
Le général Sékouba Konaté
On le croyait taiseux, encore empreint d'une rigueur très militaire. Mais ça, c'était avant : l'ancien président de la transition est aujourd'hui décidé à régler ses comptes.
"L'entretien vous a-t-il plu ?" En cette fin d'interview, Sékouba Konaté donne presque l'impression d'avoir aimé l'exercice. Pourtant, lorsqu'il a pris place une heure plus tôt dans le salon du palace parisien dans lequel il nous avait donné rendez-vous, l'ancien président de la transition guinéenne a d'abord été fidèle à sa réputation de taiseux. Démarche cadencée, regard insaisissable, il est arrivé en compagnie d'un garde du corps et de son ami Tibou Camara, l'ancien secrétaire général à la présidence. Il nous a d'abord jaugés avant d'accepter de se confier. Son passé de militaire a laissé des traces.
Amaigri, il dit être de passage en France pour "raisons médicales" - il a été hospitalisé mi-septembre une dizaine de jours à l'Hôpital américain de Paris -, mais refuse d'en dire plus. Son entourage ne se montre pas plus bavard, avançant seulement du bout des lèvres que le général a parfois abusé "des petits plaisirs" de la vie. En commandant un thé à la menthe, Konaté parle de ses lectures du moment : La Vérité du ministre, d'Alpha-Abdoulaye Diallo, dit Portos, et Prison d'Afrique, de Jean-Paul Alata, deux ouvrages consacrés au sinistre camp Boiro sous la présidence du président Sékou Touré.
Ce jour-là, il évoquera ces deux livres à cinq reprises, une véritable obsession. "Ça m'a chamboulé. J'ai compris que des hommes différents se sont succédé à la tête de la Guinée, mais que le système est resté le même. Il faut faire bouger les choses !"
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