Le second round de négociations du protocole d’accord de pêche entre
la Mauritanie et l’Ue ont buté sur les promesses faites par le président
Aziz aux navires céphalopodiers espagnols pour un retour dans les eaux
mauritaniennes, a appris lundi « mauriweb. Info » de source informée.
Alors que les négociations à Paris ont été émaillées par le
mini-scandale de l’éviction des hauts fonctionnaires à prendre en main
les pourparlers au profit du responsable du protocole du président de la
délégation et conseiller du ministre des pêches –venu en retard par
rapport au début des dites négociations- l’interprétation en queue de
poisson par les deux parties du second round de négociation du futur
protocole suscite des interrogations.
Le présent protocole lui s’achève le 31 juillet prochain et il permet,
officiellement, à 65 navires européens de pêcher en Mauritanie. Mais
les négociateurs se sont donné encore rendez-vous pour un troisième
round probablement après l’élection présidentielle arrêtée pour le 21
juin 2014. Des élections qui sont boycottée par l’Opposition
mauritanienne.
Les européens, notamment les espagnols, s’en tiennent aux promesses
faites par le président Aziz à leur octroyer un accès au poulpe et des
débarquements de près de 100 milles tonnes au Puerto de La Luz à Las
Palmas. Des opportunités qui auraient été rendues possibles par
l’intervention d’un proche du président .
Des promesses auxquelles s’accrochent les pêcheurs espagnols alors
qu’officiellement rien n’aurait été notifié aux négociateurs. Seulement,
les observateurs estiment que le président des négociateurs
mauritaniens, l’ancien colonel Ould Baya, conseiller du ministre, et
frère d’arme du président Aziz, serait le seul à détenir les
informations présidentielles et à lâcher du lest dans la perspective du
futur scrutin présidentiel.
Pour certains observateurs, « les négociations sont d’abord
politique ». Une explication plausible eu égard aux dernières
négociations politiques entre les autorités et l’Ue où en raison du rôle
supposé de l’actuel régime dans la lutte contre le terrorisme, l’appel
fait du bout des lèvres par les ambassadeurs de l’Union Européenne pour
un dégel de la crise politique n’a pas eu d’écho.
L’Ue débourse 113 millions d'Euros en contrepartie financière pour les
autorités sans aucun droit de regard sur leur utilisation. Plusieurs
zones d’ombre ont d’ailleurs été signalées sur la gestion de cette
subvention à l’occasion du dernier protocole. Un coût jugé coûteux par
les espagnols si l’on devait continuer à leur opposer le débarquement
des produits péchés à Nouadhibou et à être interdits de l’accès au
poulpe.
Mais comme l’atteste les déclarations du président des Iles Canaries Rivero à l’occasion de sa visite en Mai à Nouakchott des projets communs sont ébauchés grâce notamment à l’entremise d’hommes d’affaires proches du président Aziz.
Rappelons que la société civile et les pêcheurs artisanaux mauritaniens
avaient salué, au lendemain du protocole encore en cours,
l’exclusivité de la pêche au poulpe aux nationaux.

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