Ceci est la chronique du gouvernement de ce mercredi 18 mars 2015.
Le Burkina Faso organise, en
octobre prochain, des élections présidentielles et législatives
couplées. Les toutes premières, après l’insurrection populaire des 30 et
31 octobre 2014, qui a contraint le Président Blaise Compaoré à la
démission. Ce double scrutin est d’une importance capitale pour le
peuple burkinabè, son issue étantdéterminante pour le retour à une vie
constitutionnelle normale.La participation de la diaspora à ces
échéances électorales anime le débat politique national.
Le droit à la participation aux
élections, notamment le droit d’être électeur et éligible pour les
burkinabè de l’étranger est un droit reconnu par les textes juridiques
internationaux que le Burkina Faso a ratifiés. Ce droit est également
reconnu par notre constitution et par la Charte de la Transition, qui la
complète, en son article 22.
En 2009, après plusieurs concertations
entre les organisations de la société civile de la diaspora et les
partis politiques, la possibilité pour les burkinabè de l’étranger de
prendre part aux scrutins nationaux voyait le jour. Ainsi, la loi
019-2009 du 7 mai 2009 portant vote des burkinabè de la diaspora était
adoptée par l’Assemblée nationale.
Totalement inscrites dans cette
dynamique, les autorités de la Transition ont initié, courant décembre
2014, des rencontres avec les acteurs politiques et de la société civile
autour de l’organisation des élections à venir et spécifiquement sur la
participation de la diaspora burkinabè.
Au cours de ces concertations avec les
parties prenantes à la vie socio politique, les difficultés objectives
de mise en œuvre de la loi électorale ont été décelées. Pour pallier ces
difficultés, le gouvernement, en Conseil des ministres extraordinaire
du lundi 16 mars 2015, a examiné et transmis au Conseil national de la
transition (CNT), un projet de loi portant modification du Code
électoral, en vue de corriger ses insuffisances et prendre en compte les
propositions de tous les acteurs.
Les modifications contenues dans ce
projet de loi touchent 52 articles et définissent clairement les
conditions du vote des burkinabè de l’étranger. On note dans ces
modifications, des spécificités relatives à l’introduction des modalités
du vote des burkinabè de la diaspora, la prise en compte des
démembrements chargés des votes, leurs compétences, composition et
fonctionnement dans la nomenclature juridique de la Commission
électorale nationale indépendante (CENI), ainsi que la prise en compte
de documents autres que la carte consulaire dans les pièces requises
pour l’enrôlement.
De la pertinence du report
Le droit de vote des burkinabè de la
diaspora s’inscrit parfaitement dans le processus national de
renforcement de la démocratie engagé depuis l’insurrection populaire des
30 et 31 octobre 2014.
En dépit de cet état de fait, la volonté
et l’engagement des autorités de la transition de respecter ce droit
inaliénable se trouvent confrontés à des réalités juridiques,
politiques, économiques et organisationnelles dont la nécessité de
réviser la loi sur le Code électoral.La non prise en compte de ces
paramètres risque d’entacher le principe égalitaire dans le processus de
retour à une vie constitutionnelle normale.
La décision des autorités de la
Transition de reporter le vote des Burkinabè de l’étranger est la
résultantedu consensus auquel est parvenul’ensemble les acteurs au
regard des contraintes objectives.
Afin de donner l’information juste et
officielle, le gouvernement a entrepris de communiquer sur la question
en allant à la rencontre de la diaspora. Ainsi, une délégation
gouvernementale conduite par le Ministre de l’Administration
territoriale, de la décentralisation et de la sécurité,Auguste Denise
BARRY, s’est rendue dans des capitales africaines.
La tournée a débuté le 27 février 2015,
avec l’étape de la capitale ghanéenne.Puis, la mission s’est rendue
successivement à Bamako, Abidjan et Libreville. Parmi les membres de la
délégation, on comptait en plus du ministre de l’Administration
territoriale, de la décentralisation et de la sécurité, le Secrétaire
général du ministère des Affaires étrangères et de la coopération
régionale et le Président de la CENI.
Si la tournée s’est bien déroulée à
Accra, Bamako et Libreville, l’étape d’Abidjan a été émaillée
d’incidents forts regrettables. En effet,un groupuscule se réclamant de
la diaspora burkinabè en Côte d’ivoire s’est illustré négativement au
cours de cette mission en perturbant les échanges.
A son retour, dès l’aéroport
international de Ouagadougou, le ministreAuguste Denise BARRY, à travers
une conférence de presse,a déploré et condamné fortement ce
comportement qui n’honore pas notre pays. D’autant plus qu’une large
frange de la diaspora burkinabè a compris et marqué son adhésionà la
décision gouvernementale.
Le gouvernement, conscient des attentes
de nos compatriotes de l’étranger pour la participation citoyenne à la
vie nationale, a pris toutes les dispositions pour mettre en place les
articulations juridiques et techniques qui permettront la prise en
compte effective du vote des burkinabè de la diaspora à l’avenir.
Ministère de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité
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