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mercredi 16 juillet 2014

14 juillet à Ouaga : L’Ambassadeur GillesThibault ni pour, ni contre le référendum

La 225e fête nationale de la France c’était ce lundi 14 juillet 2014. Comme à l’accoutumée, tout un parterre d’invités était convié à la résidence de l’Ambassadeur à Ouagadougou pour la commémoration de la prise de la Bastille. Au- delà du discours bien rôdé comme il est souvent donné d’entendre en pareille circonstance, une attente avait été exprimée qui devait connaître une réponse : la position de la France sur le débat politique en cours sur l’alternance.


« Je laisse le soin aux Burkinabé d’en décider », a tranché l’Ambassadeur Gilles Thibault. Dans le très lourd silence qui a précédé cette déclaration. Vous l’avez compris, la France par la voix de son Ambassadeur n’est ni pour, ni contre le référendum destiné à modifier l’article 37 de la constitution du Burkina Faso. Toutefois, il dit avoir « la conviction que chacun sait les risques que courrait le pays si jamais le climat politique venait à se dégrader plus que de raison et que tout sera entrepris pour parvenir, par la voie du dialogue, à une solution heureuse répondant aux aspirations du peuple et de sa majorité silencieuse ». Aussi, l’Ambassadeur sait- il « compter beaucoup sur l’aptitude au dialogue et sur la capacité d’écoute de la classe politique et des Burkinabè pour qu’ils trouvent ensemble les bonnes réponses aux questions essentielles. Les différents acteurs doivent se tendre la main et sans doute convient-il que l’initiative en revienne à qui de droit ». L’essentiel pour lui étant que la ligne rouge soit gardée à distance. Le bon sens aidant. Pour le reste du discours qui a duré un quart d’heure environ, les convives de la Rue François Lompo ont eu droit entre autres à un bilan de la coopération entre la France et le Burkina Faso. Une excellente relation bilatérale de l’avis de Gilles Thibault.

Les félicitations de Alain Yoda

Le discours terminé, il fallait bien descendre de la tribune pour porter le toast à la bonne relation entre le Burkina et la France. « Très bien parlé ! », c’est avec cette phrase que l’Ambassadeur est accueilli au bas de la tribune par le Premier ministre burkinabé Luc Adoplhe Tiao. Alain Yoda, président du groupe parlementaire du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), a quant à lui lâché tout simplement « Félicitations ! », la coupe bien pleine dans la main droite. Seuls manquaient à ce petit groupe formé autour de l’Ambassadeur les acteurs de l’opposition politique. Zéphirin Diabré, le chef de file de l’opposition était invisible. Il était pourtant au premier rang pendant l’allocution de l’Ambassadeur. Déjà parti ? Nous ne l’avons pas revu. Me Bénéwendé Stanislas Sankara était lui toujours présent mais à bonne distance du groupe qui festoyait. Pour lui, « C’est un discours classique ». Un discours qui a tout de même le mérite d’interpeller sur le rôle qui devrait être celui des acteurs politiques dans la situation actuelle de crise, concède t- il.
L’opposition et le pouvoir renvoyés dos à dos ? Ce n’est pas son avis. Lui qui dit comprendre le devoir de réserve et la relation d’amitié invoqués par l’Ambassadeur de France. Dix jours, jour pour jour avant cette cérémonie, on se rappelle que l’Ambassadeur des Etats- Unis d’Amérique avait, au cours de la célébration de leur anniversaire, déclaré sa préférence pour la limitation des mandats présidentiels. Pour le Premier ministre Luc Adolphe Tiao, « Chacun s’exprime à sa manière. Nous, nous faisons ce qui semble être dans l’intérêt de notre pays et nous allons continuer à agir de la sorte »
Samuel Somda

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