(Encadré)
Constitution rigide, souple ou mixte, quel mode conviendrait-il le plus au Mali ?
Les constitutions rigides comme
celle du Mali n’est pas modifiable par une simple loi référendaire.
Cela veut dire que l’on ne peut modifier une de ses dispositions
quelconques que par referendum et jamais par une reforme ordinaire. Même
les ponctuations ont une valeur sacrée dans ce type de Constitution.
Généralement, sa révision intervient lors de profonds bouleversements
affectant son mode de gouvernance suite à un coup d’État, à une guerre
ou à une Révolution.
Les constitutions souples sont
tout à fait le contraire. La Constitution peut faire l’objet
d’amendement à l’infini juste par une loi ordinaire votée par la
majorité parlementaire. Et il n’est point question de changer de
République. C’est le système adopté par les États anglo-saxons. Ainsi,
les États-Unis d’Amérique ont gardé depuis leur création une seule et
même Constitution, celle du 17 septembre 1787, considérée comme l’une
des plus vieilles au monde. Elle a été modifiée 27 fois par 27
amendements différents.
Les constitutions mixtes,
ont adopté un mode de révision mixte. Au Sénégal, par exemple, des
articles de la Constitution peuvent faire l’objet de modification ou
d’amendement tout en maintenant les autres dispositions. Chez notre
voisin, la troisième constitution, celle de 1963 a été révisée à six
reprises. Avec l’adoption de la constitution de 2001, le mandat
présidentiel a été ramené de 7 à 5 ans, dans un premier temps. Mais en
2008, le mandat est redevenu de 7 ans et le parlement est devenu
bicaméral composé d’une Assemblée nationale réunissant 150 députés et
d’un Sénat grâce à une révision constitutionnelle. Cela, sans changer de
République. Cette même constitution est toujours en vigueur au Sénégal
et il n’est pas exclu que le mandat présidentiel soit de nouveau
modifié. Mais là, les articles pouvant faire l’objet de révision sont
fixés en avance.
Le dernier mot revient au Peuple malien
L’actuelle
constitution fixe les modalités de révision en son article 118. La
forme laïque et républicaine de l’État ne peuvent faire objet de
modification. Aussi, le peuple en dernier ressort donnera son aval ou
pas au projet de Constitution qui lui sera soumis : « … La révision
n’est définitive qu’après avoir été approuvée par référendum. Aucune
procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu’il est
porté atteinte à l’intégrité du territoire. La forme républicaine et la
laïcité de l’État ainsi que le multipartisme ne peuvent faire l’objet de
révision ».
En
définitive, peu importe le mode de révision choisi. L’essentiel, c’est
de prendre conscience que la Constitution actuelle est, en plusieurs
points, non conforme avec la situation actuelle et qu’il faille la
modifier. Le choix du mode de révision en plus de plusieurs autres
détails feront l’objet de débats sans ambages au cours de la Conférence
Nationale bis.
Ahmed M. Thiam
Source: Inf@sept
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