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lundi 4 juillet 2016

Congo-Chine: une coopération Sud-Sud exemplaire

Les présidents chinois Xi Jinping (G) et congolais Denis Sassou Nguesso (D)
BRAZZAVILLE, (Xinhua) -- Le président congolais Denis Sassou N'guesso effectuera du 4 au 8 juillet, une visite d'Etat en Chine, sa première sortie en dehors de l'Afrique après sa réélection au scrutin présidentiel du 20 mars dernier.
Cette visite offrira l'occasion aux deux parties d'évoquer les questions d'intérêt commun, notamment la situation en Afrique centrale et les grands dossiers internationaux.
Vielles de plus d'un demi-siècle, les relations de coopération entre le Congo et la Chine ne cessent de s'améliorer au fil des années, au grand bonheur des dirigeants et des peuples des deux pays. En témoignent notamment les visites réciproques des hautes autorités politiques, et le volume des échanges commerciaux estimé à 6,5 milliards de dollars en 2014 entre les deux parties. Il s'agit d'une coopération fructueuse et gagnant-gagnant, dont les fruits justifient son évolution crescendo.
Selon l'ambassadeur de la Chine à Brazzaville, Xia Huang, son pays est le premier partenaire commercial du Congo depuis 2006 et cette tendance sera maintenue cette année.
Tous deux classés parmi les pays en développement, le Congo et la Chine ne lésinent pas sur les moyens pour approfondir leurs liens d'amitié, de solidarité et de coopération. L'accord de partenariat stratégique signé entre les deux parties a permis booster la coopération bilatérale.
En matière d'infrastructuresn par exemple, la Chine a soutenu le Congo dans la réalisation de son programme de développement des infrastructures de base. L'on peut citer à titre indicatif, la construction de la route reliant Pointe-Noire et Brazzaville (plus de 500km), de l'aéroport Maya-Maya à Brazzaville, des barrages d'Imboulou (120MW) et de Liouesso (19MW), des unités de production d'eau potable, des liaisons routières entre le Congo et ses voisins dont le Gabon.
Le centre de démonstration des techniques agricoles de Nkombé, les logements sociaux de Mpila et l'hôpital de l'amitié sino-congolaise de Mfilou complètent la longue liste des réalisations de la coopération entre la Chine et le Congo, à laquelle s'ajoutent les ouvrages érigés dans le passé tels le barrage de Moukoukou (74MW), le Palais des congrès, le stade Alphonse Massamba-Débat qui a abrité les premiers jeux africains en 1965.
En 2014, selon les statistiques du ministère du commerce de la Chine, les exportations chinoises vers le Congo étaient fixées à un milliard de dollars contre 5,50 milliards de dollars des importations. La même année, le Congo était le sixième partenaire commercial de la Chine en Afrique et deuxième en Afrique de l'ouest et du centre.
En Chine, le Congo a financé la construction de l'école d'amitié sino-congolaise portant le nom du président Denis Sassou N'Guesso à Yushu dans la province du Qinghai, qui avait été fortement touchée par un séisme de grande ampleur.
Chaque année, plus d'une centaine d'étudiants congolais s'inscrivent dans des universités chinoises. La Chine appuie les efforts du gouvernement congolais en matière de formation professionnelle, de conservation et de gestion durable de la forêt congolaise, de santé et de développement agricole. Elle importe du pétrole congolais qui constitue la première ressource d'exportation du Congo.
L'année dernière, les deux pays ont créé une banque dénommée la Banque sino-congolaise pour l'Afrique (BSCA Bank) basée à Brazzaville, avec un capital de 100 millions de dollars, soit près de 53 milliards de francs CFA. Cette banque, preuve de la dynamique de la coopération sino-congolaise, dispose d'un capital détenu à 50% par la Banque agricole de Chine.
En 2006, l'ancien Premier ministre chinois Wen Jiabao a fait une visite de travail en terre congolaise. En 2013, le président chinois Xi Jinping a effectué une visite de 48 heures à Brazzaville, au cours de laquelle, des accords ont été scellés entre les deux côtés. Une année après, soit en 2014, dans le cadre du cinquantenaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Chine et le Congo, le président congolais Denis Sassou N'Guesso s'est rendu en visite en Chine.
Durant la prochaine visite du président congolais à Beijing, le Congo saisira l'opportunité pour présenter ses projets de développement susceptibles d'être financés par la Chine dans le cadre des plans d'aide chinois à l'Afrique, annoncés par le président Xi Jinping lors du sommet Chine-Afrique en décembre 2015 à Johannesburg en Afrique du Sud.
Le Congo entend mettre au point quatre zones économiques spéciales dont la première sera implantée à Pointe-Noire où le pays envisage de construire un port minéralier. Nantie d'une riche expérience en matière des zones de libre-échange, la Chine est en mesure d'appuyer les efforts du Congo dans ce domaine afin de lui permettre de diversifier son économie, estiment des spécialistes congolais.

TERRORISME : QUI EN VEUT AU SÉNÉGAL ? UNE COÏNCIDENCE DE FAITS MÉDIATIQUES TROUBLANTS

TERRORISME : QUI EN VEUT AU SÉNÉGAL ? UNE COÏNCIDENCE DE FAITS MÉDIATIQUES TROUBLANTS
Le Sénégal semble être une cible pour des forces occultes qui ne lui veulent pas du bien. Depuis quelques jours, des médias de l’hexagone semblent se passer le mot : une attaque terroriste devient plus que probable dans notre pays. C’est le Nouvel Obs qui la semaine dernière a alerté sur « la radicalisation » dans les mosquées sénégalaises et surtout la montée en puissance des mouvements salafistes. Ce week end, c’est RFI qui s’y met avec notre confrère Alain Foka dans son émission « le débat africain » de ce dimanche. Si le débat de RFI était relativement contradictoire avec la présence du patron de la direction de surveillance du territoire, le dossier du NouvelObs peut être perçu comme « une préparation des esprits »  à une attaque terroriste sur le sol sénégalais.
L’immersion dans les mouvements salafistes sénégalais a révélé des choses et des faits connus de nos forces de sécurité depuis une décennie. Dakaractu peut, en effet, confirmer que la Police et la gendarmerie connaissent l’existence de ces réseaux « dormants » dont l’arrestation de l’Imam Ndao à Kaolack n’est que la face visible de l’iceberg.
Cependant, le mérite de nos confrères de Nouvel Obs est qu’ils ont fait un travail journalistique d’investigation qu’aucun journaliste sénégalais n’a fait jusqu’ici. Nous vous proposons le fameux reportage sous forme d’immersion dans les milieux salafistes du Sénégal.
Au Sénégal, la contagion salafiste
Le pays compte plus de 95% de musulmans qui pratiquaient jusqu’ici un islam tolérant. Crise économique, frustrations postcoloniales, pétrodollars des Saoudiens… Tout contribue aujourd’hui à la radicalisation des mosquées. Reportage.
Avec sa barbichette aussi blanche que son qamis immaculé, l’imam Alioune Ndao est connu ici, à Kaolack, pour ne pas mâcher ses mots. Le genre à refuser le moindre compromis avec "la vérité d’Allah", à pourfendre sans relâche les kouffar ("infidèles") et autres "compagnons de Satan"… Voile obligatoire pour les femmes, longue barbe pour les hommes, récitation du Coran à 4 heures du matin pour les enfants, interdiction d’écouter de la musique pour tous. Bref, un salafiste pur et dur, un "Ibadou Rahmane" comme on appelle ici ces fondamentalistes religieux revendiquant un islam "authentique" d’inspiration wahhabite, tournant à la fois le dos aux traditions sénégalaises et à l’"occidentoxication"…
 
Le 26 octobre dernier, à 3 heures du matin, une vingtaine de gendarmes armés jusqu’aux dents ont débarqué chez lui. Ils ont défoncé la porte du logement de ses femmes, mis sa modeste baraque à sac, confisqué ses documents et l’ont embarqué manu militari, menottes aux poignets, sous l’œil de la télévision et de ses fidèles en larmes. Mis en examen pour apologie du terrorisme, blanchiment de capitaux et association de malfaiteurs, le prêcheur soupçonné d’être en relation avec Boko Haram est incarcéré à Saint-Louis.
Quelques semaines plus tôt, c’était l’imam de Kolda, en Casamance, un professeur d’histoire-géographie qui traitait à longueur de prêches François Hollande et "son valet, Macky Sall", le président du Sénégal, de "mécréants", qui était arrêté. Accusé d’être en relation avec des djihadistes, il vient d’être condamné à un an de prison ferme…
 
La guerre aux mosquées radicales
Depuis plusieurs mois, les opérations coup de poing contre les fondamentalistes religieux se multiplient. Une trentaine de personnes au total, dont trois imams, sont sous les verrous. Après les attentats de Grand-Bassam en Côte d’Ivoire, de Bamako et du Burkina Faso, les services de renseignement qui traquent les "cellules dormantes" censées être disséminées dans le pays sont en alerte rouge.
 
Attentat en Côte d'Ivoire : "Les islamistes raisonnent sur le long terme"
Une vingtaine de Sénégalais seraient partis en Syrie. D’autres auraient rejoint Boko Haram au Nigeria ou différents groupes armés, comme Ansar Dine et le Mujao, dans la bande sahélo-saharienne… "La question n’est pas de savoir si le Sénégal va être touché, mais quand", entend-on régulièrement à Dakar, où des équipes de sécurité renforcées filtrent désormais l’accès de tous les grands hôtels.
 
Après avoir longtemps fermé les yeux, le gouvernement a déclaré la guerre aux mosquées radicales qui prospèrent dans le pays. Les communautés salafistes, en plein essor, sont surveillées de près… Quels sont leurs liens avec le terrorisme ?
Retour à Ngao, dans ce faubourg poussiéreux de Kaolack, l’une des principales villes du pays, où l’imam à barbe blanche a bâti il y a une quinzaine d’années sa petite mosquée et sa daara, son école coranique. Ici, personne ne croit une seconde à la culpabilité de l’imam, "cet ascète dévoué, humble et généreux", selon Daouda Seck, le numéro deux de la communauté, barbe teinte au henné, et regard cerné de khôl. L’avocat de l’imam, Ababacar Cissé, affirme que "le dossier est vide" : "Ils n’ont rien trouvé contre lui, pas un début de preuve, pas la moindre somme d’argent."
Derrière l’apparente résignation contre "cette épreuve divine", la colère, en ce vendredi de prière, est à fleur de peau. Ecoutez Khadidatou Thiam Seck, l’épouse de Daouda. Vêtue de son large jilbeb marron qui la couvre de la tête aux pieds, "en attendant d’avoir la spiritualité nécessaire pour adopter la burqa", la jeune femme porte dans ses bras le petit dernier de ses six enfants, qu’elle a appelé Oussama. Pour elle, "l’arrestation de l’imam n’est qu’une preuve de plus de la guerre que le monde a déclarée à l’islam", explique cette prof de maths aux faux airs de Whoopi Goldberg.
Convaincue que "l’Occident est en train d’exporter en Afrique son islamophobie", elle réfute en vrac la laïcité, la république et la démocratie, rêve "comme tous les musulmans de ce pays" de voir le Sénégal devenir un Etat islamique, et n’a rien contre une application stricte de la charia, lapidation comprise. Elle en veut terriblement à la France : "Arrêtez de vous mêler de nos affaires, de bombarder nos frères, de tuer nos enfants."
Elle ne défend pas le terrorisme, "cette invention des suppôts de Satan pour salir l’islam". Mais cela ne l’empêche pas de voir une logique aux attentats qui ont ensanglanté Paris, Bamako, Grand-Bassam en Côte d’Ivoire ou le Burkina Faso : "Qui fait couler le sang récolte le sang. Tant que vous voudrez imposer votre vision au reste du monde, vous n’aurez pas la paix."
Khadidatou Thiam Seck, l'épouse de Daouda, est prof de maths dans une école coranique de Kaolack.
Excessive, Khadidatou ? Sans doute. Mais ce discours est loin d’être marginal au Sénégal, où l’islam radical gagne du terrain à vue d’œil. En mars dernier, le président a voulu inscrire la laïcité comme principe intangible de la Constitution. L’opposition s’est déchaînée, affirmant que le gouvernement s’apprêtait aussi à autoriser le mariage gay. Toutes les communautés religieuses ont crié au loup, et Macky Sall a fini par reculer
Même chose en novembre dernier, quand le chef de l’Etat a tenté d’interdire la burqa au nom de la lutte contre le terrorisme, arguant du fait que ce n’était ni dans la culture ni dans les traditions du Sénégal. Face au tollé, il a dû faire marche arrière. Quant à son déplacement à Paris pour la grande marche au lendemain de l’attentat contre "Charlie Hebdo", il n’est toujours pas passé… Sur les réseaux sociaux, les internautes se sont déchaînés contre cette nouvelle "preuve d’allégeance à la France" et cette "trahison des valeurs de l’islam". "Il n’avait rien à faire là. Les gens n’ont pas compris", tranche Bamba Ndiaye.
Cet ancien maoïste et ex-ministre des Affaires religieuses qui se dit lui-même aujourd’hui proche de l’idéologie des Frères musulmans est convaincu d’une montée irréversible du fondamentalisme dans le pays, "sur fond de rejet croissant des valeurs occidentales". Il y a vingt ans encore, personne n’aurait songé à porter le voile sur les marchés de Dakar, encore moins un jilbeb. Aujourd’hui, la quasi-totalité des femmes ont les cheveux couverts, et quelques silhouettes en burqa ont fait leur apparition autour des mosquées les plus radicales.
Tandis que l’école publique francophone, en pleine crise, n’a plus la cote, l’enseignement coranique, considéré comme gage de qualité, attire de plus en plus de familles de la classe moyenne. Pas les classes coraniques des confréries soufies, où les petits talibés sont envoyés par les marabouts mendier dans les rues pour assurer leur subsistance. Non, des internats coraniques modernes, d’inspiration salafiste, qui attirent des enseignants venus d’Egypte ou de Mauritanie, et promettent d’assurer un bon enseignement.


Jeux et musique interdits
Exemple, la très réputée école Tafsir Banda Niang "pour la mémorisation du Saint Coran et l’enseignement des sciences de la charia" à Boune, dans la grande banlieue de Dakar. Le panneau placardé à l’accueil donne le ton : billes, cartes à jouer, musique et autres distractions sont interdites. "Ce n’est pas dans notre culture", explique le directeur de l’institut, Mouhamadou Bara Niang, un petit homme rond à barbiche, lunettes teintées et djellaba.
Ici, 1.000 élèves de 7 à 14 ans, garçons et filles issus des classes moyennes et populaires, consacrent leur vie à mémoriser les sourates du Coran. Internes, les enfants ne peuvent sortir que tous les deux mois : l’école a bâti sa réputation sur le nombre d’élèves qui chaque année sont capables de réciter par cœur l’intégralité du livre sacré…
Aucun écolier ne mendie. Les frais de scolarité s’élèvent à 18.000 francs CFA par mois, soit environ 28 euros. "Quelques généreux donateurs" suffiraient, selon le directeur, à assurer le fonctionnement de l’école, particulièrement bien équipée… Rien à voir avec la modeste école coranique voisine, une méchante cabane de planches et de tôles au sol en terre battue, où les enfants consacrent l’essentiel de leur journée, boîte de conserve vide à la main, à quémander piécettes et nourriture… Uniformes impeccables, bibliothèque, ordinateurs, ici, les élèves ne manquent de rien. "Ce n’est pas seulement une question d’enseignement. Dans cette école, les enfants reçoivent une véritable éducation islamique", se réjouit Fatou, venue rendre visite à son fils de 8 ans.
Certes, l’islam a toujours été le socle de la société sénégalaise, composée à plus de 95% de musulmans. Mais il s’agissait jusqu’à présent d’un islam tolérant, pacifique et ouvert sur le monde. Porté par les puissantes confréries soufies, comme les Mourides et la Tidjaniya, il s’est toujours inscrit dans une modernité démocratique. Permettant aux femmes de s’habiller comme bon leur semble, faisant une large place à la musique et à la danse, composant avec les traditions animistes toujours vivantes dans le pays, ces confréries, qui ont longtemps joué un rôle pacificateur, étaient considérées comme les meilleurs remparts contre la poussée salafiste des pays du Golfe, qui prospère aujourd’hui dans toute l’Afrique subsaharienne, du Niger à la Mauritanie…
Selon une étude du bureau de l’Institut d’Etudes de Sécurité de Dakar menée en 2012-2013, c’est de moins en moins le cas. Face aux pétrodollars des pays du Golfe, le bouclier des confréries se fendille. Crise économique, effondrement du communisme, frustrations post coloniales, rejet croissant de l’Occident et de ses valeurs… Tout va contribuer à la radicalisation progressive des mosquées. Faut-il s’en inquiéter ?
"Il y a beaucoup d’argent au service de cet endoctrinement. Ce mouvement fait peur à tout le monde", soupire Mouhamadou Lamine Fall, vice-président de la Fédération nationale des Associations d’Ecoles coraniques du Sénégal, qui appartient à la confrérie Tidjaniya, convaincu qu’avec les événements en Syrie leur influence s’est encore accrue. Le phénomène s’est enraciné dès la fin des années 1970, quand les pays du Golfe, au sommet de leur puissance financière, se sont substitués aux pourvoyeurs d’aide internationale, exportant leurs pétrodollars en même temps que leur idéologie.
Leur cheval de Troie : la toute-puissante Ligue islamique mondiale. Une organisation fondée à La Mecque, qui finance écoles, ONG et programmes humanitaires partout dans le monde. "La charia, c’est notre vie, la laïcité, notre adversaire", martèle Ismaïla Dème, qui dirige le bureau régional de la Ligue à Dakar. Dans son vaste bureau aux portes capitonnées en plein cœur de la ville, en face du portrait du président, une grande photo du roi Fahd d’Arabie, son "bailleur de fonds". Sa mission ? "Œuvrer pour la promotion d’un islam orthodoxe". Entre Afrique et Occident, la confrontation, selon lui, est évidente :
"Vous voulez nous imposer votre mode de vie, votre mariage pour tous, vos valeurs que vous pensez universelles. Mais non, ce sont les vôtres, c’est tout."
Les Sénégalais, selon lui, n’en veulent pas : "Deux civilisations s’opposent, mais contrairement à ce que pense la France, l’une n’est pas supérieure à l’autre."
L’argent venu du Golfe coule à flots. Certes, après le 11 septembre 2001, la manne financière venue d’Arabie saoudite, désormais sous la loupe des autorités, s’est un peu tarie. Cependant, tandis que la France et les autres puissances occidentales taillent dans les budgets et réduisent la voilure, des bourses d’étude pleuvent sur les étudiants africains qui partent faire leurs études à Médine, en Egypte ou en Mauritanie.


Ce qui se passe à Paris résonne à Dakar
Une fois rentrés, ces arabophones, exclus de la haute fonction publique car ils parlent mal ou peu français – un héritage de l’époque Senghor qui se méfiait de l’enseignement en arabe – n’ont souvent pas d’alternative à la prédication ou à l’enseignement du Coran…Déçus, frustrés de ne pas occuper la place sociale à laquelle ils estiment avoir droit, ces imams nouvelle génération, "modernes", ouvrent des écoles coraniques et des mosquées, où ils brocardent l’islam à la sénégalaise, les confréries qui dévoient les textes sacrés, les marabouts de moins en moins ascètes, qui ne cessent de perdre leur influence.
"Ils font cultiver leurs champs par leurs fidèles, vont s’agenouiller au palais devant les hommes politiques et ont des approches ésotériques des textes sacrés", dénonce Ismaïla Ndiaye. Ce conseiller spécial du professeur Mohamed Lo, un prêcheur qui a passé dix-sept ans en Arabie saoudite, dans le viseur des autorités, est lui aussi convaincu qu’il y a un complot mondial contre l’islam, et que le 11-Septembre en fait partie :
"Les Saoudiens respectent davantage la vie humaine que les Etats-Unis, où il y a un meurtre toutes les deux minutes et où on électrocute des condamnés. Mais les Américains ont le droit de financer leurs églises évangéliques sans contrôle, alors que nous, on est traités de terroristes."
Ces prêcheurs radicaux ne se contentent pas de prôner un islam ultraorthodoxe, l’instauration d’un Etat "réellement" islamique, et des pratiques sans concession. Dans le sillage des Frères musulmans, beaucoup dénoncent également les inégalités sociales, les ravages de la société postcoloniale, critiquent l’incurie du pouvoir, incitent la jeunesse à se révolter…
"Ces imams sont les seuls à traduire les frustrations de la jeunesse, et les ratés de la décolonisation", insiste l’ex-ministre Bamba Ndiaye. "Comme en France, l’islam va donner aux jeunes une identité et des armes pour se défendre." Toutes les mesures prises dans le monde et surtout en France contre l’islam renforcent leur détermination. A l’université de Dakar, considérée comme un foyer de radicalité, des étudiants font pression pour éradiquer les tenues trop occidentales et les pratiques religieuses "laxistes"…
Beaucoup y voient une réaction à la loi sur le voile, à l’état d’urgence, au débat sur la déchéance de nationalité, selon certains responsables : "Tout ce qui se passe à Paris a une résonance immédiate à Dakar", constate Henri Ciss, porte-parole de la police, convaincu que ces politiques répressives ne font que renforcer la montée de la radicalisation. Alors que faire ? Pour Bamba Ndiaye, celle-ci ne fait que commencer.
"Oui, il y a des cellules dormantes dans le pays, et il ne faut surtout pas les réveiller."
Seule solution, selon lui, l’intégration. "Vous n’avez pas le choix et nous non plus. Vous n’arriverez à éradiquer cette évolution. La France n’est pas notre modèle. Arrêtez de vous accrocher à votre laïcité. On ne se laissera pas imposer vos valeurs. On s’éloigne de la culture occidentale, et cette fracture ne cesse de se creuser."
Pas d’autre option, selon lui, pour éviter la guerre, que d’accepter ces divergences et de cohabiter. "Croyez-moi, d’ici à cent ans, il y a aura toujours des filles en minijupe dans les rues de Paris et de Dakar. Et d’autres en burqa."

vendredi 1 juillet 2016

« Laissez-nous agir et vous jugerez après », Simon Compaoré, ministre de la sécurité

Le Ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité Intérieure, Simon Compaoré, était le jeudi 30 juin 2016 à 21 heures sur le plateau de la télévision nationale dans l’émission « Dialogue citoyen » pour répondre aux questions des citoyens. Le ministre a passé en revue la gouvernance sécuritaire dans notre pays notamment la question des Koglwéogo, la menace terroriste entre autres. Retour sur quelques axes forts de cette émission.


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 « Laissez-nous agir et vous jugerez après », Simon Compaoré, ministre de la sécuritéMercredi 22 juin 2016, les groupes d’autodéfense, koglwéogo étaient en réunion à Kombissiri. Certains membres de ce regroupement avaient affirmé leur décision de ne pas se soumettre à l’injonction du ministre Compaoré leur demandant entre autres de renoncer aux sévices corporels et aux amendes infligées aux présumés coupables. Beaucoup y ont vu un affront à l’autorité.
Pour Simon Compaoré il n’en est rien. « Hier il y a eu une grande rencontre avec ceux qui étaient à Kombissiri. Au cours de cette rencontre, ils ont fait de grandes révélations. Ils ont dit qu’ils sont venus pour mettre les points sur les i. Ce qui s’est passé à Kombissiri n’est pas une défiance à l’autorité publique. Ils ont affirmé que celui qui a tenu les propos incendiaires dans les medias a été désavoué et qu’ils s’en démarquaient. Ils ont dit qu’ils évoluaient dans un état de droit où il y a des lois. Ils ont reconnu qu’en réunissant les gens à Kombissiri, ils ont été infiltrés, c’est pourquoi ils ont voulu cette rencontre pour mettre les points sur les i. Vous pouvez les appeler, ils vous le confirmeront.
Dans les jours à venir, vous verrez qu’il y aura une amélioration car ils ont promis eux-mêmes de faire le ménage à l’intérieur. Quand on est chargé de veiller sur la sécurité des citoyens d’un pays comme le Burkina, on ne plaisante pas. Nous ferons ce qui doit être fait pour assurer la sécurité des citoyens. Il y a des Koglwéogo qui travaillent en bonne intelligence avec la gendarmerie. »
Le MPP complice des Koglwéogo ?
Au début des vagues consécutives à la prolifération de ces groupes d’autodéfense, certains y avaient vu la main du parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Beaucoup n’avaient pas hésité à parler de compromis pour un soutien mutuel entre le MPP et les Koglwéogo. Simon Compaoré y voit une plaisanterie de mauvais goût. « Quand vous parlez, vous n’êtes pas convaincu de ce que vous dites. Il faut laisser les choses basses mourir de leur belle mort. Je pense que vous voulez agrémenter la conversation. Ça parait invraisemblable. », pense t- il.

Vers un renforcement du dispositif sécuritaire

Les différentes attaques terroristes dont notre pays a fait l’objet étaient aussi au au menu de cet entretien. Les enquêtes sont toujours en cours et le ministre de la sécurité de préciser : « Il a été procédé à l’arrestation de 49 personnes dans le cadre des activités terroristes qui ont eu lieu à Ouagadougou, Intagom, Koutoukou. Ces attaques ont amené les forces de sécurité du Burkina et des pays amis à coopérer. Dix personnes ont été retenues. Trois personnes sont des femmes qui présentent un intérêt, dont une qui est la sœur d’un élément présumé de ceux qui ont attaqué l’hôtel Splendid ». Quand au dispositif mis en place pour faire face à la menace terroriste il se veut rassurant : « Le terrorisme constitue aujourd’hui une problématique essentielle des gouvernants. Après les attaques terroristes de Ouagadougou, nous nous sommes rendu compte que nous n’étions pas bien équipés pour faire face à ces attaques.
Depuis lors, l’ensemble des FDS (Forces de défense et de sécurité, ndlr) ont eu des rencontres pour voir les points de faiblesse. Au niveau des effectifs, un peu plus de concentration a été demandé pour certaines zones comme la frontière malienne. Des recherches de moyens ont été entreprises pour étoffer les équipements.
Par ailleurs, Il sera procédé cette année au recrutement de 1500 policiers pour faire face aux défis sécuritaires dans les zones telles que Intagom. C’est aussi l’occasion pour moi aujourd’hui d’appeler chaque Burkinabè de par son comportement, à contribuer à démanteler les réseaux terroristes. On a beau avoir tout l’arsenal militaire, tant qu’il n’y aura pas une coopération franche des populations, il sera difficile pour nous d’éradiquer ce fléau. Vous voyez qu’aujourd’hui, ces terroristes n’ont plus le même mode opératoire. Leur recrutement se fait à l’intérieur du pays, c’est-à-dire la population. »

Simon Compoaré a- t- il le profil de l’emploi ?

Depuis sa nomination à la tête du département de la sécurité le 12 janvier 2016, que de tirs essuyés par l’ancien bourgmestre de Ouagadougou. Nombreux sont ceux qui ont estimé qu’il n’avait pas le profil de l’emploi. Certains ont même appelé à sa démission. « Si celui qui m’a nommé n’a pas trouvé de problème dans mon travail, il n’y a pas de raison que je m’en fasse. Mais quand il se rendra compte à un moment donné que je ne suis pas à la hauteur de la tâche, il prendra la mesure qui s’impose… Si vous pensez que le boubou ou la culote a été mal taillée, adressez-vous au tailleur. », répond il sèchement. Avant de poursuivre : « Tout est une question de volonté. Personne n’est né ministre. Je n’ai certainement pas l’expérience d’un ministre, mais j’ai l’expérience de la vie pratique. Je vais rassurer les gens. Ceux qui disent que je n’ai d’étoffe. Si au bilan je dois être passé à l’échafaud, je serai prêt à donner mon cou. En attendant, laissez-nous agir et vous jugerez après. »
Rassemblés par Pascal Lonkou Yé

Guinée-Bissau : don de médicaments de la Chine à l'hôpital de Canchungo (nord)

Hôpital en Guinée Bissau
BISSAU, (Xinhua) -- L'ambassade de Chine en Guinée-Bissau a remis jeudi, un lot de médicaments, à l'hôpital de Canchungo (nord, à 72 km de la capitale, Bissau).
Le don, estimé à sept millions de francs CFA, a été remis par l'ambassadeur de Chine dans le pays, Wang Hua, en présence des autorités locales.
"Ce soutien montre la bonne amitié existant entre les deux peuples", a déclaré M. Wang qui a souligné que la Guinée-Bissau a besoin de beaucoup de soutiens dans plusieurs secteurs notamment, l'éducation, l'agriculture et la santé.
A propos de la situation politique en Guinée-Bissau, le diplomate chinois, a appelé au dialogue pour assurer la paix et la stabilité.
Le délégué régional à la santé, Francisco Amadu Balde, a salué le geste de la Chine et a promis de mettre les médicaments à la disposition de la population

Compte rendu du conseil des ministres ce jeudi 30 juin 2016

Conakry, le 30 Juin 2016 – Sous la haute présidence de son Excellence le Professeur Alpha Condé, Président de la République, le conseil des ministres a tenu sa session ordinaire ce jeudi 30 juin 2016 de 10h00 à 13h30, avec l'ordre du jour suivant :

 
  1. Message de son Excellence Monsieur le Président de la République ;
  2. Compte rendu de la session ordinaire du conseil interministériel tenue le 28 juin 2016 ;
 
Au titre du premier point de l’ordre du jour, Monsieur le Président de la République a demandé au Gouvernement d’accélérer les négociations avec le partenaire technique pressenti pour assurer la collecte des ordures dans la ville de Conakry.
Le Chef de l’Etat a invité la ministre de l’agriculture à satisfaire en quantité et à temps les demandes d’intrants exprimées par les paysans pour la campagne agricole. Il a demandé une intensification du contrôle de la gestion des engrais subventionnés.
 
Le Président de la République a demandé au Ministre de la Jeunesse d’accentuer la communication et la sensibilisation de la jeunesse sur les projets du monde rural et notamment sur l’entreprenariat agricole dans les filières appuyées par le gouvernement.
Le Chef de l’Etat a appelé les ministères à partager les informations sur leurs activités de manière à instaurer une véritable synergie et rendre plus cohérente l’action gouvernementale.
 
Au titre du deuxième point de l’ordre du jour, Monsieur le Premier ministre a introduit le compte rendu de la session ordinaire du conseil interministériel tenue le 28 juin 2016.
 
 
 
Le Conseil a entendu successivement :
 
AU TITRE DU COMPTE RENDU
 
Madame la Ministre de l’Agriculture a rendu compte au Conseil des activités de lancement de la campagne agricole 2016-2017.
Elle a rappelé que les principales activités de cette campagne agricole s’articulent autour du niveau de mise à disposition des intrants et du choix des interventions sur le terrain.
 
La Ministre a précisé que la campagne agricole est mise en œuvre pour atteindre les objectifs du Plan National d’Investissement Agricole et de Sécurité Alimentaire (PNIASA). Elle vise également l’atteinte, à moyen terme, de l’autosuffisance alimentaire, à travers une stratégie de transformation de notre agriculture à dominance familiale en une agriculture moderne, productive, compétitive et connectée au marché.
Elle a expliqué que la mise en œuvre de la campagne agricole 2016-2017 s’inscrit dans le cadre de l’exécution des actions contenues dans la lettre de Mission assignée à son Département.
Madame la Ministre a indiqué que la mission de lancement de la campagne agricole 2016-2017 lui a permis de toucher du doigt les réalités dans les zones de production agricole des préfectures de Dabola, Kouroussa, Kankan, Koundjan-Mandiana, N’Zérékoré, Sérédou-Macenta, Kissidougou, Guéckédou et de Foulaya-Kindia.
 
Elle a conclu qu’au terme de sa mission, son Département est amené à formuler un certain nombre de recommandations dont entre autres :
  • la restructuration et la formation des groupements des arachidiers et leur approvisionnement en intrants spécifiques, y compris l’appui conseil ;
  • la mise en valeur à titre expérimental d’une partie de la plaine de Koundjan, pour disposer des informations techniques sur sa rentabilité, son mode d’occupation, les atouts et les contraintes liés à la mise en production de la plaine ;
  • la création d’un centre de formation à Koundjan dans le cadre de la valorisation de la plaine aménagée de 1.000 hectares avec maîtrise de l’eau ;
  • l’appui financier au centre de recherche agronomique de Sérédou pour la réhabilitation de la station de pompage ;
  • la reprise et l’extension du parc à bois de Foulaya dans le cadre de la couverture en matériel végétal performant ;
  • la consolidation de la multiplication de semences à crédit remboursable en nature, sur la base d’un sac contre deux sacs au remboursement au niveau du Centre de Conditionnement des semences de Gueckédou ;
  • la création de deux centres de production de matériel végétal dans l’objectif de produire 50.000 plants de cultures pérennes contre 25.000 plants actuellement ;
  • l’organisation d’une réunion de partage et d’information avec toutes les ONG évoluant dans le secteur agricole en vue de créer une cohérence dans l’appui au monde agricole.
 
Au terme des débats, le Conseil demande à Madame la Ministre de soumette un rapport technique déterminant de façon globale les objectifs atteints à travers des statistiques fiables.
Elle devra également définir les priorités de la campagne prochaine en vue de prendre toutes les dispositions utiles à temps.
 
AU TITRE DES COMMUNICATIONS
 
Madame la Ministre du Plan et de la Coopération Internationale a fait une Communication sur l’amélioration de la performance dans la gestion des projets d’investissement public.
La Ministre a précisé que sa communication a pour objectif de situer les raisons principales de la faible performance de nos projets et programmes d’investissement public ainsi que les mesures envisagées pour son amélioration.
Elle a indiqué que le Département du Plan et de la Coopération Internationale a fait un constat, en rapport avec les équipes des projets et des partenaires techniques et financiers, qui démontre que la République de Guinée enregistre un taux de décaissement faible d’environ 35% avec des durées très longues d’exécution des projets. Ce qui a pour conséquence la détérioration de la performance du portefeuille et des projets.
Elle a soutenu que cet état de fait est dû notamment :
 
–       à la faiblesse des études lors de la préparation des projets et programmes ;
 
–       à la faiblesse du système de passation des marchés ;
 
–       au non-respect des procédures de recrutement du personnel des projets et programmes ;
 
–       aux difficultés de mobilisation des fonds de contrepartie nationale du budget national de développement (BND) pour financer les projets et programmes ;
 
–       à la faiblesse du système de suivi et d’évaluation des projets et programmes ;
 
–       à la juxtaposition de différentes structures intervenant dans le processus de passation des marchés.
 
Madame la Ministre a précisé que pour corriger ces faiblesses, son Département propose les mesures suivantes :
 
  • Renforcer les capacités techniques et institutionnelles des Bureaux de Stratégie et de Développement (BSD) pour leur permettre de :
–       définir les objectifs, les stratégies sectorielles en matière de développement et d’élaborer les bilans semestriels et annuels d’exécution des volets sectoriels du Plan National de développement et du programme d’investissement ;
–       d’assurer la coordination des activités des différentes structures de leur département en matière de statistiques, de planification, de programmation, de suivi et d’évaluation ;
–       d’analyser et de donner les avis sur les études de faisabilité des projets et programmes au sein du Ministère concerné.
 
  • Au niveau des passations des marchés, il faut nécessairement :
–       assurer la maitrise des procédures de passation des marchés des partenaires par le personnel des projets et de l’administration ainsi que la mise en œuvre d’un programme de renforcement des capacités ;
–       faire participer les cadres ayant une bonne maitrise de la gestion des projets dans les missions de négociation des accords de prêt et de don.
 
  • Au niveau des fonds de contrepartie : faire la budgétisation et le paiement des montants prévus au titre des fonds de contrepartie dans son intégralité et à temps afin de respecter les engagements contractuels et l’exécution des activités prévues. A ce titre, le PIP sera le seul document cadre de programmation et de budgétisation des investissements publics.
  •  
  • Au niveau du suivi et évaluation : pour permettre à l’Etat et à ses partenaires techniques et financiers d’avoir une meilleure lisibilité et cohérence de ses interventions, un accent particulier doit être mis sur le suivi des recommandations contenues dans les aide-mémoires des missions de supervision et les rapports annuels d’audit de l’exécution des projets.
 
Madame la Ministre a ensuite fait une deuxième Communication sur l’élaboration du Plan National de Développement Economique et Social 2016-2020.
 
La Ministre a précisé que l’objectif poursuivi est de réhabiliter et de renforcer le système de planification du développement en République de Guinée sur la base d’une vision prospective concertée et cohérente. Il s’agit de rompre complètement avec le pilotage à vue de l’économie nationale qui a prévalu depuis 1985.
 
Elle a indiqué que le Gouvernement a mis en chantier la préparation d’un document unique de développement intitulé Plan National de Développement Economique et Social 2016-2020. Il s’agit d’élaborer et de mettre en œuvre un nouveau plan qui puisse concilier les notions « d’émergence » et de « développement durable » tout en se focalisant sur la réduction de la pauvreté et des inégalités, en articulation avec le programme accéléré de sécurité alimentaire et nutritionnelle et de développement agricole durable 2016-2020 et conformément à l’Agenda 2030 des Objectifs de Développement Durable (ODD).
 
Madame la Ministre a ajouté que le Plan national de développement économique et social 2016-2020 sera le premier outil d’opérationnalisation de l’étude prospective « Guinée, vision 2040 » en cours de finalisation. Ce plan prend en compte le plan d’actions prioritaires post-Ebola et vise, de manière globale, l’accélération de la croissance et la promotion d’un développement durable.
Elle a affirmé qu’un accent particulier sera mis sur les préoccupations de développement au niveau communal et communautaire à travers les plans de développement locaux (PDL) ainsi qu’au niveau préfectoral et régional. De même, la dimension intégration sous régionale sera prise en compte.
 
Au terme des débats, le Conseil approuve la mise en œuvre des recommandations visant à harmoniser, améliorer la procédure de passation des marchés et accroitre le taux de décaissement des projets d’investissement public. Le Conseil apporte son soutien à Madame la Ministre et l’encourage à poursuivre le processus d’élaboration du plan national en tenant compte du programme présidentiel.
 
Le Ministre de Ville et de l’Aménagement du Territoire a fait une Communication sur les préparatifs de la Conférence Internationale de l’HABITAT III.
 
Le Ministre a annoncé que la troisième conférence des Nations Unies sur le logement et le développement urbain durable (Habitat III) se tiendra en octobre 2016 à Quito en Equateur sur le thème : le développement urbain durable : l’avenir de l’urbanisation.
 Il a affirmé que cette conférence constituera une plateforme pour débattre des défis auxquels les villes font face et du rôle qu’elles peuvent jouer dans le développement durable. Au cours de cette conférence, le nouvel agenda urbain sera notamment traité et défini pour les 20 prochaines années.
 
Il a ajouté que l’Habitat III réunira les gouvernements nationaux, les organisations multilatérales, les gouvernements locaux, le secteur privé et la société civile afin d’identifier des solutions, proposer des politiques et créer de nouveaux modèles de développement qui soient durables, égalitaires et facilitent les liens entre espaces urbains et ruraux.
Le Ministre a expliqué que dans le contexte actuel d’urbanisation rapide qui impose d’importants défis aux villes, nombreux sont les sujets et les perspectives vers lesquels les débats peuvent s’orienter. Afin d’organiser, systématiser et faciliter le processus de construction du Nouvel Agenda Urbain, plusieurs documents d’enjeux ont été rédigés et préparés en fonction des thématiques dont entre autres :
 
–       Cohésion sociale et villes équitables/vivables ;
–       Cadres de l’action urbaine ;
–       Développement spatial ;
–       Economie urbaine ;
–       Ecologie urbaine et environnement ;
–       Logement en ville et services fondamentaux.
 
Il a indiqué que la conférence internationale sur l’Habitat III sera fortement articulée sur les résultats du sommet sur les objectifs de développement durable et de la conférence sur le climat COP21 de 2015.
 
Le Ministre a annoncé qu’à l’issue de la conférence internationale sur l’Habitat III, une déclaration sera adoptée par les Etats membres.
 
 
 
Le Ministre de la jeunesse a fait une communication sur le programme national d’insertion socio-économique des jeunes dans le cadre de la relance post-Ebola.
Le Ministre a précisé que le programme national d’insertion socio-économique des jeunes en cours d’élaboration, avec l’implication de plusieurs Ministères, s’appuie sur la dynamique lancée en 2015 pour préparer la phase de relance post Ebola durant laquelle près de 700 millions de dollars US ont été promis à la Guinée sur un total de 3,5 milliards de dollars US au plan régional.
Il a rappelé que sous l’impulsion de son Département, un programme a pris forme afin de répondre aux défis de la Guinée et saisir l’opportunité que la jeunesse de Guinée représente.
Les principaux bénéficiaires des activités du programme sont les jeunes hommes et femmes, y compris les jeunes déscolarisés ou sans instruction, les jeunes diplômés sans emploi de l’enseignement technique et professionnel et de l’enseignement supérieur.
Le Ministre a clarifié que le programme est structuré en quatre composantes essentielles qui sont :
  • Emploi des jeunes au cœur des politiques macro-sectorielles et les investisseurs privés ;
  • Employabilité et promotion à l’insertion socioprofessionnelle ;
  • Education, participation des jeunes à la vie publique, citoyenneté et prévention des conflits ;
  • Gouvernance et système d’information efficace de l’emploi.
  •  
Le Ministre a sollicité l’adoption du programme par le Conseil. Il a annoncé la tenue d’une réunion de présentation du programme aux bailleurs de fonds le 13 juillet et a demandé le soutien et la collaboration de tous les membres du conseil pour la mobilisation des ressources indispensables à la mise en œuvre du programme.
 
Au terme des débats, le Conseil autorise la poursuite de la finalisation du programme et invite les ministères concernés à participer au plaidoyer du 13 juillet prochain pour la mobilisation des ressources. Le Conseil invite le Ministre à soumettre un rapport d’étape à une prochaine session.
 
 
Le Ministre du Budget a fait une Communication sur l’organisation du Forum International sur la mobilisation et l’utilisation efficace des ressources intérieures.
Le Ministre a précisé que l’objectif global du forum consistera à partager des expériences sur les différentes stratégies, réformes et actions à mettre en œuvre pour relever le double défi de mobilisation des ressources intérieures et de leur utilisation efficace en faveur d’un développement inclusif et durable de la Guinée. Il s’agira également de débattre de la problématique de la mobilisation et de l’utilisation efficace des ressources internes de l’Etat.
 
Il a ajouté que le forum permettra spécifiquement d’identifier de manière exhaustive les ressources intérieures susceptibles d’être mobilisées par les autorités publiques ainsi que les moyens et outils adéquats à cette fin.
Le Ministre a précisé que le forum sera principalement axé sur :
Ø  les perspectives de l’économie guinéenne selon une approche sectorielle ;
Ø  la mobilisation des ressources intérieures : état des lieux de la fiscalité intérieure et opportunités (épargne privée, transfert de fonds, etc …) ;
Ø  l’utilisation rationnelle et efficace des ressources intérieures en faveur d’un développement inclusif et durable ;
Ø  les réformes/actions à poursuivre ou à mettre en œuvre pour améliorer la gouvernance des ressources intérieures aussi bien en amont qu’en aval.
Il a souligné que plusieurs partenaires actifs dans le domaine de la gouvernance des ressources intérieures seront associés et conviés à participer au forum.
Le Ministre a sollicité auprès du Conseil le soutien dans les différentes phases de préparation et d’organisation du forum.
 
Au terme des débats, le Conseil autorise le Ministre à poursuivre le processus d’organisation du forum et l’invite à soumettre progressivement des rapports d’étape.
 
La Ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts a fait une Communication sur le programme de lancement de la campagne de reboisement, au titre de l’année 2016.
Madame la Ministre a rappelé que le plan d’action prioritaire 2016, tiré de la lettre de mission assignée à son Département a inscrit le reboisement au titre des actions prioritaires et constitue la participation du pays à la mise en œuvre de la Contribution Prévue Déterminée au niveau National (CPDN) dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le changement climatique.
 
Elle a expliqué que la préservation, la restauration et la reconstitution des forêts guinéennes constituent à coup sûr, une réponse positive à l’atténuation et à la mitigation des impacts du changement climatique.
 
La Ministre a ajouté que la bataille contre le changement climatique ne peut être gagnée sans les forêts, en raison de leurs fonctions principales de régulation du climat, de préservation, de protection, de production, de séquestration du carbone, de détente et de loisirs.
Elle a informé le Conseil que l’objectif visé de la campagne est de reboiser 1.000 hectares de forêts et 1.000 hectares de mises en défens de forêt naturelle et communautaire.
 
La Ministre a soumis au Conseil le programme de lancement de la campagne de reboisement qui aura lieu le 10 juillet 2016 sur les berges du fleuve Niger à Faranah, en raison de l’importance régionale et internationale de ce fleuve.
Elle a annoncé également le lancement de la journée nationale d’investissement humain en faveur de l’arbre, le 25 juillet 2016 sur toute l’étendue du territoire national. Durant cette journée, elle propose de recommander que chaque guinéen ou résident plante un arbre et qu’il s’abstienne de couper ou défricher un arbre ou un domaine forestier.
 
Au terme des débats, le Conseil encourage l’initiative et approuve le programme de lancement de la campagne de reboisement 2016.
Avant de lever la séance, le Président de la République a donné des informations sur la situation régionale et internationale.
 
Le Conseil des Ministres
Transmis par la Cellule de Communication du Gouvernement
La Guinée par les Guinéens.
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