Le ministre d’Etat en charge des mines et géologie était ce samedi à Kamsar pour rassurer la population suite à la découverte d’un cas suspect d’Ebola, a constaté sur place Guinéenews.
Arrivé très tôt dans la matinée, Kerfala Yansané était porteur d’un message du chef de l’Etat à l’endroit des habitants de Kamsar. En effet, depuis plusieurs jours maintenant, ils vivent dans la psychose suite à l’apparition d’un cas d’Ebola dans leur localité.
C’est à l’auditorium de la compagnie des bauxites de Guinée (CBG) que le ministre, qui était entouré par plusieurs cadres de son département, a débuté sa mission.
D’entrée de jeu, l’émissaire du président de la république a dévoilé l’objet de sa présence.
« Mesdames et messieurs les cadres de la CBG, Je voudrais, au nom de monsieur le président de la République et au nom de monsieur le Premier ministre, vous dire combien nous sommes heureux d’être ici ce matin pour essayer de se concerter, voir comment ensemble, on peut continuer à lutter contre le fléau qui nous assaille, comment on peut trouver des solutions et avancer », a entamé le ministre des mines et géologie.
Puis dans sa communication, Kerfala Yansané a déploré le fait que depuis l’apparition du virus Ebola dans notre pays, qu’il soit indexé de la main gauche de toute part.
« Ebola a frappé sept fois la RDC, Ebola a frappé au moins trois fois le Gabon. Pourtant, ces pays s’en sont sortis. Il n’y a jamais eu un remue-ménage comme nous le constatons malheureusement dans le cas de la Guinée, le Libéria et de la Sierra Léone », a-t-il déploré.
Faisant un rapprochement avec des pays tels que : la République démocratique du Congo (RDC) et le Nigéria, qui ont été touchés par le virus Ebola, en dépit du surpeuplement qui les caractérise, le ministre a expliqué qu’ils ont été en mesure de circonscrire l’épidémie. Pour lui, la Guinée devrait en faire autant.
«Nous, qui sommes un petit pays, à peine un peu plus de dix millions d’habitants, la taille de certaines villes comme Lagos ou Kinshasha, il n’y a pas de raison que nous ne puissions pas arriver à bout de la pandémie. L’espoir est permis, mais à plusieurs conditions. D’abord la mobilisation, la discipline, mais aussi le suivi des mesures de prévention », a souhaité Kerfala Yansané.
Après avoir expliqué la manière dont le porteur du virus est arrivé à Kamsar, le ministre s’est offusqué du fait que, jusqu’ici, des personnes ne veuillent pas croire en l’existence d’Ebola. Cependant, il les a mis en garde avant de donner des directives fermes à Mohamed Lamine Doumbouya, le préfet de la région administrative de Boké.
« Des individus ne peuvent pas mettre en danger la vie de l’ensemble de la nation. Si ces individus sont repérés, il faut les isoler pour que la nation continue sa marche. Il semblerait que dans la zone de Kamsar ou Boké, il y a eu des réticences pour pouvoir identifier les personnes qui ont pu être en contact avec le malade dont le cas a été porté à notre connaissance. Si cela est vrai, monsieur le préfet, il faut que des mesures draconiennes soient prises pour qu’on puisse savoir exactement quels sont les contacts qui ont pu être touchés par le malade et qu’on puisse vérifier leur état de santé », a déclaré l’émissaire du chef de l’Etat.
Tout en reconnaissant que les expatriés de la CBG sont dans une situation un peu spéciale, le ministre les é exhortés à ne pas être vaincu par la psychose. Après les avoir rassurés que toutes les mesures sont prises pour que les zones de production soient épargnées par l’épidémie, Il les a également exhortés à retrousser leur manche, ne pas trouver en Ebola un prétexte pour demander des congés anticipés.
« Je ne souhaite pas que quelqu’un quitte ici à cause d’Ebola. Si des personnes ont d’autres motifs, ces motifs sont à respecter. Mais, je souhaite qu’Ebola ne soit pas un des motifs. Nous ferons tout pour que vous soyez sécurisé, pour que l’usine soit entouré d’un cordon de sécurité étanche et que les localités qui vous entoure bénéficient aussi de la même protection », a affirmé le ministre d’Etat en charge des mines et de la géologie.
Quant au préfet de la région administrative de Boké, il a fait un plaidoyer en faveur des hommes en blouse.
« Nous, autorités de Boké, nous faisons le plaidoyer auprès de son excellence monsieur le ministre pour que, sur la contribution de la CBG qui sera donnée pour soutenir le gouvernement dans le combat contre Ebola, un pourcentage important soit accordé aux autorités sanitaires de Boké pour renforcer leur capacité dans la lutte contre Ebola », a plaidé Mohamed Lamine Doumbouya.
Pour sa part, le directeur général de la CBG, répondant au préfet, a indiqué que la compagnie qu’il dirige prévoit, très prochainement, faire des dons pour accompagner la Guinée dans la lutte contre Ebola. Ce sont, entres autres, l’équipement de quatre centres de santé de Kamsar, mais aussi et surtout faire de la sensibilisation. Pour cela, il a fait savoir qu’il aura besoin du coup de main des autorités préfectorales.

« CBG insistera qu’un cordon de sécurité sanitaire soit créé autour de Kamsar, en passant par Kolabounyi, Boké et Sangarédi. C’est pourquoi les autorités doivent être présentes, car parfois, quand les autorités sanitaires veulent instituer les procédures, il y a des obstacles du point de vue des communautés. Donc, ensemble, nous allons expliquer la signification du cordon de sécurité sanitaire », a promis Namory Condé.
Pour clore le chapelet des interventions, au nom des expatriés, Madame Larouche a réaffirmé sa volonté d’accompagner la Guinée dans cette période difficile. Pour elle, l’espoir est permis dans la mesure où, des pays plus vastes que le notre ont pu venir à bout du virus Ebola.
« Si des pays comme le Nigéria ou encore la République démocratique du Congo ont pu circonscrire le virus, la Guinée aussi sera en mesure de le faire », a estimé le porte-voix des expatriés.
Après l’auditorium, le ministre et sa délégation se sont dirigés dans les locaux de Guinea Alumin Corporation (GAC). Face aux responsables de cette entreprise, qui ont fait savoir au ministre que leurs activités sont au ralenti pour le simple fait que les sous-traitants ont mis fin à leur collaboration, le ministre les a invités à faire en sorte que les activités reprennent à plein temps.
La dernière étape de la mission du ministre fût celle de la maison de la jeunesse. Là bas, face aux couches socioprofessionnelles, dans la langue du terroir, le ministre a tenu le même discours qu’à l’auditorium. Face aux sages, religieux et aux jeunes, Kerfala Yansané a assez insisté sur la prévention et la sensibilisation afin que les habitants de Kamsar tout comme ceux des contrées les plus reculées puissent mesurer l’impact de la réelle menace que représente Ebola.
Serge Lamah, de retour de Kamsar

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