Comme on peut le constater, la majorité et l’opposition sont loin de s’accorder sur l’ordre du jour du dialogue national. Ce qui retardera assurément la tenue dudit dialogue, et surtout obligera le Président de la République à prendre d’autres mesures pour garantir la paix, la sécurité et la stabilité dans le pays. Donc à consulter le peuple. Denis Sassou N’Guesso a lancé un avertissement en ces termes :
«… Aujourd’hui, les uns et les autres parlent de l’avenir institutionnel du Congo. Que cela soit dans leur droit ou non, je les entends. Je suis heureux qu’à ce sujet, un débat sain et responsable se soit instauré. Que des opinions différentes et divergentes s’expriment, librement. Que les convictions les plus assurées s’opposent à de pertinentes objections. Qu’il y ait un camp qui préconise des solutions alternatives et un autre qui prône le statu quo. C’est cela la démocratie. Personne n’a le droit d’empêcher une telle confrontation des idées de prospérer. Personne n’a le droit de mener cet exercice démocratique à la dérive et au désordre. Nous bannissons le désordre et la violence parce que nous en connaissons l’enchaînement. Oui, nous connaissons bien les conséquences des violences, de l’insécurité et de l’instabilité pour les avoir vécues il n’y a pas si longtemps. Nous en sommes encore très marqués. Je suppose que nul n’a envie d’y replonger», déclarait le chef de l’Etat.
Il a ajouté : «Tout bien considéré, je retiens que rien mais alors rien ne doit compromettre la paix, la sécurité et la stabilité de notre pays, recouvrées au prix du sang des Congolais. Notre souveraineté ne doit être tenue à la lisière par personne. Elle ne doit, en aucun cas, être aliénée. Cela doit être le point de convergence de nos différences. Il est évident que les affaires des Congolais sont et seront réglées par les Congolais eux-mêmes, de préférence par le dialogue. Et, si des divergences persistent entre responsables politiques, seul le peuple souverain sera appelé à trancher, par le vote. Il ne saurait en être autrement. Ni la frénésie et l’impatience des uns ni la tentation d’ingérence sans frais des autres n’auront raison de la détermination du peuple congolais à prendre en main son destin».
Sans être un érudit de la vie politique congolaise, on peut affirmer qu’à travers son message, le chef de l’Etat a voulu lancer un défi à la classe politique congolaise : celui de démontrer ses capacités dans la résolution des crises dans le pays. Mais, force est de constater que la majorité et l’opposition n’arrivent pas à trouver un consensus. Etant donné que la majorité et l’opposition ne jurent toujours qu’au nom du peuple, il ne sera pas anormal si le chef de l’Etat sollicite le verdict du peuple. On ne peut pas parler au nom du people sans lui donner la possibilité de s’exprimer librement.
La recherche de consensus autour des conditions nécessaires pour le bien-être du peuple est le dénominateur commun des acteurs politiques d’un pays. Elle requiert un consensus, au-delà des divergences d’opinions. Cela étant, les manœuvres politiciennes ne doivent en aucune façon détourner la classe politique des attentes du peuple. Le peuple ne veut pas d’un simple changement de personne à la tête du pays. Il veut plutôt de l’amélioration de ses conditions de vie ; laquelle amélioration des conditions de vie passe par l’amélioration des institutions, une bonne gouvernance.
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