête pour les autorités de Conakry

APA-Conakry (Guinée) - Le gouverneur de Conakry, le général Mathurin Bangoura réclame des moyens au gouvernement pour débarrasser la capitale guinéenne des 1000 tonnes de déchets produites quotidiennement, a-t-on appris de source officielle.
Nommé récemment à ce poste le gouverneur de Conakry s’était fixé principalement deux défis, dont l’assainissement de la cité et la sécurisation des populations et leurs biens.
Mais à l’allure où vont les choses, il peine à débarrasser Conakry de ses déchets devenu un véritable casse-tête
Le général Mathurin Bangoura invoque comme raison à cette situation, le manque de moyens financiers, rappelant que les fonds destinés à l’assainissement de la ville sont gérés par le département de l’Administration du territoire et de la décentralisation.
Avec les ordures qui ne cessent de s’entasser dans les rues de la capitale, depuis que les pluies ont commencé à arroser le littoral, en cette période de grandes pluies, le gouverneur a tiré la sonnette d’alarme, sollicitant l’aide du gouvernement.
Le général Mathurin compte ainsi appliquer une solution immédiate consistant à orienter les déchets vers la nouvelle décharge de la capitale, située à une soixantaine de kilomètres de Conakry, dans la préfecture de Dubréka. La décharge de la Minière située en pleine zone d’habitation, dans la commune de Ratoma, étant saturée.
Acheminer les déchets vers la nouvelle décharge de Kouriya, sera possible avec la mise à contribution des transporteurs privés disposant de camions bennes, utilisés dans le transport de sable destiné à la construction des infrastructures, selon le
gouvernorat.
Il s’agit de sceller un partenariat qui va permettre aux camionneurs de mener leurs activités traditionnelles, à savoir le transport de sable et de graviers, tout en contribuant à débarrasser la capitale de ses déchets.
Les camionneurs iront ainsi sur le site de la décharge avec des ordures, et au retour, ils vont pouvoir transporter du sable ou du gravier, extraits dans la zone abritant ledit site.
Le gouvernorat devra à son tour leur affecter des frais en contrepartie de cette tâche. Ceci en attendant qu’il soit doté de moyens logistiques où que le secteur de la gestion des déchets solides soit confié à un opérateur privé.

Zika: trois cas enregistrés en Guinée-Bissau, 2e pays d'Afrique touché

Le moustique «Aedes aegypti», ou moustique tigre, responsable de la propagation du virus Zika.
La Guinée-Bissau a annoncé avoir enregistré trois cas de Zika dans les îles Bijagos, devenant le deuxième pays d'Afrique de l'Ouest à être touché par cette épidémie après le Cap-Vert.
"Il est confirmé trois cas de contamination par le virus Zika" en Guinée-Bissau, a affirmé vendredi en conseil des ministres le ministre de la Santé Domingos Malu, cité dans un communiqué du gouvernement consulté samedi par l'AFP. "Ces cas ont été localisés dans l'archipel des Bijagos", situées dans l'Atlantique, au large de Bissau, a poursuivi M. Malu.
Aucun détail n'a été fourni sur les personnes infectées, leur état de santé, les localités précises où elles ont été recensées et sur la manière dont le Zika a pu atteindre l'archipel des Bijagos, composé de 88 îles et îlots dont 23 sont habités.
Une source hospitalière a indiqué samedi à l'AFP que le premier cas aurait été signalé "début juin à Bubaque, selon des informations préliminaires en sa possession, précisant cependant qu'il fallait attendre la fin des enquêtes épidémiologiques en cours "pour en avoir la certitude".
Jusqu'à cette annonce, le Cap-Vert, archipel dans l'océan Atlantique, était le seul pays d'Afrique de l'Ouest touché par l'épidémie. Depuis l'apparition du virus, en octobre 2015, il a enregistré environ 7.500 cas.
Selon le directeur de l'Institut supérieur de la Santé (relevant du ministère de la Santé) de Guinée-Bissau, Placido Cardoso, les échantillons prélevés sur les "trois cas manifestant des signes identiques à ceux du Zika" ont été transmis à des laboratoires spécialisés, "qui n'ont pas encore rendu leurs conclusions" définitives.
La plupart du temps, le virus Zika provoque des symptômes bénins qui passent souvent inaperçus.
"Nous avons pris des mesures préventives et mis en place une équipe médicale d'intervention rapide pour circonscrire la maladie et éviter toute contagion dans l'archipel et sur la partie continentale du pays", a assuré M. Cardoso à l'AFP, invitant à ne pas paniquer.
Dans son communiqué, le gouvernement fait aussi état de mesures de prévention et d'actions prévues contre la propagation du virus. Il appelle à la prudence et annonce la création d'une commission de lutte contre le Zika, comprenant plusieurs ministres et présidée par le Premier ministre Baciro Dja.
Le virus se propage principalement par des piqûres de moustiques infectés mais peut aussi se transmettre sexuellement, ainsi que de la mère au fœtus. L'épidémie actuelle touche plusieurs pays d'Amérique du Sud, le plus affecté étant le Brésil.

Amnesty International exige la libération des militants anti-esclavagistes récemment arrêtés en Mauritanie

Gaëtan Mootoo, chercheur sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International.
Amnesty International demande aux autorités mauritaniennes de relaxer cinq membres de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) arrêtés entre le 30 juin et le 1er juillet 2016.
"La Mauritanie doit immédiatement et sans condition libérer les militants anti-esclavagistes et arrêter de les soumettre constamment à des harcèlements et intimidations", a réagi samedi Gaëtan Mootoo, chercheur sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International.
Les cinq militants anti-esclavagistes ont été arrêtés après des heurts entre manifestants en colère et policiers, mercredi, dans un bidonville de Nouakchott, indiquent des défenseurs des droits de l'Homme.
Les manifestants se sont opposés à une opération encadrée par la police visant à déplacer les habitants d'un bidonville du quartier de Ksar (ouest de la capitale) qui, selon les autorités, étaient installés illégalement sur des terrains privés, a rapporté la télévision publique mauritanienne.
Pour le gouverneur de Nouakchott-Ouest, Mahi Ould Hamed, les forces de sécurité mauritaniennes ont plutôt arrêté, sur les lieux des affrontements, les "meneurs" des actes de violences.
"Il est temps que les autorités respectent les droits du mouvement anti-esclavagiste qui ne fait qu’exercer son droit à la liberté de réunion pacifique et d’association", a indiqué M. Mootoo dans son appel aux autorités mauritaniennes.
Amnesty estime qu’en maintenant ces cinq militants en prison, "la Mauritanie reprend de vieilles habitudes en matière de restriction de la liberté de manifestation pacifique et anéantit les efforts en matière de droits humains salués lors de la libération du Président de IRA Biram Ould Dah Ould Abeid et de Brahim Bilal Ramdane".
Les autorités mauritaniennes restreignent fréquemment la liberté d'expression des défenseurs des droits humains et des militants anti-esclavagistes.
En novembre 2014 , Brahim Bilal Ramdane, Djiby Sow et Ould Dah Ould Abeid, président de l’organisation anti-esclavagiste Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA), avaient été condamnés à deux ans de prison par le tribunal de la ville de Rosso, au sud de la Mauritanie, pour appartenance et administration d’une organisation non reconnue, pour participation à un rassemblement non autorisé et pour infractions commises à l’encontre des forces de l’ordre.
Biram Dah Abeid, avait déjà été arrêté en 2010 et en 2012.
Le 17 mai dernier, Amnesty International avait déclaré que la libération de Biram Ould Dah Ould Abeid et Brahim Bilal, qui ont passé 20 mois en prison, est un énorme soulagement et une excellente nouvelle pour toutes les personnes qui avaient fait campagne en ce sens.
Amnesty a aussi demandé que cette décision de justice incite les autorités mauritaniennes à mettre fin à la répression visant les défenseurs des droits humains et à libérer les autres prisonniers d’opinion détenus uniquement pour avoir exprimé leurs opinions de manière pacifique, à l’instar du blogueur Mohamed Mkhaïtir.

Mali: le sort de l’ancien président ATT toujours en suspens

Quatre (4) longues années après : Ce qui retient ATT à Dakar
Amadou Toumani Touré ATT


Amadou Toumani Touré, dit ATT, ancien chef de l’Etat malien, déposé par un coup d’Etat, en mars 2012, se trouve en exil à Dakar. Reviendra-t-il ou ne reviendra-t-il pas au Mali ? Son sort est officiellement entre les mains de l’Assemblée nationale du Mali qui devait statuer sur son cas, c’est-à-dire sur d’éventuelles poursuites à son encontre, avant fin juin. Cependant, l’examen de ce dossier, embarrassant semble-t-il, a été renvoyé à une session ultérieure de l’Assemblée. L’ancien président attendra donc d’être définitivement épargné de tout risque judiciaire avant de refaire ses valises.

Les partisans de l’ancien président malien, Amadou Toumani Touré, qui souhaitaient ardemment célébrer, à Bamako, avec lui, la fin du ramadan, sont plutôt déçus.
L’Assemblée nationale a terminé sa session ordinaire, sans avoir statué sur son cas.
Pourtant au Mali, de nombreuses personnes pensaient que l’heure du retour au pays avait sonné pour le président ATT, renversé lors d’un coup d’Etat militaire, en mars 2012.


Il faut dire que, dans le cadre de la réconciliation nationale, il y avait quand même des signaux. Par exemple le mois dernier, au cours d’une manifestation officielle, l’actuel président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, lui avait rendu hommage et avait même lancé un mystérieux « ATT, à bientôt ».

Burkina Faso : la Ve République ou le régime de subordination de la justice !

Je lisais sur Lefaso.net il y a à peine un mois, la sortie ô combien pertinente de mon ainé en étude, Daouda OUEDRAOGO, intitulé « Le Burkina Faso est –il foutu ? ». Radical a été son point de vue et j’ai voulu relever que le fatalisme ne va pas nous aider à récupérer le peu qui nous reste. Je risque, malheureusement, de le rejoindre sur sa position.


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Burkina Faso : la Ve République ou le régime de subordination de la justice ! Sortant d’une insurrection populaire avec une grande ambition de réaliser une révolution, c’est avec désolation et inquiétude que nous constatons ce qui se passe comme spectacle dont les acteurs ne sont d’autres que les institutions républicaines de notre nation. L’insurrection des 30 et 31 octobre et la résistance au putsch des 15 et 16 septembre sont l’aboutissement d’un long chemin parsemé d’embuche emprunté, malgré tout, par le peuple, au prix du sang versé, pour dénoncer et réprouver aux yeux du monde entier les comportements dictatoriaux (immixtion dans la justice, la corruption, la tentative de patrimonialisation du pouvoir, le bafouement des droits politiques, sociaux, économiques et culturels du peuple) du régime de Blaise Compaoré, soutenu par des partis politiques et organisations de la société civile acquis à sa cause.
Au soir de l’insurrection, nous avions cru remporter le combat, mais il semble, au regard des tentatives de remise en cause de ce qu’on a appelé acquis, qu’il s’agit d’une simple bataille qu’on a remporté. En effet, les multiples sorties tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, du Président du Faso et celles du Président de l’Assemblée nationale mettent à nu clairement leur intention d’enterrer ce qu’on a pu engranger comme acquis lors de cette insurrection. Si des mesures ont été prises, dans la précipitation, sous la Transition et méritent d’être corrigées ou, simplement, abandonnées, il faut faire attention à ne pas jeter l’enfant avec l’eau du bain comme nous le rappelle cette sagesse connue de tous.
Au nombre des acquis à perpétuer, le renforcement du principe de l’indépendance de la justice. En tant normal, dirais-je qu’on n’avait pas besoin d’une insurrection pour promouvoir l’indépendance de la justice si tant est qu’elle est le corollaire du principe de la séparation des pouvoirs. Mais si c’est au prix d’une insurrection heureuse que nous l’avion rappelé, il faut chanter la gloire de ce peuple insurgé, assoiffé de démocratie, la vraie. N’en déplaise au Président Rock Kaboré, qui pense que « si vous avez un Etat où la magistrature est son propre patron, cela peut créer beaucoup de problèmes » ; l’indépendance de la justice est pour nous le seul moyen pour éviter toute dictature. Seuls les néo démocrates sont à mesures de faire sortir de telles insanités. Le président est le garant de cette indépendance et non pas son détracteur. Et être son garant ne saurait signifier être son patron, sinon, il s’agit de fouler aux pieds les 3 ordres du pouvoir étatique théorisés par les lumières du contrat social.
Qu’il vous plaise que je vous rappelle, cher autorités, qu’en s’illustrant de cette façon, vous ne participer, aucunement, à l’atteinte des aspirations du peuple mais à des actions de plaisance dont les fâcheuses conséquences seront sans doute le discrédit de l’appareil judiciaire avec son corollaire de la croissance de l’incivisme, déjà grandissant, la justice privée et le non respect des principes de l’état de droit. Venant des plus hautes autorités, notamment, le président du Faso, il s’agit d’une atteinte grave à la constitution, notre contrat social nouveau, en son article 131 qui lui fait garant de l’indépendance de la justice. Il a, pourtant, juré le 29 décembre de protéger et faire respecter ce contrat social. C’est au nom de l’Etat de droit et au respect des principes démocratiques que vous aviez combattu le projet de modification de l’article 37.
C’est d’une contradiction notoire que ces mêmes principes sont en train d’être écartés pour briser l’indépendance de la justice dans le projet d’écriture de la nouvelle constitution. « … sur le plan de l’application de ce que nous avons appelé l’indépendance de la justice, je crois qu’aujourd’hui, chaque Burkinabè comprend pourquoi il est nécessaire que le Président du Faso et le ministre de la Justice soient au Conseil supérieur de la magistrature. Parce que si vous avez un Etat où la magistrature est son propre patron, cela peut créer beaucoup de problèmes. Et je crois que lors des discussions constitutionnelles pour le passage à la 5e République, ce seront des questions qui seront revues, au regard de la réalité et l’applicabilité sur le terrain … » dixit le Président himself à Dakar le 3 juin 2016 et renchérit par son dauphin constitutionnel « Les juges sont devenus des affairistes et pour que notre justice soit sociale et équitable, il faudrait qu’à la prochaine révision constitutionnelle, on mette des garde-fous afin que celle-ci réponde aux aspirations du peuple. » Dans quel régime serions nous si la justice perdais son indépendance ou se contenterait de dire le droit au sens voulu par l’exécutif et le législatif ?
Il est de notoriété publique que la nature des régimes soit fonction des rapports entre l’exécutif et le législatif. Ainsi, pour faire simple, si le rapport de force est au profit de l’exécutif, notamment, détenu par le président, on parle de régime présidentiel ; en cas de dérive, ce régime est qualifié de présidentialiste. Par contre si le rapport de force est au profit du législatif on parle de régime parlementaire ; en cas de dérive on parle de régime d’assemblée. Comment qualifier le régime dans lequel le couple executo-législtaif veut subordonner le pouvoir judiciaire ? C’est du jamais vu ou du moins depuis la fin des régimes monarchiques de droit divin où la justice était rendue pour le roi et au nom du roi. Ces idées des autorités actuelles nous rappellent de triste souvenir : les débuts des discussions sur la modification de l’article 37.
Nous osons espérer que l’intention du Président restera une simple déclaration émotive et que dans la réalité, le Président et son dauphin constitutionnel raviseront leur position pour que « le plus rien ne sera plus comme avant » soit une réalité, une coutume constitutionnelle !
A défaut, la Ve république risque d’être éphémère.
Citoyens, à nos gardes !
Plus jamais notre silence ne doit être complice de la mal gouvernance au pays des hommes intègres !
Contribution citoyenne,
OUEDRAOGO P. Dieudonné,
Etudiant en droit et science politique, expertise en défense et sécurité internationale.
wendkuunipo@ymail.com