Pages

vendredi 17 octobre 2014

« La lutte contre les flux financiers illicites requiert un leadership politique fort », selon la ministre des finances du Cap Vert

La ministre des finances et du plan du Cap Vert, Mme Cristina Duarte
La lutte contre les flux financiers illicites, qui font perdre annuellement au continent entre 50 et 148 milliards de dollars, n’est pas seulement liée à un problème de ressources humaines, mais dénote surtout d’une « réelle absence de leadership » des gouvernements africains, a affirmé mercredi à Marrakech, la ministre des finances et du plan du Cap Vert, Mme Cristina Duarte.
« Nos pays ne manquent pas de ressources humaines pour éradiquer ce fléau des flux financiers illicites qui gangrène nos économies, mais il faut surtout un engagement soutenu des Etats pour combatte ce mal », a expliqué Mme Duarte sous les applaudissements nourris des participants au panel consacré à cette problématique, organisé dans le cadre du 9ème Forum pour le développement de l’Afrique (ADF-9).
Qualifiant d’ « activité criminelle » le phénomène des flux financiers illicites, Mme Duarte a soutenu que l’Afrique devra parvenir à créer un « tsunami » et engager une « bataille de longue haleine » pour venir à bout de ce fléau, qui a-t-elle souligné, profite surtout de la fragilité des institutions judiciaire politique et financière du continent pour prospérer.
Elle a, à cet effet, recommandé un renforcement des administrations fiscales et du système judicaire des Etats du continent afin d’identifier et de traquer les lobbies du blanchiment d’argent et de la corruption.
Le Secrétaire exécutif adjoint de la CEA, M. Abdallah Hamdock, modérateur du panel, a expliqué que le fléau des flux financiers illicites est de nos jours un des défis majeur auquel l’Afrique est confronté, soulignant que la fuite des capitaux a un impact considérable sur la gouvernance du continent.
De fait, a-t-il poursuivi, la lutte contre les flux financiers illicites pourrait devenir un mécanisme clef de mise en œuvre d’un développement durable de l’Afrique.
Le manque à gagner dû aux flux financiers illicites fragilise la génération de revenus et réduit les retombées positives des activités économiques, notamment le secteur des industries extractives.
Les panélistes, qui ont suivi une sommaire présentation de l’expérience du Maroc dans la lutte contre le blanchiment d’argent, menée par l’Unité de traitement du Renseignement Financier (UTRF), se sont accordés sur la nécessité de lutter de façon concertée contre les flux financiers illicites, tant des pays sources des fonds illicites que des pays de destination.
Placé sous le thème « les modes de financement innovants pour la transformation de l’Afrique », le 9ème Forum africain pour le développement (12-16 octobre) offre aux participants une occasion idéale pour débattre des mécanismes de financement novateurs dans les cinq domaines que sont la mobilisation des ressources nationales, les flux financiers illicites, le capital investissement, les nouveaux types de partenariat et le financement de la lutte contre les changements climatiques.
La rencontre vise essentiellement à renforcer la capacité du continent à rechercher des mécanismes de financement novateurs come une alternative réelle pour financer le développement qui transformera l’Afrique.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire