Sur
initiative de la direction départementale du tourisme et de
l’hôtellerie de Brazzaville, 150 personnes environ ont visité, le
week-end dernier, le nouveau village agricole de Nkouo situé à 85 km au
nord de Brazzaville.
L’objectif
est double : faire découvrir les atouts de ce village aux femmes de
Brazzaville et d’ailleurs et donner de la visibilité aux activités que
mènent les femmes dans cette cité agricole. Cette excursion intervient
une semaine seulement après la célébration de la Journée internationale
de la femme dont le thème a porté sur l’autonomisation.
Au programme : la visite guidée du
village agricole, des fermes privées et des échanges sur
l’autonomisation de la femme, la restauration et la nécessité de
consommer les produits congolais. « La rencontre nous a permis
d’échanger entre nous les femmes et les différents experts sur les
questions de la femme, de la recherche agricole et du tourisme. Ce qui
nous a permis de comprendre notre situation en milieu rural et
l’importance de notre autonomisation », a reconnu la directrice départementale du tourisme de Brazzaville, Martine Ngassaki.
Pouvons-nous produire et consommer congolais ?
Répondant positivement à cette
interrogation, la coordonnatrice du nouveau village de Nkouo, Bernadette
Ebaka Alohassi, a précisé que le Congo possède d’abondantes ressources
agricoles avec dix millions d’hectares de terres cultivables dont près
de 90% sont encore intactes. Mais, en dépit de l’écologie favorable à la
production d’une grande diversité de cultures vivrières et maraîchères,
le pays demeure encore en situation d’insécurité alimentaire. Car, le
volume des importations des denrées alimentaires a connu une baisse qui
se situe actuellement entre 60 à 90 milliards de francs CFA contre cent
trente milliards de francs CFA, il y a 5 ans. « Le Congo importait
de 1998 à 2002 de Kinshasa une quantité de vingt et sept mille six cent
soixante dix huit tonnes de légumes pour une valeur de deux milliards de
francs CFA par an », a signifié la coordonnatrice.
Selon Bernadette Ebaka Alohassi,
l’agriculture traditionnelle pratiquée sur de petites superficies
enregistre de très faibles rendements. Les pratiques culturales peu
améliorées, la faible mécanisation et le manque d’intrants concourent à
une très faible productivité. « C’est dans cette optique que deux
nouveaux villages ont déjà vu le jour : celui de Nkouo et d’Imvouba.
Quant à celui d’Odiba les travaux ont connu un arrêt suite aux
événements du 4 mars 2012 », a conclu la coordonnatrice.
Que dire de l’autonomisation des femmes ?
La représentante du ministère de la
Promotion de la femme et de l’intégration de la femme au développement,
Marie Rose Nianka a déclaré qu’elle est un processus par lequel une
femme acquiert par elle-même des capacités pour prendre des décisions
importantes aux niveaux économique, social, politique, familial et
médical. Elle comprend cinq composantes : le sentiment de l’estime de
soi pour les femmes, le droit de faire des choix, d’accéder aux
opportunités et aux ressources, de pouvoir contrôler leurs vies au sein
et à l’extérieur du ménage et la capacité d’influencer des changements
sociaux visant à créer un nouvel ordre social et économique.
Fort des échanges qu’elles ont jugés
riches, les femmes qui ont fait partie de cette excursion ont dit leur
engagement à développer un plaidoyer en faveur du respect des droits des
femmes.
Nancy France Loutoumba
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire