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jeudi 15 décembre 2016

Sahara occidental : nouveau déploiement de l’armée sahraouie près de la frontière avec la Mauritanie

L’armée sahraouie a établi plusieurs points fixes et mobiles face au mur marocain, dans la zone de Guelta Zemmour (proche de la Mauritanie) rapporte El Confidencial Saharaui. Selon le média, qui cite une source militaire sahraouie, cette opération vise à « empêcher les pillages ». L’objectif est d’éviter « l’acquisition illégale de métaux précieux et d’or qui auraient été découvert dans cette région ».
D’après la source citée par El Confidencial Saharaui, la mesure est permanente et inclue un « contingent d’effectifs des unités spéciales et de véhicules militaires type Toyota » afin de sécuriser la zone dans un contexte de tensions militaires croissantes.
À El Guerguerat, près de la frontière mauritanienne, la consolidation des positions du Front Polisario et la visite récente de son chef Ibrahim Ghali, fait craindre une « reprise des hostilités », s’inquiète l’ONU. Largement reprises par les médias marocains, les récentes opérations du Front Polisario sont considérées comme des provocations sans qu’il n’y ait pour autant de réactions officielles des autorités marocaines. Les médias marocains reprochent par ailleurs la Mauritanie de ne plus faire preuve de neutralité. Selon le site d’information le360.ma, la Mauritanie « tient manifestement à exprimer son inimitié envers le Maroc ». Le pays est accusé d’avoir laissé les responsables du Front Polisario « s’approcher de l’Atlantique et y prendre des photos ».

Guinée-Bissau: le gouvernement d'Umaro Sissoco Embalo face à sa première grève générale

La plus grande centrale syndicale de Guinée-Bissau a lancé mercredi une grève générale de 48 heures pour réclamer des arriérés de salaire, au lendemain de l'investiture du gouvernement d'Umaro Sissoco Embalo, mouvement suivi avec un succès mitigé, selon un journaliste de l'AFP et des témoins.
L'Union nationale des travailleurs de Guinée (UNTG), qui a lancé le mot d'ordre de grève pour mercredi et jeudi, réclame le paiement de plusieurs mois de salaire -entre neuf et onze-, non perçus depuis 2003 ainsi que l'harmonisation des grilles salariales avec les standards régionaux, selon un de ses responsables, Alberto Djata.
A Bissau, la capitale, la grève semblait peu suivie, a rapporté le journaliste de l'AFP, qui a vu notamment à leur poste de nombreux enseignants et transporteurs, généralement respectueux des mots d'ordre de leur syndicat.
Interrogés par l'AFP, certains fonctionnaires ont expliqué n'avoir pas observé l'arrêt de travail car le moment était jugé peu propice, le gouvernement n'ayant prêté serment que la veille.
Dans de grandes villes de l'intérieur du pays, la situation était contrastée, selon des témoins qui n'ont pas fait état de fortes perturbations.
Des responsables de l'UNTG - affirmant compter environ 8.000 membres, essentiellement dans la fonction publique - ont cependant assuré que le taux de grévistes était faible à Bissau mais très important à l'intérieur du pays.
De source syndicale, des négociations ont été engagées mercredi après-midi avec les syndicats à la demande d'Umaro Sissoco Embalo.
Nommé Premier ministre le 18 novembre par le président José Mario Maz, M. Sissoco Embalo a formé lundi son gouvernement, qui a prêté serment mardi.
La Guinée-Bissau a été la proie de turbulences politiques depuis la destitution en août 2015 par le président Vaz de son Premier ministre Domingos Simoes Pereira, chef du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC, au pouvoir), auquel tous deux appartiennent.
Le PAIGC a contesté la désignation de tous les Premiers ministres depuis août 2015. Ses députés ont refusé de siéger, empêchant le Parlement de fonctionner. Plusieurs médiations ont été menées pour tenter de lever le blocage.

Un ancien ministre des Mines guinéen arrêté aux Etats-Unis pour corruption

L’ancien ministre guinéen des Mines Mahmoud Thiam a été arrêté mardi 13 décembre à New York pour corruption et blanchiment d'argent. Il est accusé d'avoir perçu plus de 8 millions de dollars d'entreprises chinoises pour l'attribution de contrats. C'est le FBI qui a été chargé de cette enquête. En tant que citoyen américain, Mahmoud Thiam sera traduit devant un tribunal fédéral.
Avec notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio
Les faits remontent à 2009, d'après le communiqué détaillé du ministère américain de la Justice. Mahmoud Thiam aurait reçu 8,5 millions de dollars (un peu plus de 8 millions d'euros) en pots-de-vin, utilisant sa position au sein du gouvernement guinéen afin d'accorder des contrats à des opérateurs chinois. Ces derniers ont ainsi obtenu « le contrôle quasi intégral du secteur minier guinéen ».
Mahmoud Thiam, 50 ans, détenteur d'un passeport américain, aurait ensuite transféré ces fonds à Hong Kong, avant de les rapatrier aux Etats-Unis, en mentant sur ses fonctions officielles.

Burkina 2016: grèves, incivisme, intolérance...le président Kaboré n'a pas bénéficié d'état de grâce

Roch Marc Christian Kaboré.
Grèves dans la quasi-totalité des secteurs publics et privés, revendications des acteurs de la société civile, et actes d'incivisme, ont marqué la gestion d'une année de pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré, arrivé à la tête du Burkina Faso en fin 2015, après la chute de Blaise Compaoré, par une insurrection populaire, et une transition pertubée par un coup d'Eta manqué.
Depuis le début de l'année, les autorités ont fait face à de nombreux mouvements sociaux à travers des grèves et des sit-in, tous revendiquent de meilleures conditions de vie et de travail.
De la grève des magistrats en passant par celle des boulangers, des médecins, des journalistes, des agents des impôts, de l'action sociale et des transporteurs..., l'année 2016 a été marquée par une montée sans précédent de la fronde sociale.
Pour Bertand Ilboudo, syndicaliste, ces revendications sociales sont liées à une soif de la justice et de l'égalité dans le partage des richesses, après plus de 25 années de pouvoir dominé par la corruption et l'injustice.
En outre, il a précisé que les autorités actuelles n'arrivent pas à gérer les problèmes des travailleurs qui réclament un traitement commun, faisant allusion aux avantages accordés aux magistrats, exacerbant les revendications sociales dans les autres secteurs.
Les députés de la majorité présidentielle accusent d'ailleurs le régime de la Transition d'avoir instauré un climat de revendications sociales au Burkina Faso en faisant preuve d'une grande "générosité".
Pas d'état de grâce
Dans une déclaration publiée à l'occasion du premier anniversaire des élections qui ont porté Roch Marc Christian Kaboré au pouvoir, trente formations politiques dont le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) ont expliqué que les revendications sociales ont pour origine "le marasme économique et la situation sociale délétère".
Pour la majorité présidentielle, le nouveau pouvoir n'a pas bénéficié du moindre état de grâce, alors que "la Transition a fait preuve d'une grande générosité pour des revendications dont la mise en œuvre est coûteuse, sans avoir pris les dispositions budgétaires appropriées".
La déclaration souligne que malgré les efforts et la bonne volonté du gouvernement, la situation sociale a continué de se dégrader comme on peut le constater à travers les grèves et les autres formes de protestation.
"Notre conviction reste que le dialogue social doit être chaque fois privilégié, car il doit être la règle, et la grève l'exception. Toutes les parties prenantes doivent engager des dialogues de bonne foi, rechercher et accepter des solutions équilibrées".
Renouvelant leur soutien au président Roch Marc Christian Kaboré, les partis de la majorité présidentielle ont exprimé également leur solidarité avec le gouvernement.
Pour sa part, M. Kaboré a dénoncé "les violences inutiles perpétrées çà et là et le manque de tolérance" de certains Burkinabè.
"C'est le lieu pour moi de dénoncer et de condamner les violences inutiles perpétrées çà et là, la défiance vis-à-vis de la loi, ainsi que le manque de tolérance", a-t-il dit lors de la célébration du 56è anniversaire de l'indépendance de son pays.
Il a ajouté que "toutes ces pratiques sont aux antipodes des exigences de la démocratie et seront désormais combattues comme telles, et leurs auteurs punis conformément à la rigueur de la loi".
"Il est également à déplorer le fait que nombre de nos compatriotes ne reconnaissent que des droits dont ils doivent jouir et n'entendent pas se plier aux devoirs qui sont les leurs dans le cadre de l'Etat de droit", a regretté Roch Kaboré pour qui "ces comportements attentatoires à la loi et aux règlements, ainsi qu'aux droits et libertés des autres annihilent les efforts de consolidation de la paix et de la démocratie, afin de prendre à-bras-le-corps les tâches de développement économique, social et culturel du pays".
Appel à la consolidation de "l'unité nationale"
Le président Kaboré a rassuré que le gouvernement mettra tout en œuvre pour être à la hauteur de ses responsabilités, en recherchant les solutions appropriées aux préoccupations des Burkinabè.
M. Kaboré a réaffirmé sa "disponibilité et celle du gouvernement au dialogue et à la concertation avec tous les partenaires sociaux, sans démagogie, sans excès, ni faiblesse et dans le respect mutuel", les invitant "à s'inscrire dans cette dynamique pour préserver la paix qui reste un des biens les plus précieux".
"Chaque jour, nous devons nous battre, chacun à son poste de travail, pour mériter de la nation et offrir constamment à nos populations des raisons d'espérer à l'amélioration de leurs conditions", a-t-il dit.
C'est pourquoi, a-t-il poursuivi, il apparaît impérieux de "nous comporter de façon à consolider l'unité nationale".

Budget d’Etat 2017: Présidence de la République : 11 milliards de FCFA

Budget d’Etat 2017: Présidence de la République : 11 milliards de FCFA
Assemblée nationale : 15 milliards de FCFA
Armée : Plus de 330 milliards de FCFA
Accord d’Alger : Plus de 60 milliards de FCFA
Hier, mercredi 14 décembre 2016, l’adoption du projet de loi portant loi de Finances pour l’exercice 2017 était à l’ordre du jour de la séance plénière de l’Assemblée nationale du Mali. Ledit projet de loi, initié par le ministre de l’économie et des finances, a été adopté par le conseil des ministres en sa séance du 29 septembre 2016. Les prévisions budgétaires de la loi de finances initiale 2017 s’élèvent à 2 013 578 104 000 FCFA de recettes et 2 270 647 113 000 FCFA de dépenses, soit un montant de déficit prévisionnel de 257 069 009 000 FCFA.
L’augmentation du budget d’Etat 2017 s’explique par la poursuite de la mise en œuvre de la loi d’orientation et de programmation militaire (330,731 milliards de FCFA), de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali (60, 424 milliards de FCFA). En outre, cette augmentation du budget est liée à l’opérationnalisation des régions de Taoudenit et de Ménaka (plus de 6 milliards de FCFA), à la ténue des élections régionales prévue en mars-avril 2017 (10 milliards de FCFA) et à l’amélioration des dotations des régions, faisant passer le budget des administrations déconcentrées des Régions de 285,564 milliards de FCFA en 2016 à 301,855 milliards de FCFA en 2017. Mais, il faut rappeler que le budget de la présidence de la République a régressé de 14 milliards à 11 milliards de FCFA. Celui de l’Assemblée nationale reste autour de 15 milliards de FCFA.
Selon le rapporteur de la Commission des finances, de l’économie, du plan et de la promotion du secteur privé, Yacouba Michel Koné a fait savoir que les dépenses du budget pour l’exercice 2017 sont alignées sur les orientations du Cadre stratégique pour la relance économique et le développement durable (CREDD) 2016-2018. « Le CREDD intègre, en outre, les mesures prioritaires contenues dans les axes du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) 2013-2018, ainsi que les orientations issues de la Déclaration de Politique Générale du Gouvernement.
Ces mesures concernent la prise en charge de certains engagements du Gouvernement relatifs à la Loi d’Orientation et de Programmation Militaire ; à l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali ; aux priorités des secteurs de l’agriculture, des infrastructures et des secteurs sociaux », a-t-il dit. Il ressort de ce projet de loi qu’une enveloppe de 19,938 milliards de FCFA sera conservée au niveau des départements comme une réserve de gestion. Le budget des administrations déconcentrées des régions est passé de 285,564 milliards de FCFA en 2016 à 301,855 milliards de FCFA en 2017, soit une augmentation de 16,291 milliards de FCFA ou un taux de 5,70%.
Au titre de l’Accord d’Alger, une provision budgétaire de 60,424 milliards de FCFA a été inscrite dans le budget 2017 contre 52,247 milliards de FCFA en 2016. Les dépenses prévues concernent entre autres : l’opérationnalisation des régions de Taoudéni et de Ménaka (plus de 6 milliards de FCFA), les élections régionales et communales pour 10 milliards de FCFA. En outre, il y a le budget annuel de la Présidence de la République qui a chuté de 14 milliards à 11 milliards de FCFA et celui de l’Assemblée nationale reste autour de 15 milliards de FCFA. « Les prévisions budgétaires de la loi de finances initiale 2017 s’élèvent à 2 013 578 104 000 FCFA de recettes et 2 270 647 113 000 FCFA de dépenses, soit un montant de déficit prévisionnel de 257 069 009 000 FCFA.
Les recettes budgétaires de l’exercice 2017 s’élèvent à 2013, 578 milliards de FCFA contre 1802,046 milliards de FCFA dans le budget rectifié de 2016, soit une augmentation de 211,532 milliards de FCFA ou un taux de 11,74% imputable à l’accroissement du Budget Général, des Budgets Annexes et des Comptes et Fonds Spéciaux », a précisé le rapporteur de la commission saisie au Fond, l’honorable Yacouba Michel Koné. A l’en croire, sur un total de prévisions de recettes budgétaires 2017 de 2013,578 milliards de FCFA du budget d’Etat, un montant de 1469,083 milliards de FCFA (soit 72,96%) est recouvré par les services d’assiette et de recouvrement.
Les 544,495 milliards de FCFA ou 27,04% restants proviennent du financement extérieur pour 14,13%, des budgets annexes, comptes et fonds spéciaux pour 4,70%, et autres ressources extérieures (Appuis Budgétaires, ressources issues de l’allègement de l’initiative des Pays Pauvres Très Endettés PPTE), a-t-il dit. Aux dires du rapporteur, l’article 4 du présent projet de loi traite du plafond des crédits inscrits en dépenses au budget de l’Etat pour 2017. A titre de rappel, ces dépenses du budget d’Etat 2017 sont prévues pour 2 270,647 milliards de FCFA contre 2 058,003 milliards de FCFA dans la loi de Finances rectificative (LFR) 2016, soit une augmentation de 212,644 milliards de FCFA ou un taux de 10,33%.
Plus de 5000 éléments seront recrutés dans l’armée en 2017
Aussi, ce budget prévoit non seulement la prise en charge de la césarienne pour 2,124 milliards de FCFA mais aussi des « recrutements réguliers de : Police Nationale (750 éléments) ; Protection Civile (350 éléments) ; Armée (5100 éléments) ; Enseignement (1 071 éléments dont 460 à l’Education de Base et 611 à l’Enseignement Supérieur) ; Santé (350 agents) ; Justice (225 agents dans le cadre du PRODEJ, dont 50 Auditeurs de Justice, 50 Greffiers, 50 Secrétaires de Greffes et de Parquets, 50 Surveillants de prisons et 25 personnels d’appui) ». Les dépenses liées aux déplacements et missions sont passées de 54,200 milliards de FCFA dans la LFR 2016 à 60,926 milliards de FCFA dans le PLF 2017, soit une augmentation de 6,726 milliards de FCFA ou un taux d’accroissement de 12,41%. « Les dépenses de la fonction Défense Nationale et Sécurité passent de 323,514 milliards de FCFA dans le budget rectifié de 2016 à 330,731 milliards de FCFA dans le projet de budget 2017, soit une augmentation de 7,217 milliards de FCFA ou un taux de 2,23%.
Ce secteur occupe la deuxième place après l’Agriculture avec un ratio de 14,57% des dépenses totales de l’année. Cette augmentation est destinée à la prise en charge de la politique de recrutement au niveau des Forces Armées et de Sécurité, des frais de transport, de déplacements et d’acquisition d’équipements majeurs pour les missions de sécurisation et de défense du territoire national dans le cadre de la LOPM … les dotations de la LFR de 2016 d’un montant de 13,593 milliards de FCFA passent à 7,541 milliards de FCFA dans le PLF 2017, soit une diminution de 6,052 milliards de FCFA ou un taux négatif de 44,52%.
Cette baisse est imputable aux mesures nouvelles négatives relatives à la non reconduction de dotations liées aux dépenses en investissement et celles relatives à la réhabilitation du Palais de Koulouba pour un montant de 6,000 milliards de FCFA », a indiqué Yacouba Michel Koné. Les objectifs d’allocation budgétaire 2017 s’inscrivent dans la mise en œuvre de la déclaration de politique générale du premier ministre qui vise trois axes à savoir : la sécurité des personnes et la protection de leurs biens dans un environnement de paix. Ensuite, l’amélioration des conditions de vie et d’existence des populations. Et enfin, la promotion de la justice et l’équité. Le budget du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme a été renforcé et passe de 15,973 milliards de FCFA en 2016 à 21,647 milliards de FCFA en 2017.
Une provision de 27,920 milliards de FCFA a été constituée pour la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation et 2,066 milliards de FCFA pour le fonctionnement de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation. L’une des recommandations faites par la commission saisie au fond est la poursuite des efforts dans le sens de la maîtrise des exonérations. Les débats autour de ce projet de loi débutent ce jeudi matin à l’hémicycle. Mais d’ores et déjà, le ministre de l’économie et des finances, Dr Boubou Cissé peut être rassuré car, le projet de loi de finance 2017 passera comme lettre à la poste du fait qu’il dispose d’une majorité acquise à sa cause. Seul bémol, l’acquisition des voix du groupe Vigilance Républicaine et démocratique (VRD) qui anime l’opposition parlementaire reste à chercher.