Il s’agit d’une véritable hécatombe. Avec plus 4 mille 500 victimes pour plus de 10 mille cas diagnostiqués, la fièvre hémorragique à virus Ebola est sans doute l’épidémie la plus meurtrière de ces dernières décennies dans le monde.
Vu la rapidité inouïe avec laquelle elle se propage et vu qu’il n’existe encore aucun vaccin ni sérum pour la soigner, aujourd’hui, les ressortissants des pays affectés -qu’ils y soient résidents ou pas- sont, dans le subconscient général, perçus de part le monde plus que des parias comme l’infection, elle-même. C’est la stigmatisation à ciel ouvert et sans discernement aucun.
Et ce vent frénétique de panique généralisée liée à cette épidémie qui souffle sur l’univers, amène beaucoup de pays et personnes à vouloir par ces temps-ci se barricader pour, estiment-ils à tort ou à raison, échapper à cette maladie particulièrement ravageuse qui continue encore à défier tous les scientifiques.
Aujourd’hui, les Etats-Unis figurent au nombre de ces pays où les populations semblent totalement prises par une véritable frayeur surtout depuis l’annonce de deux cas de contagion sur leur territoire.
Ainsi entre l’enclume de la volonté inébranlable de ses citoyens à fermer le territoire américain à tous les ressortissants des pays infectés et le marteau de l’impérieuse nécessité à rester solidaire vis-à-vis de ces derniers, l’administration Obama se voit contrainte de choisir le durcissement des contrôles sur les vols en provenance des pays en proie à Ebola et par extension toute la région ouest-africaine.
Si le ministre guinéen des Affaires Etrangères se montre quelque peu ‘’compréhensif’’ face à cette psychose instinctive qui s’empare de certains pays, il rappelle cependant que, ce n’est pas dans l’isolement des zones touchées ni dans la stigmatisation des leurs ressortissants qu’on parviendra à éradiquer le mal.
‘’Depuis que deux citoyens ont été touchés par le virus sur le sol américain, la frayeur s’y est installée. D’ailleurs, le président Obama, lui-même, a lancé un appel pour que les gens ne cèdent pas à cette panique. Je crois qu’il a dû indiquer clairement que la situation peut-être contenue’’, a fait savoir le ministre d’Etat Lounceny Fall qui reconnaît que la stigmatisation est aujourd’hui un phénomène qui se sent au niveau de plusieurs autres pays, en Afrique, en Europe et un peu partout.
‘’Dès le départ, la Guinée a considéré la stigmatisation comme une attitude inappropriée et inadmissible’’, rappelle le chef de la diplomatie guinéenne qui explique que ce n’est pas parce qu’il y a Ebola en Guinée que les citoyens guinéens installés à l’étranger, sont automatiquement porteurs du virus.
Nous faisons en sorte qu’un appel soit lancé afin de mettre un terme à la stigmatisation, a affirmé Lounceny Fall qui souligne d’ailleurs l’existence de plus en plus du phénomène au niveau même de certains pays africains.
‘’Il faut avoir la conscience d’admettre cette dure et triste réalité dont sont victimes nos compatriotes. C’est pourquoi, nous avons intérêt à lutter sérieusement pour éradiquer la maladie. La seule manière de venir à bout de la stigmatisation, c’est de réussir à éradiquer Ebola. Et en ce moment, les choses vont s’arrêter’’, espère vivement le ministre Fall.
Outre les Etats-Unis, il faut par ailleurs souligner que la France aussi a établi depuis peu des mesures similaires visant des vols et navires provenant des pays affectés par la fièvre Ebola.

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