CONGO BRAZZAVILLE (CONGOSITE) - La tension n'a jamais été aussi vive entre Kinshasa et Brazzaville après la sortie médiatique du diplomate allemand et chef de Mission de l’ONU en RDC (Monusco), Martin Kobler, qui a demandé au Congo-Brazzaville de "cesser immédiatement d’expulser des ressortissants de la République démocratique du Congo comme il le fait depuis bientôt deux mois".
L’opération «Mbata ya bakolo» qui a été lancée le 4 avril 2014 par les autorités de la République du Congo pour lutter contre la criminalité et le grand banditisme dans certains quartiers de Brazzaville, et qui devrait s’étendre dans tout le pays, est mal perçue si non mal comprise du côté de Kinshasa où la tension ne cesse de monter d’un cran.
En prenant position clairement sur cette opération légitime que mène un Etat souverain sur son territoire, Martin Kobler et Zeinab Bangura, représentante des Nations unies sur les viols en situation de guerre, ont fait preuve de manque de maîtrise de la quintessence réelle de l'opération "Mbata ya bakolo".
Car, il faut rappeler ici que cette opération de police est une réponse légitime des autorités de la République du Congo aux menaces d'insécurité grandissante observée notamment à Brazzaville et Pointe-Noire, du fait des comportements déviants de certains ressortissants étrangers en situation irrégulière au Congo dont des bandits appelés "Kuluna" venant de la RDC.
En effet, les autorités de Kinshasa avaient lancé, en novembre 2013, une opération dénommée «Likofi», coup de poing en lingala, pour éradiquer le phénomène «kuluna», ces groupes de délinquants semant la terreur et la désolation. Selon le chargé des informations de la police de la RDC, le colonel Pierrot Mwanamputu, 903 personnes ont été interpellées entre le 15 novembre 2013 et le 6 février 2014. Quelque 476 d’entre elles ont été déferrées au parquet et 146 mineurs au tribunal juvénile. Au moins une vingtaine de personnes, dont 12 enfants, auraient été tuées, selon les sources policières de la RDC.
Traqués par la police, ces individus n'ont eu d'autre recours que la traversée du fleuve Congo pour rejoindre Brazzaville où vivent paisiblement depuis la nuit des temps, bon nombre de ressortissants de la RDC bénéficiant de la grande hospitalité congolaise. Signalons que la facilité avec laquelle ces jeunes sont arrivés à Brazzaville émane du fait de la volonté de deux Etats de favoriser les échanges entre les deux peuples frères et de faciliter au mieux la libre circulation des personnes et des biens entre Kinshasa et Brazzaville, les deux capitales les plus rapprochées du monde.
Pour aller d’une rive du fleuve Congo à une autre, le Congolais de Kinshasa ou celui de Brazzaville n’avait pas besoin de visa. Avec un simple laissez-passer, le Congolais traversait le Pool Malebo et pouvait circuler librement pendant 72 heures. Mais, le laissez-passer ne constituait pas un document de séjour. A cause de la perméabilité des frontières, même les « kuluna» ayant fui Kinshasa ont trouvé aisément refuge au Congo-Brazzaville.
Ces gangs qui s’arment de machettes, de bouteilles ou encore de tournevis, et qui se livrent au racket des passants, aux agressions, aux vols et viols, allant parfois jusqu’aux meurtres, ont donc exporté à Brazzaville les mêmes modes opératoires et ont semé la terreur dans certains quartiers de Brazzaville, tels que Maman Mboualé et Jacques Opangault, dans le sixième et neuvième arrondissement. Ils agissent le plus souvent sous l’emprise de drogues et d’alcool.
Devant ces atteintes odieuses à la vie, à la dignité et à la sécurité perpétrées par ces étrangers en situation illégale, le gouvernement congolais, par devoir républicain de sécuriser sa population, se devait donc d'agir et d’agir vite.
Avec une mission précise, celle de neutraliser les «Kuluna» et d’autres bandits de grand chemin, d’expulser des étrangers en situation irrégulière au Congo, l’opération «Mbata ya bakolo» a conduit à l’interpellation et au rapatriement d’un nombre aussi important d’étrangers en séjour illégal sur le sol congolais, notamment des Tchadiens, des Ivoiriens, des Sénégalais, des Rwandais, des Camerounais et des Congolais de la RDC. L’opération a permis d’identifier près de 2000 ressortissants de la RDC en situation irrégulière. D’autres qui se trouvaient dans la même situation et qui n’ont pas voulu être interpellés par la police congolaise, ont regagné leur pays de façon volontaire. Ils sont estimés à près de 130.000 personnes qui ont fait leur retour au bercail emportant tous leurs biens.
Il sied de signaler que plus de 400.000 ressortissants de la RDC demeurent encore en République du Congo Brazzaville, selon les autorités congolaises. Et, ce chiffre n’est qu’une estimation, car même les autorités de la RDC ne sont pas en mesure d’avancer le chiffre exact des ressortissants de leur pays vivant au Congo-Brazzaville, pour la simple raison qu’il n’existe presque pas de carte d’identité en RDC ; la carte d’électeur servant provisoirement de carte d’identité. La particularité du grand nombre des ressortissants de la RDC touchés par l'opération, se justifie en ce qu’ils sont plus nombreux au Congo-Brazzaville, du fait de la proximité des deux pays, des villes de Brazzaville et Kinshasa, mais aussi de la faiblesse des contrôles aux frontières.
Il est à reconnaître que pendant le déroulement de cette opération, les bavures n’ont pas manqué. Les enquêtes menées par les autorités policières du Congo-Brazzaville ont révélé que certains agents de la police congolaise ont été reconnus coupables de maltraitance sur certains refoulés. Ils ont été arrêtés et sanctionnés conformément aux lois et règlements de la corporation policière.
Depuis le 25 mai 2014, la MONUSCO a pris position, exigeant au Congo-Brazzaville d’arrêter l’opération. Le gouvernement congolais, par le truchement de son porte-parole le ministre de la communication Bienvenu Okiemy, s’est dit surpris par les «déclarations grossières et outrageuses» du chef de la MONUSCO. Il a appelé à la retenue tout en rappelant que l’opération «Mbata ya bakolo» n’a d'autre but que de lutter contre la criminalité et l’immigration clandestine sur le territoire congolais.
En prenant position clairement sur cette opération légitime que mène un Etat souverain sur son territoire, Martin Kobler et Zeinab Bangura, représentante des Nations unies sur les viols en situation de guerre, ont fait preuve de manque de maîtrise de la quintessence réelle de l'opération "Mbata ya bakolo".
Car, il faut rappeler ici que cette opération de police est une réponse légitime des autorités de la République du Congo aux menaces d'insécurité grandissante observée notamment à Brazzaville et Pointe-Noire, du fait des comportements déviants de certains ressortissants étrangers en situation irrégulière au Congo dont des bandits appelés "Kuluna" venant de la RDC.
En effet, les autorités de Kinshasa avaient lancé, en novembre 2013, une opération dénommée «Likofi», coup de poing en lingala, pour éradiquer le phénomène «kuluna», ces groupes de délinquants semant la terreur et la désolation. Selon le chargé des informations de la police de la RDC, le colonel Pierrot Mwanamputu, 903 personnes ont été interpellées entre le 15 novembre 2013 et le 6 février 2014. Quelque 476 d’entre elles ont été déferrées au parquet et 146 mineurs au tribunal juvénile. Au moins une vingtaine de personnes, dont 12 enfants, auraient été tuées, selon les sources policières de la RDC.
Traqués par la police, ces individus n'ont eu d'autre recours que la traversée du fleuve Congo pour rejoindre Brazzaville où vivent paisiblement depuis la nuit des temps, bon nombre de ressortissants de la RDC bénéficiant de la grande hospitalité congolaise. Signalons que la facilité avec laquelle ces jeunes sont arrivés à Brazzaville émane du fait de la volonté de deux Etats de favoriser les échanges entre les deux peuples frères et de faciliter au mieux la libre circulation des personnes et des biens entre Kinshasa et Brazzaville, les deux capitales les plus rapprochées du monde.
Pour aller d’une rive du fleuve Congo à une autre, le Congolais de Kinshasa ou celui de Brazzaville n’avait pas besoin de visa. Avec un simple laissez-passer, le Congolais traversait le Pool Malebo et pouvait circuler librement pendant 72 heures. Mais, le laissez-passer ne constituait pas un document de séjour. A cause de la perméabilité des frontières, même les « kuluna» ayant fui Kinshasa ont trouvé aisément refuge au Congo-Brazzaville.
Ces gangs qui s’arment de machettes, de bouteilles ou encore de tournevis, et qui se livrent au racket des passants, aux agressions, aux vols et viols, allant parfois jusqu’aux meurtres, ont donc exporté à Brazzaville les mêmes modes opératoires et ont semé la terreur dans certains quartiers de Brazzaville, tels que Maman Mboualé et Jacques Opangault, dans le sixième et neuvième arrondissement. Ils agissent le plus souvent sous l’emprise de drogues et d’alcool.
Devant ces atteintes odieuses à la vie, à la dignité et à la sécurité perpétrées par ces étrangers en situation illégale, le gouvernement congolais, par devoir républicain de sécuriser sa population, se devait donc d'agir et d’agir vite.
Avec une mission précise, celle de neutraliser les «Kuluna» et d’autres bandits de grand chemin, d’expulser des étrangers en situation irrégulière au Congo, l’opération «Mbata ya bakolo» a conduit à l’interpellation et au rapatriement d’un nombre aussi important d’étrangers en séjour illégal sur le sol congolais, notamment des Tchadiens, des Ivoiriens, des Sénégalais, des Rwandais, des Camerounais et des Congolais de la RDC. L’opération a permis d’identifier près de 2000 ressortissants de la RDC en situation irrégulière. D’autres qui se trouvaient dans la même situation et qui n’ont pas voulu être interpellés par la police congolaise, ont regagné leur pays de façon volontaire. Ils sont estimés à près de 130.000 personnes qui ont fait leur retour au bercail emportant tous leurs biens.
Il sied de signaler que plus de 400.000 ressortissants de la RDC demeurent encore en République du Congo Brazzaville, selon les autorités congolaises. Et, ce chiffre n’est qu’une estimation, car même les autorités de la RDC ne sont pas en mesure d’avancer le chiffre exact des ressortissants de leur pays vivant au Congo-Brazzaville, pour la simple raison qu’il n’existe presque pas de carte d’identité en RDC ; la carte d’électeur servant provisoirement de carte d’identité. La particularité du grand nombre des ressortissants de la RDC touchés par l'opération, se justifie en ce qu’ils sont plus nombreux au Congo-Brazzaville, du fait de la proximité des deux pays, des villes de Brazzaville et Kinshasa, mais aussi de la faiblesse des contrôles aux frontières.
Il est à reconnaître que pendant le déroulement de cette opération, les bavures n’ont pas manqué. Les enquêtes menées par les autorités policières du Congo-Brazzaville ont révélé que certains agents de la police congolaise ont été reconnus coupables de maltraitance sur certains refoulés. Ils ont été arrêtés et sanctionnés conformément aux lois et règlements de la corporation policière.
Depuis le 25 mai 2014, la MONUSCO a pris position, exigeant au Congo-Brazzaville d’arrêter l’opération. Le gouvernement congolais, par le truchement de son porte-parole le ministre de la communication Bienvenu Okiemy, s’est dit surpris par les «déclarations grossières et outrageuses» du chef de la MONUSCO. Il a appelé à la retenue tout en rappelant que l’opération «Mbata ya bakolo» n’a d'autre but que de lutter contre la criminalité et l’immigration clandestine sur le territoire congolais.
La surenchère médiatique à Kinshasa
La manière dont les médias et certains acteurs politiques (des parlementaires surtout) ont commenté l’opération «Mbata ya bakolo» a surpris tout le monde ou presque. Ces médias et leurs invités ont versé dans une xénophobie extrême contre les Congolais de Brazzaville.
Que de mensonges, de faux témoignages et de montages! Les médias de RDC ont publié et diffusé des mensonges faisant état de traitements inhumains, de maltraitance, de violation des droits de l'homme. Même la diaspora de la RDC, ainsi que certaines organisations non gouvernementales (ONG) se sont laissés convaincre par ces allégations mensongères.
A cause de ces mensonges, la population de la RDC a réagi en molestant les ressortissants du Congo-Brazzaville vivant à Kinshasa.
Craignant les représailles, plus de 600 étudiants originaires du Congo-Brazzaville ont regagné leur pays. La réaction a failli être plus vive du côté de Brazzaville. «Nos enfants étudient en RDC, mais ils ont les titres de séjour qu'il faut. Pourquoi sont-ils maltraités alors que l'opération menée à Brazzaville ne vise que les bandits?», s'était interrogé un père de famille à Brazzaville. Malgré tout, un étudiant congolais de Brazzaville a été publiquement lunché à Kinshasa. Mais, M. Kobler et Mme Zenad Bangura, ne l’ont pas dénoncé.
Malgré tout cela, le gouvernement de Brazzaville privilégie la voie du dialogue.
Dans un communiqué, il a mis la population en garde contre «des élans de vengeance, de représailles ou d'intimidation de certains citoyens congolais envers certains ressortissants étrangers vivant au Congo». «L'opération Mbata ya bakolo est une opération de police et il n'y a que les policiers pour faire respecter la règlementation. La participation des populations à l'opération ne doit se faire que dans le cadre des renseignements à la police sur les foyers criminogènes», a dit le porte-parole de la police, le colonel Jule Monkala Tchoumou.
Toutes ces mesures démontrent bien la volonté des autorités de Brazzaville de mener cette opération dans le strict respect des droits humains. Il n’est nullement question de politiser cette opération, il n’y a aucun nuage entre le ciel congolais et minois.
Les propos de certains députés de la RDC qui veulent mettre de l’huile au feu, traitant le Congo-Brazzaville de «petit pays voisin», invectivant les autorités brazzavilloises, sont plus qu’aberrants et de nature à compromettre les relations de bon voisinage existant entre les deux pays dont les peuples disposent d’une histoire qui se confonde. Ainsi, «l’humiliation» des ressortissants de la RDC dont-ils parlent ne pouvait avoir force de loi que si l’opération «Mbata ya bakolo» ne ciblait que les Congolais de la RDC.
Martin Kobler qui a visité le site de Maloukou abritant les ressortissants de la RDC rapatriés de Brazzaville, a affirmé avoir «reçu des informations sur des violences physiques, des mauvais traitements, des violences sexuelles infligés aux ressortissants de la RDC».
Il a également affirmé que «des enfants étaient poussés à la noyade et des femmes accouchaient sur la plage». Ce qui est faux parce que les traversées sont organisées en partenariat avec l’ambassade de la RDC à Brazzaville et depuis lors aucun cas de noyade n’a été déploré.
Le gouvernement congolais a rappelé que la République du Congo est membre actif de l’ONU qui abrite sur son territoire toutes les institutions du système des Nations Unies.
De ce point de vue, «Martin Kobler qui n’est ni coordonnateur de ces institutions, ni proconsul du Congo aurait été bien inspiré de vérifier ses allégations auprès de ses collègues accrédités à Brazzaville, lesquels ont été associés aux opérations d’assistance humanitaire organisées à Brazzaville».
Les deux peuples possèdent des relations rustiques qui ont conduit les deux Etats à mettre en place des mécanismes bilatéraux de gestion et de règlement des crises. D’ailleurs, une session de la commission spéciale de défense et de sécurité entre le Congo et la RDC se tiendra dans les prochains jours à Kinshasa. De cette rencontre bilatérale sortiront certainement des solutions appropriées pour le rétablissement de la confiance, le renforcement de l’amitié et de la fraternité entre les deux peuples et les deux Etats.
En dehors des bavures de certains policiers, citées plus haut, du côté de Brazzaville, aucun lynchage des ressortissants de la RDC n’a été organisé, comme c’est le cas à Kinshasa. A ce jour, de nombreux ressortissants de la RDC écument encore certains quartiers de Brazzaville et certaines villes du Congo.
L’opération «Mbata ya Bakolo » n’est pas menée comme l’opération «Likofi» pendant laquelle des policiers et autres agents de sécurité non identifiés ont été mobilisés à Kinshasa pour traquer, arrêter, torturer et parfois exécuter publiquement les «kuluna», d’après le Réseau national des ONG des droits de l'homme, qui estimait les victimes à plusieurs dizaines.
Ainsi, Martin Kobler et Zainab Bangura auraient fait mieux de se renseigner auprès des organismes du système des Nations Unies à Brazzaville pour avoir de fiables informations, plutôt que tenir seulement compte des témoignages recueillis sur le site de Maluku. Les mauvaises conditions de vie dans lesquelles vivent les expulsés de la RDC dans le site de Maluku ne devraient pousser M. Kobler à oublier que cela relève avant tout de la responsabilité du gouvernement de Kinshasa. Ces personnes sont dans leur propre pays, lequel elles ont quitté avant de s’installer de manière irrégulière au Congo-Brazzaville.
Si le tort du Congo-Brazzaville réside en ce qu’il leur a accordé une hospitalité pendant des décennies, la MONUSCO devrait comprendre que leur abus de confiance a obligé les autorités du Congo-Brazzaville à prendre des mesures pour arrêter cet état de chose.
Le Congo-Brazzaville a accueilli des étudiants qui ont été chassés de Kinshasa, pourtant détenteurs des cartes de séjour. Ces étudiants sont rentrés au pays et ont regagné leurs familles respectives, sans être cantonnés dans les sites d’accueil.
La MONUSCO n’a pas eu la force de demander aux Congolais de Kinshasa d’arrêter les expulsions des personnes en situation régulière, mais n’en a eu que pour exiger au gouvernement du Congo-Brazzaville d’arrêter l’opération «Mbata ya bakolo».
Opération visant à préserver les conditions de sécurité et de paix dans le pays ; cette paix chèrement acquise et qui ne doit en n’aucun cas être bradée.
Que de mensonges, de faux témoignages et de montages! Les médias de RDC ont publié et diffusé des mensonges faisant état de traitements inhumains, de maltraitance, de violation des droits de l'homme. Même la diaspora de la RDC, ainsi que certaines organisations non gouvernementales (ONG) se sont laissés convaincre par ces allégations mensongères.
A cause de ces mensonges, la population de la RDC a réagi en molestant les ressortissants du Congo-Brazzaville vivant à Kinshasa.
Craignant les représailles, plus de 600 étudiants originaires du Congo-Brazzaville ont regagné leur pays. La réaction a failli être plus vive du côté de Brazzaville. «Nos enfants étudient en RDC, mais ils ont les titres de séjour qu'il faut. Pourquoi sont-ils maltraités alors que l'opération menée à Brazzaville ne vise que les bandits?», s'était interrogé un père de famille à Brazzaville. Malgré tout, un étudiant congolais de Brazzaville a été publiquement lunché à Kinshasa. Mais, M. Kobler et Mme Zenad Bangura, ne l’ont pas dénoncé.
Malgré tout cela, le gouvernement de Brazzaville privilégie la voie du dialogue.
Dans un communiqué, il a mis la population en garde contre «des élans de vengeance, de représailles ou d'intimidation de certains citoyens congolais envers certains ressortissants étrangers vivant au Congo». «L'opération Mbata ya bakolo est une opération de police et il n'y a que les policiers pour faire respecter la règlementation. La participation des populations à l'opération ne doit se faire que dans le cadre des renseignements à la police sur les foyers criminogènes», a dit le porte-parole de la police, le colonel Jule Monkala Tchoumou.
Toutes ces mesures démontrent bien la volonté des autorités de Brazzaville de mener cette opération dans le strict respect des droits humains. Il n’est nullement question de politiser cette opération, il n’y a aucun nuage entre le ciel congolais et minois.
Les propos de certains députés de la RDC qui veulent mettre de l’huile au feu, traitant le Congo-Brazzaville de «petit pays voisin», invectivant les autorités brazzavilloises, sont plus qu’aberrants et de nature à compromettre les relations de bon voisinage existant entre les deux pays dont les peuples disposent d’une histoire qui se confonde. Ainsi, «l’humiliation» des ressortissants de la RDC dont-ils parlent ne pouvait avoir force de loi que si l’opération «Mbata ya bakolo» ne ciblait que les Congolais de la RDC.
Martin Kobler qui a visité le site de Maloukou abritant les ressortissants de la RDC rapatriés de Brazzaville, a affirmé avoir «reçu des informations sur des violences physiques, des mauvais traitements, des violences sexuelles infligés aux ressortissants de la RDC».
Il a également affirmé que «des enfants étaient poussés à la noyade et des femmes accouchaient sur la plage». Ce qui est faux parce que les traversées sont organisées en partenariat avec l’ambassade de la RDC à Brazzaville et depuis lors aucun cas de noyade n’a été déploré.
Le gouvernement congolais a rappelé que la République du Congo est membre actif de l’ONU qui abrite sur son territoire toutes les institutions du système des Nations Unies.
De ce point de vue, «Martin Kobler qui n’est ni coordonnateur de ces institutions, ni proconsul du Congo aurait été bien inspiré de vérifier ses allégations auprès de ses collègues accrédités à Brazzaville, lesquels ont été associés aux opérations d’assistance humanitaire organisées à Brazzaville».
Les deux peuples possèdent des relations rustiques qui ont conduit les deux Etats à mettre en place des mécanismes bilatéraux de gestion et de règlement des crises. D’ailleurs, une session de la commission spéciale de défense et de sécurité entre le Congo et la RDC se tiendra dans les prochains jours à Kinshasa. De cette rencontre bilatérale sortiront certainement des solutions appropriées pour le rétablissement de la confiance, le renforcement de l’amitié et de la fraternité entre les deux peuples et les deux Etats.
En dehors des bavures de certains policiers, citées plus haut, du côté de Brazzaville, aucun lynchage des ressortissants de la RDC n’a été organisé, comme c’est le cas à Kinshasa. A ce jour, de nombreux ressortissants de la RDC écument encore certains quartiers de Brazzaville et certaines villes du Congo.
L’opération «Mbata ya Bakolo » n’est pas menée comme l’opération «Likofi» pendant laquelle des policiers et autres agents de sécurité non identifiés ont été mobilisés à Kinshasa pour traquer, arrêter, torturer et parfois exécuter publiquement les «kuluna», d’après le Réseau national des ONG des droits de l'homme, qui estimait les victimes à plusieurs dizaines.
Ainsi, Martin Kobler et Zainab Bangura auraient fait mieux de se renseigner auprès des organismes du système des Nations Unies à Brazzaville pour avoir de fiables informations, plutôt que tenir seulement compte des témoignages recueillis sur le site de Maluku. Les mauvaises conditions de vie dans lesquelles vivent les expulsés de la RDC dans le site de Maluku ne devraient pousser M. Kobler à oublier que cela relève avant tout de la responsabilité du gouvernement de Kinshasa. Ces personnes sont dans leur propre pays, lequel elles ont quitté avant de s’installer de manière irrégulière au Congo-Brazzaville.
Si le tort du Congo-Brazzaville réside en ce qu’il leur a accordé une hospitalité pendant des décennies, la MONUSCO devrait comprendre que leur abus de confiance a obligé les autorités du Congo-Brazzaville à prendre des mesures pour arrêter cet état de chose.
Le Congo-Brazzaville a accueilli des étudiants qui ont été chassés de Kinshasa, pourtant détenteurs des cartes de séjour. Ces étudiants sont rentrés au pays et ont regagné leurs familles respectives, sans être cantonnés dans les sites d’accueil.
La MONUSCO n’a pas eu la force de demander aux Congolais de Kinshasa d’arrêter les expulsions des personnes en situation régulière, mais n’en a eu que pour exiger au gouvernement du Congo-Brazzaville d’arrêter l’opération «Mbata ya bakolo».
Opération visant à préserver les conditions de sécurité et de paix dans le pays ; cette paix chèrement acquise et qui ne doit en n’aucun cas être bradée.


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