Le Comité de soutien aux clients de la BADAM (Banque Africaine pour le Développement Agricole et Minier) annoncé il y a un peu plus d'une semaine par l’Association Guinéenne des Usagers des Banques (AGUB), est enfin né. C'est mercredi 2 juillet que ce comité qui doit amener les clients à rentrer en possession de leurs argents a été présenté à la presse.
Le Comité de soutien aux clients de la BADAM est présidé par Lansana Diawara, lui-même président de l’Association Guinéenne des Usagers des Banques. Il est épaulé par d'autres activistes de la société civile qui ont décidé de venir au secours des citoyens qui réclament leurs argents depuis la fermeture de la BADAM en 2011.
Le comité naissant demande au gouvernement d'ordonner la Banque Centrale de Guinée à rétablir les clients dans leurs droits. " Si nos doléances ne sont pas prises en compte, nous serons obligés de descendre dans la rue ", a prévenu Moussa Sacko, vice-président du comité. Il a souligné que cette descente est imminente, et qu'ils sont prêts à assumer ses conséquences. " Nous sommes prêts à sacrifier notre vie pour être rétablis dans nos droits ", a même signalé Moussa Sacko.
Toujours en cas d'insatisfaction, le comité pourrait amener les clients et les organisations de la société civile à se constituer partie civile contre l'État. " Il est inadmissible et inacceptable que des citoyens qui ont fait confiance aux institutions de la République et à la loi bancaire soient privés de leurs argents sans raison valable. Si des cols blancs véreux et corrompus ont amené la Banque à la faillite, l'État doit prendre des mesures pour que les clients soient dédommagés…", a indiqué, la semaine dernière, Lansana Diawara.
Lancée en 2010 sur les cendres de la Banque Nationale du Crédit Agricole (BNDA), fermée en 1986 après 25 ans d'existence, la BADAM est précipitamment tombée en faillite par mauvaise gestion. L'Etat guinéen y est actionnaire à 30 %, et les 70% sont détenus par des partenaires locaux et internationaux.
En décembre 2012, l'ancien directeur général Moriba Keita et deux de ses collaborateurs ont été condamnés pour abus de biens sociaux, abus de confiance et complicité. Moussa Keita a été libéré quelques mois plus tard.
Il faut signaler que près de 40 mille personnes seraient victimes de la faillite de la BADAM. Les petits déposants (qui n'ont pas déposé plus de 10 millions) réclameraient plus de 30 milliards de francs guinéens.

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