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lundi 15 juin 2015

Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou qualifie d’arbitraires les sanctions prises contre lui

– Le président de l’association «La Chaîne», le député Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou, également membre du bureau politique de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), sanctionné pour avoir pris part aux consultations politiques, a rejeté récemment les sanctions qui lui ont été infligées par le secrétaire général de l’UPADS et le FORCAD. Pour lui, ces sanctions sont arbitraires, «un diktat».


Député Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou
Député Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou
Au cours d’une conférence de presse le 11 juin dernier à Brazzaville, le député de Sibiti département de la Lékoumou) a édifié les journalistes sur les raisons de sa participation aux consultations nationales initiées par le Président de la République ; les sanctions qui lui ont été infligées par le secrétaire général de l’UPADS et le FOCAD ; la vie de son association, ’’La Chaîne’’ ; et son positionnement politique. 

En ce qui concerne les consultations nationales sur la vie de l’Etat et de la nation, Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou a affirmé que chacun était libre d’apprécier, c’est-à-dire d’aller ou de ne pas aller à la rencontre du Chef de l’Etat. Son association, ’’La Chaîne’’ a répondu à l’invitation du Président de la République. Rappelant que le Congo est au-dessus des partis, des associations et des hommes politiques, l’honorable Kignoumbi Kia-Mboungou a indiqué que ’’La Chaîne’’ «a pris part à ces consultations en toute responsabilité» car elle considérait que c’était l’occasion propice pour les Congolais de se surpasser et d’avoir une intelligence digne, afin de relever les défis politiques majeurs pour une nouvelle cohésion nationale. 

«Si l’objectif est de parvenir à dédramatiser le climat politique et social délétère actuel, il faut rechercher et saisir toutes sortes d’opportunités qui se présentent à nous. C’est pour cette raison que ’’La Chaîne’’ a participé à ces consultations. Nous avons parlé avec le Président de la République des problèmes liés à la vie du pays. Nous lui avons donné notre point de vue. La paix sociale n’ayant pas de prix, chaque fois que nous serons appelés à apporter notre modeste contribution, nous n’hésiterons jamais. Nous n’agirons jamais, alors jamais, au détriment des intérêts du peuple congolais», a déclaré Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou. 

Les dirigeants de l’UPADS lui reprochent d’être allé à ces consultations nationales. Sur cette question, Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou s’est demandé si on peut aller à la gouvernance consensuelle si tout le monde a une position extrémiste, irréconciliable. Pour lui, les sanctions prises par les dirigeants de son parti sont injustifiées et incompréhensibles. Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou a dit qu’il n’a violé ni les statuts, ni le règlement intérieur du parti, d’autant plus qu’il ne s’est pas exprimé au nom du parti, mais de son association. «Nous avons donc pris ces sanctions comme un diktat», a-t-il confié, sans manifester aucune intention de quitter le parti. 

En outre, Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou considère ces sanctions comme «une guerre de positionnement». «Si le secrétaire général de l’UPADS veut être candidat, il n’y a pas de problème. Je souhaite qu’il y ait un débat dessus. Je suis favorable aux débats démocratiques au sein du parti», a-t-il dit, tout en notant la nécessité d’organiser des primaires au niveau du parti afin de désigner un candidat à l’élection présidentielle de 2016. 
Concernent le Front républicain pour le respect de l'ordre constitutionnel et l'alternance démocratique (FROCAD), le président de ’’La Chaîne’’ a dit ceci : «Quand le FROCAD s’était réuni pour adopter la ligne qui consistait à ne pas aller aux consultations nationales, nous n’avions pas été consultés pour donner notre avis, en tant qu’association ayant signé un certain nombres de documents du FOCAD. C’est le lendemain que nous avons appris par voie de presse la décision de boycotter les consultations». Kignoumbi Kia-Mboungou a rappelé que les partis de l’opposition exigeaient pourtant des rencontres avec le Chef de l’Etat. Il s’est dit étonné de constater que ce sont les mêmes qui ont refusé d’aller aux consultations. 

A propos du changement ou non de la constitution, le député de Sibiti a dit que ’’La Chaine’’ a réitéré sa position au Président de la République. «Le Chef de l’État a l’obligation de faire respecter la constitution et de la respecter lui-même. Nous lui avons dit que le changement de la constitution est inopportun en ce qu’il ne comportait pas d’entorse au fonctionnement normal des institutions de la République. Un tel projet n’a de justification ni juridique ni politique. Donc, nous ne voyons aucune raison d’aller au changement de cette constitution», a rappelé Kignoumbi Kia-Mboungou. Sur ce point, il n’est pas en contradiction avec l’UPADS, moins encore avec le FROCAD. Certes, il a participé aux consultations, mais il n’a pas changé son positionnement politique. Il est toujours à l’opposition, mais une opposition constructive. 
L’UPADS toujours contre Kignoumbi Kia-Mboungou. 

Les sanctions prises par le secrétaire général de l’UPADS contre Kignoumbi Kia-Mboungou apparaissent comme l’arbre qui cache la forêt. La lecture de l’histoire de l’UPADS laisse à dire que ce parti a quelque chose contre M. Kignoumbi Kia-Mboungou. Pour preuve, en 1993 l’UPADS avait imposé un candidat aux élections législatives anticipées à Sibiti, contre Kignoumbi Kia-Mboungou qui était considéré candidat potentiel. Et, Kignoumbi qui était finalement parti en indépendant avait battu le candidat de l’UPADS. 

Après les conflits armés que le pays a connus, c’est Kignoumbi Kia-Mboungou qui était resté pour animer le parti avec ses propres, pendant que les autres dirigeants avaient fui en exil. Lors de l’élection présidentielle de 2002, il est sorti deuxième, avec 2,32% de voix, dernière. Mais, en 2009 alors qu’il se préparait pour la présidentielle, c’est Ange Edouard Poungui qui fut retenu comme candidat de l’UPADS. Kignoumbi Kia-Mboungou s’était présenté en indépendant et était encore sorti en deuxième position avec 7,54% de voix, après Denis Sassou N’Guesso, tandis qu’Ange Edouard Poungui n’avait obtenu que 0,30% de voix. 

Ensuite, Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou est à son troisième mandat de député de Sibiti. Ce qui témoigne la confiance dont il bénéficie de la part du peuple. Tout cela constitue un atout important que l’UPADS devrait capitaliser. Malheureusement, l’on constate toujours une volonté de ce parti d’aller dans le sens du contraire, au point où l’on peut se demander s’il n’ya pas anguille sous roche. Réponse pourrait venir de la réflexion de ce compatriote qui nous a fait comprendre que la considération dans l’UPADS est conforme à la taille des palmiers représentés sur le logo de ce parti : le plus grand palmier représente la Bouenza, le deuxième représente le Niari et le plus petit représente la Lékoumou. Comme Kignoumbi est de la Lékoumou…

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