La direction nationale des statistiques entend présenter à la presse, demain mercredi, les résultats du recensement général de la population. À quelques heures de cette rencontre, c'est la Coordination de l'opposition extra-parlementaire qui est passée alerter les journalistes pour les prévenir qu'on leur présentera des "chiffres erronés".
Selon Dr Faya Millimono, une « petite enquête » auprès du ministère du Plan leur a permis de comprendre qu'il y aurait eu une ingérence du parti présidentiel dans le processus du recensement. " Selon certains de nos compatriotes, les 9 000 personnes formées pour effectuer ce travail ont été remplacées par des militants du RPG » a rapporté Dr Faya Millimono.
Les vrais agents recenseurs remplacés par des militants politiques, il y aurait eu un manque de rigueur dans le travail, selon toujours Dr Faya Millimono qui cite "certains compatriotes interrogés au cours de l'enquête. " Nous avons donc constaté que beaucoup d'agents recenseurs ne comprenaient pas la langue des localités où ils devaient travailler ", a-t-il ajouté.
L'enquête a aussi révélé que le paiement des agents recenseurs n'est pas intervenu à temps. La conséquence qu'imagine Dr Faya Millimono c'est que cela pourrait provoquer des mécontentements. « Dans le passé nous avons vu que lorsque les paiements ne sont pas effectués à temps, il y a des agents recenseurs qui détruisent les donnéss », rappelle le président du Bloc Libéral.
L'enquête aurait aussi révélé le non-respect du délai de l'opération de recensement.
Partant de tout ce qui précède, les politiciens ont tiré leur conclusion. « En tenant compte du taux de croissance annuelle de la population de notre pays, on peut avoir le sentiment que la population guinéenne a été sous-estimée » conclut Dr Faya Millimono. Le président du Bloc Libéral avertit qu'une population sous-estimée pourrait faire perdre à la Guinée beaucoup d'aides extérieures, puisque le revenu par tête d'habitants passerait à la hausse, et on ferait croire que la Guinée est passée d'un pays à revenu faible à un pays à revenu moyen. En plus, ajoute-t-il, cela jouera forcément sur notre plan de développement. « Sachez que c'est sur la base de ces statistiques qu'on doit savoir de combien de salles de classe nous avons besoin, combien d'enseignants, combien de centres de santé, combien d'agents de santé…», a rappelé Dr Faya Millimono.
Les membres du COEP espèrent que les données présentes sont des erreurs à corriger, et non des statistiques sciemment fournies par le ministère du Plan. « Ces chiffres constituent un crime contre notre pays. Ils sont inacceptables » a déclaré Dr Kanté de l'UNR.

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