La Loi de finances 2015 qui détaille l’utilisation des ressources de l’Etat, est soumise aux députés, pour examen. Le projet de budget, qui s’élève à 2869,032 milliards FCfa, contre 2732,020 milliards FCfa en 2014, connaît une hausse de 137 milliards FCfa. Les ministres vont défiler devant les députés dans la période du 26 novembre au 12 décembre pour défendre le budget qui sera affecté à leur département. Auparavant, les membres du gouvernement feront face aux membres de la Commission permanente à partir du 26 octobre. Le projet de budget préparé par les techniciens du ministère des Finances, sous la dictée de Macky Sall, se présente comme un levier pour densifier un bilan en infrastructures et intensifier une politique sociale.
C’est clair dans la tête du chef de l’Etat qu’il lui faut réaliser des infrastructures pour espérer un second mandat. Macky Sall en est tellement conscient qu’il a fait du budget 2015 un trésor de guerre. Pour l’essentiel, le chef de l’Etat a concentré d’importantes ressources dans son Cabinet. Une manière de suivre personnellement la mise en œuvre de certaines politiques qui lui sont chères. Le Président Sall a été plutôt généreux avec lui-même. Il s’est bien servi. Les ressources financières prévues pour la présidence de la République ont sensiblement augmenté. Elles passent de 43,400 milliards FCfa en 2014 à 63,014 milliards FCfa pour l’année 2015. Soit une hausse de 19,606 milliards FCfa.
BUDGET DE LA PRESIDENCE : Macky «grossit» de 19 milliards FCfa. Même si les dépenses prévues pour le fonctionnement de la Présidence de la République ont crû, de plus de 27 milliards FCfa en 2014 à 36 milliards FCfa en 2015, la hausse du budget alloué au Palais est supportée par les dépenses d’investissement. Celles-ci sont à 27,7 milliards FCfa pour la prochaine session budgétaire contre 16,3 milliards FCfa pour celle en cours. Cette évolution positive des allocations budgétaires de la Présidence de la République s’explique par le caractère social que le Président Sall a voulu donner à l’exercice budgétaire en cours. Les actions phares développées dans le domaine social sont gérées par des structures rattachées à la Présidence de la République. C’est le cas avec l’amplification du Programme national des bourses de sécurité familiale (Pnbsf), qui bénéficiera d’une dotation de 20 milliards FCfa pour permettre de toucher 100 000 nouvelles familles sénégalaises. Ce qui fera en 2015 un total de 200 000 familles bénéficiaires.
INVESTISSEMENTS : 166 milliards FCfa pour les infrastructures. Parallèlement aux actions d’envergure prévues en 2015, l’option du gouvernement de Macky Sall et de son Premier ministre est de densifier le bilan dans le domaine des infrastructures. C’est ce qui explique la grosse enveloppe destinée au chapitre des investissements. Les crédits d’investissement d’un montant de 166 milliards FCfa, prennent en compte les projets inscrits dans le Plan d’actions prioritaires (Pap) du Plan Sénégal émergent (Pse) intégrant les 27 projets phares. Ces projets devront contribuer à la transformation de la structure de l’économie dans le sens de soutenir une dynamique de croissance forte et durable. La plus grosse enveloppe des crédits d’investissement est destinée au programme d’entretien routier pour 25 milliards FCfa. Il est suivi par l’installation des plateformes industrielles intégrées, qui devront coûter 17 milliards FCfa et par le Service universel de l’énergie, pour 16 milliards FCfa. Suivent les investissements aéroportuaires à consentir pour l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) de Diass à hauteur de 13 milliards FCfa, la restructuration de la filière arachide, pour 12 milliards FCfa, le développement de corridors céréaliers, notamment avec le Programme national d’autosuffisance en riz, de l’ordre de 20 milliards FCfa.
Les autres projets phares inscrits au budget de 2015 dans la rubrique Investissement, sont, entre autres, la construction de collèges de proximité, pour 2 milliards FCfa, la mise en œuvre du Plan sectoriel de développement du micro-tourisme, pour 200 millions FCfa, les travaux de construction de l’autoroute Aibd-Mbour-Thiès, le prolongement de la Voie de dégagement nord (Vdn), le prolongement de l’autoroute de Diamniadio à Aibd, l’autoroute Thiès-Touba, la construction de lycées professionnels…
INFRASTRUCTURES : 52 milliards, une réserve de précaution pour le tramway et le train rapide entre Dakar et Aibd…. Le document qui consigne la loi de finances 2015 soumis aux députés pour examen, liste 10 autres projets du Pse qui seront financés sur une réserve dite de précaution d’un montant de 52 milliards FCfa. Une réserve mobilisable au fur et à mesure de la disponibilité des études financières, économiques et d’exécution. L’on retrouve sur cette liste le Tramway, cher à l’ancien chef de l’Etat, Me Wade, pour 500 millions FCfa, le projet de train rapide, qui doit relier Dakar à l’Aibd, le programme de Business park, qui se décline en un centre des sièges sociaux de la région, pour 10 milliards FCfa… La liste est complétée par l’érection des zones touristiques intégrées, pour 4 milliards FCfa, l’élargissement, la réhabilitation et l’aménagement de la route des Niayes, pour 4,5 milliards FCfa. La qualité de l’investissement public a été maintenue et renforcée en 2015 grâce à l’option de rationalisation des dépenses de fonctionnement. Au chapitre des dépenses budgétaires, l’option de rationalisation des dépenses de fonctionnement et d’amélioration de la qualité de l’investissement public est maintenue et renforcée.
DEPENSES DE FONCTIONNEMENT : Comment l’Etat a réussi à économiser 37 milliards FCfa. Les efforts de maîtrise des dépenses courantes sont poursuivis, notamment avec la mise en œuvre de mesures administratives ayant conduit à des économies sur certaines dépenses de fonctionnement. Il s’agit, entre autres, de la réduction de moitié, de la facture téléphonique de l’administration, du gel de toutes les conventions de location de bâtiments à usage de logement et du maintien de la baisse opérée, en 2014, sur certaines lignes de dépenses de fonctionnement.
Un travail de restructuration du budget a permis d’améliorer sensiblement la qualité de l’allocation des ressources entre les dépenses de fonctionnement et celles d’investissement. C’est ainsi qu’une enveloppe d’un montant de 37,386 milliards FCfa issue des crédits d’investissement relevant en toute rigueur du fonctionnement, par leur caractère naturel, a été transférée au niveau des dépenses courantes. A cela s’ajoute la suppression progressive des projets dits d’appui institutionnel, figurant dans le budget d’investissement, pour un montant de 25,165 milliards FCfa. Ce transfert laisse apparaître une hausse de 17,186 milliards FCfa des dépenses de fonctionnement qui, sans cette opération, baisseraient de 23,2 milliards FCfa. Ce travail de restructuration traduit la priorité accordée par le gouvernement au volume et à la qualité des investissements publics.
DEPENSES DE PERSONNEL : Aucune augmentation de salaires en 2015, recrutement de 4902 agents. La ligne tracée par le gouvernement a le mérite d’être claire. Que les agents du secteur public ne s’attendent pas à une quelconque hausse des salaires et des indemnités. Le texte de loi des finances 2015 dit, de manière explicite, que le gouvernement s’est inscrit dans une dynamique de gel des augmentations de salaire, de création ou de revalorisation d’indemnités et de contrôle des effectifs par l’adossement des recrutements aux sorties définitives.
Pourtant, les dépenses de personnel sont projetées à 510 milliards FCfa en 2015, contre 491,6 milliards FCfa en 2014, soit une hausse de 18,4 milliards FCfa en valeur absolue et une variation relative de 3%. Cette hausse se justifie par l’impact du recrutement de nouveaux agents, particulièrement pour le secteur de la Santé et celui des Forces de défense et de sécurité, par la prise en charge des glissements annuels pour avancement ainsi que les intégrations, dans la Fonction publique, des contractuels de l’Education. Il est prévu en 2015, de recruter 4902 agents, dont 1 000 pour le secteur de la Santé et 3 000 pour les Forces de défense et de sécurité.
NDIAGA NDIAYE
LA LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE 2014 EXAMINEE LUNDI PROCHAIN
45 des 75 milliards FCfa de Arcelor Mittal pour les infrastructures
L’ouverture de la session unique de l’Assemblée nationale commence par l’examen de la Loi de finances rectificatives 2014. Cette loi va passer avant la loi des finances 2015. D’ailleurs, la conférence des Présidents s’est réunie avant-hier mardi, pour fixer le calendrier des travaux des députés. Demain, vendredi, la Lfr 2014 sera discutée en Commission des finances. Le texte sera soumis aux députés pour examen le lundi 27 octobre à 15 heures, pour examen. L’on souffle que la Lfr 2014 va définir les critères d’affectation de 45 milliards sur les 75 milliards FCfa tirés du protocole d’accord signé entre l’Etat du Sénégal et Arcelor Mittal. Cette manne financière est destinée à la prise en charge des avances de démarrage du projet de construction de l’Université Dakar-Banlieue, pour 10 milliards FCfa. Le même montant est prévu pour l’Université du Sine Saloum, 8 à10 milliards FCfa pour payer les impenses avant le démarrage des travaux pour la construction de l’autoroute Thiès-Touba par les Chinois. 2 autres milliards FCfa seront affectés au parc industriel de Diamniadio, 7 milliards au tronçon Somone-Aibd, entre autres projets d’infrastructures.
ND. NDIAYE
La déclaration de politique générale prévue
dans la première quinzaine de novembre
Initialement prévue entre le 2 et le 5 novembre, la Déclaration de politique générale du Premier ministre est repoussée de quelques jours. Le grand oral de Mahammad Dionne aura finalement lieu entre le 15 et le 17 novembre 2014. Ainsi en a décidé la conférence des Présidents de l’Assemblée nationale, qui s’est réunie avant-hier, mardi. L’option a été faite de recevoir le chef du gouvernement au beau milieu des travaux des commissions techniques pour l’examen du budget.
ND. NDIAYE
Partager l'inform

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire