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lundi 2 juin 2014

La mer lâche ses vagues sur Rufisque et Bargny

Encore une fois, la mer a frappé le littoral Rufisquois. En effet, Vendredi dernier vers les coups de 22 heures, les populations de Rufisque-Bargny ont été réveillées par des vagues en furie. Malgré la digue de protection, la hauteur des houles qui ont atteint par moments une dizaine de mètres ou plus, a finalement survolé l’ouvrage de protection. Ainsi, toutes les localités riveraines de la côte ont subi la furie des vagues. 
Du centre-ville en passant par les quartiers de Mérina et Thiawlène, enfin toute la zone comprise entre la mer et la route nationale, a été inondée. Lors de notre passage sur les lieux, les habitants s’affairaient plutôt à sauver leurs bagages. Même les cimetières de Thiawlène n’ont pas été épargnés. De l’avis du gardien des lieux n’eût été la digue de protection, le pire serait arrivé comme en Août 2007 où plusieurs tombes ont été détruites. 

« La digue de protection a été d’une grande utilité. Sans la digue, les dommages auraient été plus importants, parce que beaucoup de tombes seraient à nouveau emportés par la mer. Outre Thiawlène, nous demandons à ce que la digue de protection soit prolongée, pour protéger tous les quartiers menacés par l’érosion côtière », nous fait comprendre Feugueu N'diaye. 
Face à cette situation, monsieur N'diaye a lancé un appel à l’Etat et à la mairie afin que les victimes soient recasées ailleurs. Car, estime-t-il, « beaucoup de maisons des quartiers de Thiawlène et Mérina sont envahies par les eaux de mer. Et ces populations vivent dans des conditions très difficiles. Ils n’ont pas les moyens d’accéder au logement ». 
Le quartier de pêcheurs de Bargny-sur-mer a perdu 46 pirogues et des équipements de pêche. Selon Thiane Wade, coordonnateur du conseil local des pêches à Rufisque, Bargny et Sendou, « nous avons été informés vers minuit dans la nuit du vendredi au samedi par les haut-parleurs de la mosquée de la destruction des embarcations. Après avoir rangé quelques-unes des pirogues, nous ignorions que la mer n’avait pas fini puisque d’autres embarcations ont été par la suite détruites par les vagues ». Toujours selon monsieur Wade, « il existe d’autres embarcations que nous n’avons pas encore revues, en plus de pirogues, moteurs et filets qui ont tout aussi été emportés » ; Ce qui porte le coût des pertes à plus deux cent millions de francs Cfa  toujours selon monsieur Wade. 
D’ailleurs, lors de notre passage à Bargny, les bulldozers et motopompes de la Sococim-industries étaient encore mobilisés pour faire évacuer l’eau des concessions. Ce qu’ont fortement salué les populations. Cependant, les victimes de la mer ne cachent pas leurs craintes et interpellent le ministre de la pêche. 
« Il est possible que les vagues reviennent pour causer à nouveau des dégâts. La topographie du quartier est telle que l’eau s'y infiltre facilement. C'est une presqu'île. Nous demandons l’érection d’une digue de protection depuis les années 1960, nous demandons en vain l’érection d’une digue de protection à Bargny, parce que ce qui s'y passe actuellement est un phénomène récurrent chez nous. Mais cette année, nous sommes particulièrement surpris par l’ampleur du phénomène », a lancé monsieur Wade.

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