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jeudi 26 juin 2014

Bah Alpha Oumar, chef service régional de la protection des végétaux de Labé à Guinéenews

La cochenille, entendez la maladie des plantes a frappé fort cette année dans la commune urbaine de Labé. Un nombre incalculable de manguiers a été touché par cette maladie qui fait saigner régulièrement les plantes tout en freinant considérablement leur évolution. 

Pour nous édifier, Guinéenews s’est adressé à un spécialiste. Monsieur Bah Alpha Oumar est le chef du service régional de la protection des végétaux et des denrées stockées de Labé. Il nous a accordés une interview exclusive qu’on vous propose de lire.

Guinéenews : Qu’est-ce qui explique cette sorte de sève qui se remarque sur beaucoup de plantes de la région notamment les manguiers ?

Bah Alpha Oumar : Les manguiers de Labé ont eu des problèmes cette année. Il s’agit d’une attaque de cochenille. C’est la cochenille farineuse du manguier qu’on appelle couramment le rastracocus invatens. Donc, les manguiers de Labé ont été victimes de cette attaque, c’est ce qui fait couler cette sorte de sève sucrée sur tous les manguiers, qui salit et qui empêche même le développement du manguier.

Guinéenews : Soyez précis, c’est quoi cette Cochenille et comment se développe t-elle sur les manguiers ?

Bah Alpha Oumar : Pour le développement d’une plante, les plantes font une sève pour leur alimentation. C'est-à-dire des racines jusqu’à la transformation au niveau des feuilles. Bon, c’est les feuilles qui sont le laboratoire de transformation de la sève. Maintenant, si ces feuilles sont attaquées, cela veut dire que le travail de laboratoire des feuilles est compromis. Ici, cette cochenille s’attaque à ces feuilles qu’elle suce et c’est le reliquat de ce qu’elle consomme qui se déverse sous forme de sucre au niveau des plantes. Vous verrez, n’est ce pas que ce sucre se déverse sur la partie supérieure des feuilles et finalement ça atteint le sol et ça forme une croute par endroits ; là où certains champignons viennent se greffer. En ce moment, vous voyez qu’il y a une certaine noirceur même sur les feuilles. Et cette noirceur forme finalement une croute qui empêche la photosynthèse au niveau des plantes.

Guinéenews : Qu’est ce qu’il faut pour prévenir ou éradiquer cette maladie des plantes qui a et qui continue à laisser des séquelles dans la ville de Labé?

Bah Alpha Oumar :  Pour lutter contre cette cochenille, dans les conditions normales, il faut la lutte biologique. Cette lutte biologique consiste à lâcher des parasitoïdes, c'est-à-dire des insectes qui se nourrissent de la cochenille ou qui pondent dans la cochenille à l’image de l’épernonien lopési qui pond dans la cochenille. Il faut que ces insectes qu’on appelle couramment des insectes bénéfiques soient utilisés pour diminuer la dynamique de la population cochenillére.

Guinéenews : Y a-t-il un autre moyen plus simple de lutte contre cette cochenille ?

Bah Alpha Oumar :  On peut utiliser certains produits phytosanitaires ; des insecticides pour faire des traitements. Mais, non seulement ces traitements sont coûteux, puis ils sont beaucoup plus risqués parce que là, il s’agit, d’utiliser un produit toxique. Donc, une simple dérive peut envoyer le produit loin, c'est-à-dire avec le concours du vent. En plus, ceux qui les inhalent ou qui mangent des fruits qui ont reçu des traces de ces produits peuvent avoir des problèmes sanitaires. C’est pourquoi, nous avons préféré utiliser les insectes bénéfiques comme je l’ai dit tantôt. Ensuite, concernant même les insecticides, leur usage est difficile par ce qu’il faut tenir compte de la hauteur du manguier en question. Donc, il faut des appareils assez performants, des appareils à très haut débit. En plus, il faut tenir compte que ces cochenilles se cachent dans une cire. C’est cette cire qui les sert de protection. Donc, tout produit qui vient sur cette cire, n’atteint pas la cochenille elle-même. C’est pourquoi, j’ai dit qu’il faut des appareils de haut débit, à très grande pression qui pourront écarter la cire et atteindre la cible. 

Guinéenews : En consommant les fruits issus de ces plantes atteintes de cette maladie,  cela n’a pas d’impact sur la santé du consommateur ?

Bah Alpha Oumar :  Non pas du tout ! L’effet de la cochenille, c’est la dégradation de la valeur marchande des fruits.

Guinéenews : Comment faite-vous les diagnostics ? 

Bah Alpha Oumar :  Le problème s’est manifesté au niveau des manguiers, nous avons eu à parcourir la ville, faire le diagnostic pour effectivement connaitre de quel problème il s’agissait, et on a trouvé que c’était une cochenille. Bon, il fallait l'identifier parce qu’il y a beaucoup de sorte de cochenilles. Nous avons la cochenille qui s’attaque aux manguiers, nous avons celle qui s’attaque au manioc, ainsi de suite. Effectivement, quand nous avons fait le diagnostic, nous avons trouvé de par ces cilles que c’est la cochenille du manguier. C’est une cochenille assez dangereuse qui peut provoquer finalement la mort des plantes. Donc, c’est pourquoi nous demandons l’aide nécessaire pour essayer de juguler ce problème qui se produit actuellement dans la région de Labé.

Propos recueillis par Alaidhy Sow depuis Labé, pour Guineenews.org

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