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vendredi 1 juillet 2016

jeudi 30 juin 2016

Cap-Vert : le gouvernement adopte un projet de budget d' un montant d'environ 598 millions de dollars

Le ministre de la Présidence du Conseil des ministres, Fernando Elisio Freire
PRAIA, (Xinhua) -- Le projet de budget de l'Etat du Cap-Vert pour 2016, d'un montant de 59,6 milliards d'escudos (environ 598 millions de dollars) a été adopté par le gouvernement capverdien, a-t-on appris lundi de source gouvernementale.
Selon le ministre de la Présidence du Conseil des ministres, Fernando Elisio Freire, le budget de l'Etat baisse de 2,1 % par rapport au précédent et prévoit 40,1 milliards d'escudos pour le fonctionnement et 19,5 milliards d'escudos pour l'investissement.
Dans le projet de budget qui sera soumis en juillet au Parlement pour adoption, le gouvernement a donné la priorité à la mise en œuvre d'un programme d'urgence comportant notamment le règlement de la dette de l'Etat envers les familles et les entreprises grâce à un plan d' action clair. La dette publique nationale représente 121% du PIB du Cap-Vert.
Il est également prévu un plan d'urgence pour la saison des pluies, d'un montant de 40 millions d'escudos, ainsi que 19,5 millions d'escudos qui seront consacrés à un plan d' activité de lutte anti-vectorielle, a indiqué le ministre.

Coupe abusive de bois dans la région de Zigninchor : un pillage sino-gambien soutenu par les bandes armées

Le phénomène de la déforestation à outrance en Casamance, ce n’est pas qu’à Médina Yoro Foulah, dans le Fouladou. Le trafic illicite de bois est aussi perceptible dans la région de Ziguinchor. Contrairement à Kolda (Fouladou), où le Vène est la denrée la plus prisée, à Ziguinchor, les trafiquants ont jeté leur dévolu sur le caïlcedrat, de son nom scientifique Khaya Senegalensis. Profitant de l’insécurité dans la zone, les trafiquants ont impliqués les bandes armées dans l’exploitation illicite pour mieux satisfaire la clientèle chinoise établie en Gambie.
A l’instar de la région de Kolda, la coupe abusive de bois est une réalité à Ziguinchor. Dans le département de Bignona et sur l’axe Diouloulou-Sindia, les trafiquants sont impitoyables… pour les arbres. L’inspecteur régional des Eaux et forêts de la région, Commandant Djimanga Diedhiou, soutient que cette pratique nocive à l’environnement est renforcée par la rébellion dans cette partie méridionale du pays. «La crise sécuritaire crée les conditions favorables au pillage des ressources. Dans les zones où se trouvent les bandes armées, les trafiquants sont de connivence avec les mouvements rebelles. Cette situation est visible tout le long de la frontière avec la Gambie», dit-il.
Dans la région de Ziguinchor, le caïlcedrat, ce grand arbre, géant aux vertus thérapeutiques, reste l’espèce la plus prisée. Mais, à cause donc de cette insécurité, les agents des Eaux et forêts ne peuvent pas accéder aux zones de coupe. Le Commandant Djimanga Diedhiou informe, toutefois, qu’ils sont souvent appuyés dans la lutte par les forces militaires pour installer la peur chez les braconniers et trafiquants.
112 INTERPELLATIONS DONT 12 EMPRISONNEMENTS
Depuis le mois de janvier 2016, au total 112 personnes ont été interpellées. 12 parmi eux ont été placées en garde à vue: 3 des condamnés sont de nationalité gambienne, 4 sont de la République de Guinée et 5 sont du Sénégal. Pour l’inspecteur régional des Eaux et forêts de la région de Ziguinchor, les populations autochtones ont aussi une part de responsabilité dans ce pillage de la forêt du Sud. Elles sont complices, en hébergeant les trafiquants chez-eux. Certains villageois aussi vendent les arbres qui se trouvent dans leurs champs aux braconniers qui sont, dès lors, libre de procéder à la coupe.
Pour lutter contre cette complicité des populations, le Commandant Djimanga Diedhiou plaide pour la mise en place de projets de développement. Il cite, comme l’exemple, l’aménagement de la forêt de Kalounaye qui permet à plusieurs pères de famille de s’adonner à la fabrication du charbon de bois. Formés en technique de coupe et de gestion financière, ils s’occupent de la forêt et mènent en même temps leurs activités génératrices de revenues.
UN TRAFIC ESSENTIELLEMENT DIRIGE PAR LA GAMBIE
L’implication de la Gambie dans le trafic de bois en provenance de la Casamance n’est plus à démontrer. A Ziguinchor, l’inspecteur régional des Eaux et forêts, Djimanga Diedhiou se désole de la situation. En effet, dit-il, les trafiquants cachés dans ce pays sont souvent de connivence avec les bandes armées. De ce fait, ils achètent le bois coupé illégalement par ses hommes de la forêt. L’insécurité aidant, les agents des Eaux et forêts ne parviennent pas à accéder aux zones de crime. Aussi, la porosité des frontières et l’absence de contrôle au sortir du territoire sénégalais aidant, le bois se retrouve facilement entre les mains des chinois installés au pays de Yahya Jammeh.
La situation est d’autant plus critique informe, l’inspecteur des Eaux et forêts de la région de Ziguinchor. Et comme pour corser la dose, la falsification des permis de circulation du bois, complique la lutte contre le fléau. Dans ce pays voisin, tout comme du côté des rebelles, il est délivré des faux permis de circulation (estampillés Sénégal) aux trafiquants. Pis, les bandes armées qui s’activent dans le trafic ont aussi leur propre sésame qui attesterait de la légalité de la pratique. Le rôle joué par la Gambie dans ce pillage organisé se vérifie aussi, selon le Commandant Djimanga Diedhiou, par les nombreux camions avec l’immatriculation gambienne, arrêtés alors qu’ils étaient en plein convoyage du bois. 10 camions ont été saisis, les 4 sont équipés de grue. Et, 3 de ces gros porteurs ont été arrêtés cette année. 122 charrettes ont été mises aux arrêts. La zone de fort trafic est l’axe Diouloulou-Sidian, zone situé à quelques encablures de la Gambie.
MANQUE DE MOYENS DES EAUX ET FORET : La fausse note de l’action étatique
Le local qui abrite la Direction départementale des Eaux et forêts de Bignona est dans un état de délabrement très avancé. Fait de banco, la bâtisse résiste difficilement à cause de son âge. Elle est construite depuis l’époque coloniale, dit-on. De petites pièces constituent les bureaux. Les toilettes sont dans un état qui ne donne pas envie au visiteur de se soulager. La maison d’un des responsables qui loge tout prés des lieux est, elle aussi, dans un délabrement total.
Cette photographie de service départemental en dit long sur le manque de moyen des agents des Eaux et forêts appelés à faire face à cet appareil organisé de déboisement de la dernière réserve forestières du Sénégal, avec la complicité ou implication de la Gambie, deuxième exportateur ouest africain de bois de Vène vers la Chine après le Nigéria.
En plus de ce manque de locaux fonctionnels, le commandement régional des Eaux et forêt de Ziguinchor n’a pas suffisamment de véhicules. Chaque département ne dispose que d’une seule voiture pour gérer son périmètre. Donc, face à ces scieries chinoises et mêmes des indiens impliqués maintenant dans ce trafic illicite, aidés par les autorités au sommet de la Gambie, la bataille est encore loin d’être gagnée.

Manifestation de rue : le gouvernement réagit à la menace

Le porte-parole du gouvernement, Damantang Albert Camara
Le porte-parole du gouvernement, Damantang Albert Camara a réagi à la menace de l’opposition de reprendre la rue après le mois de de Ramadan. Le ministre de la Formation professionnelle pense qu’il s’agit d’une “logique de fuite en avant”.
“Je ne pense si c’est qui va régler. la situation. Je ne sais même pas quel est l’objectif précis pour cette manifestation. C’est remettre en cause tout ce qui existe”, commente le ministre porte-parole du gouvernement.
Il estime que les manifestations de rue ne sont pas de nature à changer la donne. “Si les manifestations peuvent changer les choses, on le saurait. Ça fait 6 ans qu’on est en train de travailler, qu’on essaie de faire sortir ce pays du marasme dans lequel il était. Si c’étaient les manifestations qui étaient capables de régler les problèmes, on l’aurait déjà constaté”, indique Damantang Albert Camara.
Répondant à l’opposition qui déclare que le dialogue est absent avec le pouvoir, le porte-parole du gouvernement affirme que les négociations vont reprendre très bientôt, assurant que le dialogue n’a jamais été rompu. Donc, insiste-t-il, “je ne vois pas ce que ces manifestations vont apporter. Il faut être raisonnable. On répète chaque fois la même chose. La CENI est en train de se battre pour organiser les élections”.

La Guinée-Bissau décroche le gros lot

Si le football était une science exacte, la Guinée-Bissau ne serait très probablement pas en train de préparer son voyage au Gabon pour y disputer la Coupe d'Afrique des Nations de la CAF en janvier prochain. Les Djurtus ont pourtant gagné le droit de participer à l'épreuve continentale pour la première fois de leur histoire, alors qu'il leur reste un match à jouer.
Une réalisation de Toni Silva à la 90ème minute de leur avant-dernière rencontre du Groupe E leur a permis de vaincre (3:2) la Zambie, sacrée championne d'Afrique en 2012, et prendre quatre points d'avance en tête du classement. La performance est de taille, surtout quand on se souvient qu'après deux matches, elle n'avait décroché qu'un maigre nul et accusait un retard de trois unités sur la Zambie et le Congo. Deux succès (1:0) consécutifs ont suivis face au Kenya, faisant prendre conscience de leurs possibilités aux partenaires de Bocundji Ca. "Contre le Kenya, tout le monde a donné le maximum et exploité tout son potentiel", confirme le capitaine au micro de FIFA.com.
Le Congo et la Zambie ayant laissé des points en route lors de leurs affrontements directs, la Guinée-Bissau s'est alors retrouvée avec la Coupe d'Afrique en ligne de mire. Ca, formé à Nantes, explique que sa sélection ne s'est jamais laissé impressionner par cette perspective historique. "Même contre la Zambie, on a commencé avec la même détermination que face au Kenya", assure-t-il. "On n'envisageait même pas de faire match nul, on ne voulait que la victoire, par tous les moyens. C'était la première opportunité de notre histoire de nous qualifier pour la CAN, on savait qu'on n'avait pas le droit de la manquer."
Coincé entre le Sénégal et la Guinée, le petit pays d'Afrique de l'Ouest a répondu présent. L'ouverture du score de Zezinho a été réduite à néant par Collins Mbesuma. L'attaquant Frédéric Mendy, qui honorait sa première sélection, a redonné l'avantage aux siens avant le retour aux vestiaires, mais les Chipolopolos ont de nouveau égalisé dans le second acte, cette fois par Christopher Katongo. C'est finalement Silva, un autre débutant, qui a marqué le but vainqueur à la dernière minute. La joie devant les trois points conquis de haute lutte s'est transformée en une ivresse totale dès le lendemain : le Kenya, pourtant mené au score, a dominé le Congo 2:1, assurant ainsi la Guinée-Bissau de terminer à la première place.
Combinaison gagnante
Tout n'a pas pour autant ressemblé à un long fleuve tranquille. "Nous avons eu des matches très durs et très compliqués", admet Ca. "Ça n'a pas été facile, mais il y a un très bon état d'esprit au sein de l'équipe, c'est notre force. Tout le monde défend, même les attaquants. On met beaucoup de pression sur nos adversaires. On attaque et on défend ensemble. Ce sont peut-être les bases, mais on n'y parvenait pas il y a encore quelques années. Notre solidarité à toute épreuve est notre gros point fort."
Cette solidarité ne souffre même pas du fait que dans cette ancienne colonie portugaise, tous les joueurs ne maîtrisent pas la même langue. "Peu importe qui parle espagnol ou portugais, on est sur la même longueur d'onde", se réjouit le pensionnaire du Paris FC, qui évoque aussi le rôle du sélectionneur Paulo Torres, vainqueur de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA 1991 avec le Portugal."Ce n'est pas un entraîneur qui parle beaucoup, il est plutôt calme, mais il mène beaucoup d'entretiens individuels pour expliquer ce qu'il attend de chacun d'entre nous. Il est très professionnel. On sent qu'il nous fait confiance, tout le monde adhère", détaille le milieu de terrain de 29 ans.
Le conte de fées vécu par la Guinée-Bissau pourrait également s'expliquer par le soutien dont la sélection bénéficie en haut lieu : "Tout le monde au pays est derrière nous, même le président José Maria Vaz, qu'on a rencontré trois fois en mai et juin", précise Ca. "Cet intérêt pour le football est assez nouveau. Ce n'est pas une priorité en Guinée-Bissau, mais je crois que le gouvernement a réalisé que ça pouvait aussi être une grande aide pour le pays."
De bonnes performances au Gabon seraient certainement bénéfiques au moral de la nation. Pour cela, il ne faudra pas se laisser intimider par une opposition prestigieuse. "Jouer la CAN, ce sera beaucoup de plaisir. On n'aura rien à perdre. Battre des équipes comme la Zambie nous a montré qu'on n'avait aucune raison de se sentir inférieurs", assure Ca. "Si on peut battre une équipe qui a gagné la Coupe d'Afrique il y a quelques années, pourquoi devrait-on avoir peur de cette compétition ?"