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lundi 2 juin 2014

STATUT SPECIAL A TOUBA, POUR QUE LA FOI SOIT PRESERVEE DANS LA REPUBLIQUE


Une réaction à un texte publié le vendredi 30 Mai 2014. La contribution titrée : « statut spécial pour TOUBA : la république minée par la foi » est signée par Monsieur Aliou TALL, Président du Raducc (Réseau Africain de Défense des Usagers, des Consommateurs et du Citoyen)
Encore un plumitif qui, à son tour, vient donner de la voix au concert d’attaques contre la Cité bénite de TOUBA.
C’est à se demander ce qui fait courir ces « analyseurs » d’un nouveau genre si hostiles à notre chère cité.
Cette fois-ci, il s’agit d’un défenseur des consommateurs, tâche bien noble au demeurant, car les consommateurs ont un besoin réel qu’on les aide à prendre en charge leurs intérêts dans cette société de consommation qui nous écrase.
Ce qui est moins clair par contre, c’est ce que TOUBA vient faire dans cette affaire.
Monsieur TALL, savez vous que vous laissez de côté des situations qui ont beaucoup plus besoin de vos services qu’une attaque contre TOUBA ?
Etes-vous en train de réfléchir sur les mille et une agressions que les chaînes de télévision nationales organisent contre le public sénégalais, singulièrement les enfants et les adolescents ?
A  tout bout de champ, des spots passent pour nous faire jouer de force à la loterie, alors que le jeu de hasard est clairement prohibé par l’Islam, donc une activité « haram » pour les musulmans ?
Combien d’émissions sont conçues et présentées aux enfants et à leurs parents pour leur faire croire qu’il est inutile de travailler à l’école pour réussir sa vie ? Que l’on peut devenir une star tout de suite dans la musique, la danse, la lutte… ?
Toujours à travers ces médias, les opérateurs de téléphonie nous imposent des messages de force, sans tenir compte de notre avis, et sans que l’on puisse rien y faire, même donner une réponse ?
Pendant ce temps, des accoutrements à la fois extravagants et indécents aux yeux de la morale sont montrés pour inciter les jeunes gens à tourner le dos aux valeurs traditionnelles en matière de port vestimentaire…
Voilà, monsieur le consumériste quelques uns des chantiers qui devraient vous occuper.
En vous investissant dans ces combats, vous serez plus utiles à vos mandants et vous vous abstiendrez de heurter les convictions de vos concitoyens.
Venons-en à présent à votre texte.
En réalité, le vrai débat, c’est moins la formalisation d’un statut spécial qui est de fait depuis longtemps que la reconnaissance objective d’une particularité qui n’a plus besoin d’être démontrée.
Savez-vous que la Cité bénite de TOUBA dispose d’un hôtel de police spécial depuis Mars 2005 ? D’une brigade spéciale de gendarmerie depuis les années 80 ?
Connaissez-vous au Sénégal un chef-lieu de communauté rurale qui abrite plus de 02 millions d’habitants, avec 02 hôpitaux dont un de niveau 3 ? Un réseau bancaire supérieur à celui de plusieurs grandes villes du Sénégal réunies ?
Pouvez-vous citer une localité du pays où le fait de fumer une cigarette ou boire de l’alcool constitue un délit ?
J’aurais pu poursuivre l’énumération  avec d’autres particularités…
Monsieur TALL, la spécificité de TOUBA est une réalité définitivement et inéluctablement ancrée dans les faits, et vous ne pourrez rien y faire.
Et puis, TOUBA ne s’accroche pas tant que ça à un statut spécial. Elle n’en a pas besoin pour être la Ville sainte qu’elle a été dès sa fondation et qu’elle sera toujours.
Cela, Monsieur TALL, relève d’un fait qu’un raisonnement simplement cartésien ne peut expliquer. Evidemment, il n’est pas donné à tout le monde de reconnaître que, dans la vie, tout n’est pas rationnel.
Au fond, ce sont les autorités qui gouvernent le pays qui ont le plus besoin que TOUBA ait un statut spécial, ne serait-ce que pour leur éviter une situation telle que celle créée par la « liste de TOUBA » pour les élections locales de Juin prochain.
Et là, Monsieur TALL, on peut vous rétorquer qu’être omnibulé par le ressentiment à l’endroit de TOUBA et de la Mouridiya ne devrait pas empêcher de reconnaître une situation de fait.
Et puis, en quoi l’octroi d’un statut spécial devrait conduire, comme vous dites à un « dépeçage du pays » ?
Encore une fois, qu’est ce que TOUBA devrait gagner dans l’opération ?
Les résidents de TOUBA et tous les disciples mourides –résidents potentiels- sont des sénégalais au même titre que n’importe quel autre sénégalais. Jamais leur appartenance à la communauté mouride ne pourrait remettre en cause leur ancrage à la nation sénégalaise. Au contraire !
Etre citoyen d’une ville à statut spécial ne saurait en aucun cas les dispenser de travailler, d’être productifs à tout de point de vue ; de profiter des ressources de leur pays, mais également, de servir ce pays selon leurs aptitudes et compétences.
Tout l’égarement de ces pourfendeurs de TOUBA s’explique par le fait qu’ils sont convaincus que le statut spécial devrait être un privilège qui profiterait à TOUBA.
C’est là, toute la source de la discorde.
Evidemment, pour quelqu’un qui n’a pas beaucoup de sympathie à l’endroit de Cheikh Ahmadou Bamba et de sa communauté, cette situation constituera toujours une pénible épreuve.
Mais, ce qu’il faut bien retenir, c’est que TOUBA ne jouit d’aucun régime de faveur auprès des Autorités. Si l’on peut parler de régime de faveur pour TOUBA, cela ne pourrait provenir que de DIEU.
La Ville sainte, Monsieur TALL, n’a pas besoin de « prérogatives spécifiques ». Les faveurs et grâces que tout le monde peut constater à TOUBA et au sein de la communauté mouride, proviennent, après la volonté divine, de l’esprit d’entrepreneuriat des Mourides, de leur pratique du « xidma », le travail élevé au rang de culte, fruits de l’éducation de notre Vénéré Cheikh.
Cela est reconnu partout ; et vous, comme ceux qui pensent comme vous ne pourrez jamais rien y changer. Inutile donc de vous faire remarquer négativement pour rien.
Par contre, si vous pensez que le pouvoir colonial a pu faire bénéficier à TOUBA d’une quelconque faveur, vous êtes alors sérieusement dans l’obscurité la plus totale. Le pouvoir colonial monsieur Tall, n’a jamais rien toléré à Serigne TOUBA
Au contraire, il a tout fait – y compris la tentative de liquidation physique- pour perdre le Cheikh, sa Ville, sa communauté et ses enseignements.
Une confrontation de plus de 03 décennies ! Avec comme résultat connu de tous, l’échec cuisant pour l’oppresseur et…le pardon magnanime de Cheikh Ahmadou Bamba.
Toujours, dans vos attaques, vous avez l’air de redouter un référendum sur la question, au risque d’avancer une affirmation sur laquelle je mets beaucoup de réserves : « la forme républicaine de notre état ne peut faire l’objet d’une consultation référendaire » dites vous..
Soit. Mais, le référendum sera toujours un vote de l’ensemble des citoyens d’un pays pour approuver ou rejeter une mesure proposée par le pouvoir exécutif.
Et, en tout état de cause, si on organisait au Sénégal un référendum sur quelque question que ce soit concernant TOUBA, les résultats de la consultation risqueraient fort de surprendre les gens de votre espèce.
Et puis, Monsieur TALL, vous et vos collègues « écrivains anti TOUBA », arrêtez ces comparaisons abusives avec les pays africains où il y a des conflits.
C’est vrai, nous ne sommes pas meilleurs que les autres, comme vous dites ; mais, pourquoi voulez-vous que nous ayons les mêmes comportements ?
Sachez, monsieur TALL, que les Sénégalais ne sont ni des Centrafricains, ni des Nigérians, encore moins des Touaregs ou des Somaliens
Pourquoi, selon vous, les musulmans et les chrétiens sénégalais devraient avoir les mêmes attitudes que les ex-Sélékas et les anti Balakas centrafricains ?
Est-ce que les africains qui s’entretuent ont commencé à le faire aujourd’hui ?
Pourquoi les Sénégalais devraient-ils se lever un matin et commencer à se battre, après des générations et des générations de cohabitation pacifique ?
De grâce, arrêtez cette posture d’oiseau de mauvis augure et regardez la réalité en face. La spécificité de la Ville sainte de TOUBA n’a rien à voir avec un risque imaginaire de conflit intercommunautaire au Sénégal.
Encore une fois, les Sénégalais ne sont peut-être pas meilleurs que les autres, mais reconnaissez au moins que nous sommes différents.
Je terminerai par vous tranquilliser vous, et les gens comme vous qui êtes braqués par cette question de statut spécial simplement par ce qu’ils ne voient dans l’opération que des privilèges à accorder à TOUBA.
Soyez tranquille, monsieur TALL, TOUBA n’a pas besoin de privilèges non justifiés ; ce statut ne devrait être envisagé que pour une gestion plus facilitée de cette localité, dans le cadre des lois et règlements qui régissent la république.
 
 
 
Mamadou LO, Inspecteur de l’Education et de la Formation à la retraite
Mouride et Citoyen de TOUBA

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